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In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
samedi 6 septembre 2025
dimanche 31 août 2025
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| Emile Zola - Denise (1900) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du grand romancier et photographe amateur Émile Zola (1840-1902), que l’on connaît évidemment comme romancier, mais beaucoup moins comme photographe. Et pourtant, à partir des années 1890, Zola s’est passionné pour la photographie, au point d’en faire un véritable laboratoire intime. Il s’équipe d’un matériel sophistiqué pour l’époque, développe lui-même ses plaques, et photographie tout ce qui l’entoure : sa famille, ses enfants, les paysages, mais aussi les rues de Paris, les gares, ou encore les scènes de la vie quotidienne.
Zola photographe n’était pas un amateur distrait, mais un expérimentateur, soucieux de technique et d’esthétique, qui a laissé plus de 700 plaques conservées aujourd’hui à la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.
Ses images sont à la fois simples et émouvantes ; pour la plupart elles ont été prises après la rédaction des Rougon-Macquart, un peu comme si, après avoir tant décrit le monde, il avait eu besoin, enfin, de le regarder.
Ses images sont à la fois simples et émouvantes ; pour la plupart elles ont été prises après la rédaction des Rougon-Macquart, un peu comme si, après avoir tant décrit le monde, il avait eu besoin, enfin, de le regarder.
dimanche 24 août 2025
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| Sasha Hartslief (2019) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres de la peintre sud-africaine Sasha Hartslief (b.1974). Autodidacte passionnée de dessin depuis l'enfance, elle s’est inspirée pour se former de maîtres classiques et impressionnistes comme John Singer Sargent ou Jean-Auguste-Dominique Ingres. Son travail, principalement figuratif, tourne autour de la lumière et de la vie domestique.
Ses compositions, beaucoup de scènes d’intérieur, sont tout imprégnées de sensibilité discrète : les personnages, souvent seuls ou plongés dans la contemplation, sont rendus avec une palette de couleurs douces et une maîtrise du clair-obscur héritée des grands maîtres du XVIIe siècle, qui confère à ses œuvres une belle atmosphère, subtile et intimiste.
À travers ses toiles, Hartslief propose sans emphase une exploration délicate de l'intimité humaine : la lumière met en relief les gestes, les postures, les objets... ; chaque détail devient un indice de vie et de présence. Sans chercher l’effet poétique, elle nous révèle la profondeur du quotidien et la singularité de l’expérience humaine.
samedi 23 août 2025
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| Tamas Andok - Untitled (2016) |
Pour accompagner ce cliché à l'iPhone du hongrois Tamas Andok (b.1988), quelques lignes de Joseph Conrad, extraites de Au coeur des ténèbres (1899).
« Je me trouvais au cœur de cette prodigieuse obscurité. J’avais pénétré jusque-là pour découvrir le secret du voyage, le sens de cette aventure qui m’avait appelé. Et ce que j’avais vu n’était point une énigme de la nature, ni un mystère de la terre, mais quelque chose d’enfoui dans les âmes humaines.
J’avais vu le masque de la civilisation tomber, et derrière lui, la folie nue, la vérité d’un cœur sans retenue, livré à lui-même. Le voyage ne m’avait pas mené au bout du monde : il m’avait ramené au centre des ténèbres — là où elles commençaient, en nous. »
J’avais vu le masque de la civilisation tomber, et derrière lui, la folie nue, la vérité d’un cœur sans retenue, livré à lui-même. Le voyage ne m’avait pas mené au bout du monde : il m’avait ramené au centre des ténèbres — là où elles commençaient, en nous. »
dimanche 17 août 2025
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| K. P-Vodkine - Nature morte (1928) |
Formé à Saint-Pétersbourg puis à Paris, il développe très tôt un style immédiatement reconnaissable : compositions d’une grande clarté, couleurs franches, et cette fameuse perspective sphérique qui donne à l’espace une profondeur inhabituelle, presque cosmique.
Ses sujets restent simples - scènes domestiques, maternités, chevaux, portraits, natures mortes - mais tout y est traversé par une lumière calme, presque méditative. On y sent à la fois l’influence des icônes et celle d’une modernité naissante.
Petrov-Vodkine, qui avait aussi étudié la théologie et la philosophie, cherchait à unir la peinture à une réflexion spirituelle : derrière ses couleurs pures et ses formes simples, il y a toujours une quête d’harmonie, une tentative d’ordre dans un monde en mutation.
J'aime surtout ses natures mortes, mais d'une façon générale ce qui me plaît dans sa peinture c’est cette alliance rare entre ferveur et retenue, entre spiritualité et quotidien - un art où tout semble à la fois ancré dans le réel et ouvert sur un espace plus vaste, presque intérieur.
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