In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 8 septembre 2024

Xavier Marabout
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre et sculpteur français Xavier Marabout (b.1967), connu pour ses détournements malicieux mêlant culture populaire et peinture classique.
Il revisite des figures iconiques de la bande dessinée et de l’animation, en y injectant une touche érotique et humoristique. Ainsi, le loup libidineux de Tex Avery croise des femmes nues peintes dans le style de Picasso.

X.M. - Taxi pour noctambules
(2014)
Depuis 2012, il explore l’univers d’Hergé dans une série (ICI), où Tintin, habituellement asexué, est placé dans des situations plus audacieuses que celles auxquelles son créateur nous a habitués. Marabout le met en scène dans des décors inspirés des toiles d’Edward Hopper, comme Nighthawks ou Summertime, conjuguant la ligne claire de la bande dessinée avec le réalisme poétique de Hopper, et jouant sur le contraste entre l’univers sage de Tintin et ces contextes empreints de sensualité.
Cette façon qu'a Xavier Marabout de mêler l'irrévérence et l'hommage pour brouiller les frontières entre art classique et culture populaire me plait beaucoup.
CI1

ICI

samedi 7 septembre 2024

Gilbert Garcin - Le moulin de l'oubli (1999)
Une image et des mots. Où Beckett dialogue avec Tati... Une "photosophie" du provencal Gilbert Garcin (b.1929). La Croix en parle ICI.

Cet homme pousse, dans un cercle par définition infini et symbole d'un éternel recommencement, un cylindre qui efface éternellement les traces qu'il laisse derrière lui... Cette image est évidemment proche du mythe de Sisyphe, où l'homme est condamné à pousser un rocher qui retombe inexorablement. Albert Camus en avait fait un symbole de l'absurde : la quête humaine de sens dans un univers indifférent, sans réponse ultime.

" Il s'agit simplement d'être fidèle à la règle du combat. Cette pensée peut suffire à nourrir un esprit : elle a soutenu et soutient des civilisations entières. On ne nie pas la guerre. Il faut en mourir ou en vivre. Ainsi de l'absurde : il s'agit de respirer avec lui ; de reconnaître ses leçons et de retrouver leur chair. A cet égard, la joie absurde par excellence, c'est la création."

TI10
ICI

dimanche 1 septembre 2024

Jan Josef Horemans the Younger
Chez le médecin (18e.)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre flamand Jan Josef Horemans le Jeune (1714-1792). Héritier d’une tradition artistique familiale, il est le fils de Jan Josef Horemans l’Ancien, dont il s’inspire tout en affirmant un style qui lui est propre.
Il excelle à dépeindre de façon minutieuse et vivante la vie quotidienne dans les Flandres, des intérieurs bourgeois, des marchés animés ou des scènes conviviales, nous offrant ainsi  un aperçu précieux des interactions humaines et des mœurs de son époque.

J.J. H. - Interdiction de fumer
Le tableau ci-contre, qui illustre une scène amusante, en est un bon exemple. Une jeune femme a dissimulé sous sa jupe ample le brasero dont son mari a besoin pour allumer sa pipe, ce qui fait rire de bon coeur le jeune homme en tunique bleue. Fumer était alors considéré comme un vice, et certaines femmes essayaient d'en empêcher leurs maris. Le jeune homme hilare a déjà un verre à la main, et dans la pièce voisine, une servante s'affaire à servir ses compagnons.
Tout en s’inscrivant dans la lignée des maîtres flamands de l’Âge d’or, Horemans le Jeune modernise cet héritage par une approche plus narrative et légère. Ses peintures, semblables à des instantanés de la société du XVIIIe siècle, documentent avec finesse les habitudes et les coutumes de la classe moyenne de son temps.
LM1
 ICI

AM2 ICI