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In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
samedi 22 juin 2024
dimanche 16 juin 2024
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| J. Sloan - Hairdresser's window (1907) |
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre américain John Sloan (1871-1951), déjà présenté ici en février 2011. Né à Lock Haven, en Pennsylvanie, Sloan grandit à Philadelphie, où il manifeste très tôt un intérêt pour l’art et commence sa carrière comme illustrateur dans des journaux locaux.
En parallèle, il étudie à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts, où il rencontre des artistes comme Robert Henri (voir nov.2010), dont l’appel à une peinture plus libre, attentive à la réalité contemporaine, marquera profondément sa démarche.
Au début des années 1900, Sloan s’installe à New York et s’attache à représenter les rues animées, les quartiers populaires, et les scènes ordinaires de la vie urbaine.
Aux côtés de George Bellows, Everett Shinn et William Glackens, il devient l’une des figures de l’Ash Can School, ce groupe informel d’artistes qui choisit de peindre la ville telle qu’elle est, loin des sujets élégants et convenus de la peinture académique.
Socialiste convaincu, proche un temps de la revue The Masses, Sloan n’a pourtant jamais voulu réduire la peinture à un discours politique. Ce qui compte chez lui, c’est d’abord la présence des êtres, la lumière d’une fenêtre, le désordre vivant d’une chambre ou d’une rue new-yorkaise aperçue depuis son atelier de Chelsea. Il peignait New York comme d’autres tiennent un journal : avec curiosité, avec une pointe d'ironie parfois, mais surtout avec une véritable sympathie pour ceux qui l’habitent. À travers ces scènes ordinaires, c’est le New York des dernières années du Gilded Age qu’il donne à voir : une ville en pleine transformation, bruyante, populaire, encore traversée par les contrastes et les profondes inégalités de l’Amérique industrielle du début du XXᵉ siècle.
dimanche 9 juin 2024
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| Billy Dihn - Untitled |
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Billy Dinh (b.1990), originaire de Philadelphie, que j’ai découvert récemment sur les réseaux sociaux. Enfant, il se passionne pour le dessin et la peinture avant de se tourner, presque par hasard, vers la photographie – d’abord comme moyen de conserver des souvenirs, puis comme véritable mode d’expression.
Inspiré notamment par Saul Leiter (voir déc.2013, déc.2014, fév.2019), Harry Gruyaert (août 2009, août 2015, janv.2023), Fan Ho (mai 2009, août 2016), et les peintures réalistes d’Edward Hopper, Dinh développe un style où se rencontrent observation attentive, sens narratif et lumière cinématographique.
Ses images prises pour la plupart dans les grandes villes – Inde, Vietnam, Éthiopie ou New York, où il vit désormais – et se distinguent par une maîtrise remarquable des couleurs, des ombres et des reflets. Il lui arrive, dit-il, d’attendre longuement qu’une scène se compose d’elle-même, jusqu’à ce que surgisse l’instant juste. C'est ce que j’aime dans ses photographies : cet équilibre entre spontanéité et construction, entre hasard – ce "purgatoire de la causalité", disait Baudrillard – et précision.
dimanche 2 juin 2024
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| Dale Bissnan - Sea view Crinan |
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre écossais Dale Bissnan (b.1985). Je ne sais pas grand-chose de cet artiste dont la biographie, sur son site, reste assez succinte. On y apprend seulement qu’il s’est formé en autodidacte, en étudiant les maîtres, leurs styles et leurs techniques, en particulier ceux du XIXᵉ siècle.
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| D.B. - Road to Caolas (2023) |
Dale Bissnan illustre bien cette transmission : il peint ce qu’il connaît, ce qu’il observe au quotidien, avec une attention au détail qui témoigne d’un regard nourri par l’étude des grands peintres du passé. Il choisit des sujets familiers – Glasgow, la campagne ou les côtes écossaises – et les peint avec précision et sensibilité. Ses scènes sont banales en apparence ; pourtant, il s’y révèle un univers discret et vivant, où la lumière, les lieux et les petits détails du quotidien invitent le regard à s’attarder.
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