In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 19 novembre 2023

Dirk Nijland - Nature morte
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre et graphiste néerlandais Dirk Hidde Nijland (1881-1955). J’ai toujours beaucoup aimé les natures mortes, des maîtres flamands aux bodegones espagnols. Mais celle-ci m’a particulièrement plu : une vieille carte marine, une planche ancienne consacrée aux balises, quelques volumes au cuir fatigué, et la maquette d’un petit voilier traditionnel des côtes flamandes.
Rien de spectaculaire, mais dans ces objets usés par le temps semble se raconter toute une histoire de voyages, de découvertes et de souvenirs.
D.N. - Het baken

Cette attention portée aux objets modestes et aux traces du temps n’est pas étrangère à l’ensemble de l’œuvre de Nijland. Son père, collectionneur passionné, lui fait découvrir très tôt les œuvres de George Breitner, Jan Toorop et Vincent van Gogh. Formé à la Rijksschool d’Amsterdam, puis à Rotterdam auprès d’A.H.R. van Maasdijk et J.D. Huibers, il commence par réaliser des natures mortes minutieuses d’objets ordinaires, à la plume, au pinceau ou à l’encre de Chine. À l’abri des soucis matériels, il voyage ensuite en Belgique et en France, où la découverte du pointillisme de Georges Seurat le marque profondément.
De retour au pays, vers 1905, il se consacre à ce qui l’entoure : les polders, les canaux, les petits ports, les figures humaines dans leur relation avec l’eau et la lumière.
Peintre des paysages modestes et des atmosphères tranquilles, Dirk Nijland occupe une place singulière dans l’art néerlandais du début du XXᵉ siècle.
NC14

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dimanche 12 novembre 2023

T.O'Shea - Border Roads (90s)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe irlandais Tony O'Shea (b.1947), une figure importante de la photographie contemporaine en Irlande.
Après des études d’anglais et de philosophie à l’université de Dublin, il se tourne vers la photographie et collabore d’abord avec le magazine In Dublin, puis avec le Sunday Business Post, avant de poursuivre une carrière indépendante
T.O'S. - Ways of the Cross (80s)

Son travail associe la tradition documentaire européenne à un regard profondément humain sur la société irlandaise et ses transformations. Dans ses images sobres et attentives, O’Shea capte la vie ordinaire, les mutations de l’Irlande moderne et les traces d’un monde en train de disparaître.

DR1
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dimanche 5 novembre 2023

S. Cerchi - Rendez-vous (2013)

La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'italien Sergio Cerchi (b.1957). Né à Florence, où il vit et travaille, il a étudié à l’Istituto d’Arte di Porta Romana puis au Conservatoire Luigi Cherubini. Très tôt, il mène de front la musique et la peinture, deux pratiques qu’il considère comme indissociables et qui nourrissent son travail.
D’abord influencé par le cubisme, Cerchi évolue ensuite vers une forme plus personnelle, où figures et espaces semblent se déployer sur plusieurs plans à la fois. Il parle lui-même de « figures et géométries » : une manière de construire l'image où rien ne paraît définitivement stable.
S.C. - Note finale

Les surfaces se fragmentent, se superposent, comme les notes sur une portée musicale ; les volumes se brouillent, les visages et les objets se recomposent dans une dynamique continue.
Ses rouges carmin, ses ocres, ses verts et ses bleus assourdis donnent à ses toiles une chaleur particulière, qui rappelle son admiration pour les maîtres italiens de la Renaissance.
Ce qui me retient dans son travail, c’est cette impression d’équilibre mouvant : les formes semblent se construire et se défaire à la fois. On ne sait jamais très bien, en regardant ses toiles, s’il nous montre une construction ou une déconstruction ; chaque fragment paraît vouloir assembler le réel autant qu’il le fragmente. Il y a là, au cœur même de la peinture, une forme d’incertitude, comme une hésitation qui semble nous rappeler que toute forme, comme toute réalité, se construit en se défaisant.
DR1

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