In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 16 juillet 2023

G.Tooker - Girl with basket (1987)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre américain George Tooker (1920-2011), formé à l'Art Students League of New York et déjà présenté dans ce blog en juin 2008.
Souvent rattachée - un peu trop facilement peut-être - au réalisme magique, sa peinture traduit l’isolement, l’angoisse et la désillusion de la vie urbaine moderne, tout en dénonçant l’absurdité bureaucratique et la déshumanisation du monde contemporain.
Formé à la Art Students League of New York par Reginald Marsh et Kenneth Hayes Miller, figures emblématiques du réalisme social, Tooker revendiquait aussi l'influence de Piero della Francesca et Paolo Uccello, dont il admirait la rigueur et la lumière.
G. Tooker - Sleepers I (1951)

Ses toiles, baignées d’une clarté douce et irréelle, dépassent la simple figuration : elles offrent une méditation sur la condition humaine.
Je cherche à peindre la réalité imprimée si fortement dans notre esprit de façon qu'elle revient comme un rêve, mais je ne cherche pas à peindre les rêves en tant que tels, ni l'imaginaire. Et ailleurs : J'ai toujours cherché à créer des oeuvres d'art qui ont une certaine signification sociale, mais qui sont en même temps universelles et intemporelles.

JR1

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dimanche 9 juillet 2023

J.Pirotte - Mineur polonais (1947)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de la photographe Julia Pirotte (1908-2000), née Golda Perla Diament dans une famille modeste de la région de Lublin, en Pologne, où son père travaillait comme mineur. Militante au sein des jeunesses communistes, elle est arrêtée à 17 ans et passe quatre années en prison. En 1934, elle parvient à fuir son pays grâce au Secours rouge et rejoint sa sœur réfugiée en France.
Après la Seconde Guerre mondiale, de 1945 à 1949, entre 60 000 et 70 000 Polonais installés en France choisissent de rentrer au pays pour participer à sa reconstruction - un mouvement que l’on appelle la Reemigracja. Parmi eux, environ 6 000 mineurs du Nord–Pas-de-Calais repartent vers les mines de Silésie, dont le charbon est alors essentiel au relèvement de la Pologne.
J.P. - Varsovie (1947)

Julia Pirotte accompagne ce mouvement en Silésie, où elle photographie le retour des familles, les convois ferroviaires, les nouveaux logements ouvriers et la vie quotidienne de ces rapatriés. Ses images, d’une grande humanité, témoignent à la fois de l’espoir d’un nouveau départ et de la dureté des conditions de travail. On y retrouve son regard empathique, forgé par l’expérience de l’exil et de la résistance.
Pendant la guerre, elle avait en effet rejoint la Résistance à Marseille, où elle réalise ses premiers reportages photographiques pour le journal Dimanche Illustré. Armée d’un Leica, elle documente la vie sous l’Occupation, les maquis, et la Libération de la ville en août 1944. Ces images, à la fois directes et profondément humaines, comptent parmi les plus fortes du photojournalisme de cette période.
De retour en Pologne après la guerre, Julia Pirotte continue à photographier la reconstruction du pays et les premières années du régime socialiste. Son œuvre, à la croisée du témoignage et de l’engagement, illustre la conviction que la photographie peut être un outil de mémoire et de justice.

PG12

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dimanche 2 juillet 2023

D. Eddy - A thousand sleepless nights III (2012)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre hyperréaliste Don Eddy (b.1944), un des pionniers du photoréalisme.
Pour préparer ses compositions, il a recours à ce qu’il appelle la mise au point universelle (Universal Focus) : plusieurs dizaines de photographies prises sous des angles et des distances variés afin qu’aucune zone ne reste dans le flou.
Il recompose ensuite ces images à l’aérographe, par milliers de points, dans une démarche quasi scientifique qui traduit pourtant une forme de méditation - Eddy qualifie volontiers sa peinture de « bouddhiste ».
D. Eddy - 4 VW (1971)

Connu pour la précision vertigineuse de ses représentations d’automobiles, de vitrines ou de paysages urbains, il s’attache à révéler la beauté des surfaces et des reflets, tout en interrogeant notre rapport à la perception et à la réalité.
Faut-il, comme le suggérait le philosophe anglais John Ruskin, que l’art transcende le réel pour atteindre la beauté ? Don Eddy semble répondre qu’il peut aussi la trouver dans la fidélité absolue au visible.

PH1

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