In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

samedi 18 février 2023

Anonyme Souabe
Portrait de femme de la famille Hofer (c.1470)
Une image et des mots. Que fait cette mouche, née de la décomposition et créature de Belzébuth, prince des démons, sur la coiffe de cette belle dame ?
On la retrouve sur le Portrait d'un Chartreux, de Petrus Christus.

Maybe there is a beast, maybe it's only us...
Je pense au terrible roman de William Golding, Lord of the Flies (1954), traduit en français sous le titre Sa Majesté des Mouches.

- Oui, c'était comme ça au début, répliqua Ralph, avant que les choses... Il s'interrompit.
- Au début, on s'entendait.
L'officier l'encouragea du menton.
- Oui, je comprends. La belle aventure. Des Robinsons...
Ralph fixa sur lui des yeux vides. Il se remémora dans un éclair le charme étrange qui avait autrefois baigné cette plage. Mais l'île n'était plus qu'un amas de bois mort, calciné. [...] Les larmes lui jaillirent des yeux et des sanglots le secouèrent. [.....] Ralph pleurait sur la fin de l'innocence, la noirceur du coeur humain...

AV9
ICI

dimanche 12 février 2023

J-P. B. - Jesus and Mary, Dublin (2019)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain Joseph-Philippe Bevillard (b.1964). Né à Boston, il vit en Irlande depuis 2000.
Il se met à la photographie en 1984, à l’âge de vingt ans, puis étudie l’art pendant deux ans au Rochester Institute of Technology de New York, avant de poursuivre sa formation à l’Art Institute de Boston à partir de 1990.

J-P.B. - Biddy, Tipperary (2020)
Parmi ses influences, Bevillard cite Diane Arbus, Richard Avedon, Brassaï, August Sander ou encore Paul Strand. Comme eux, il s’intéresse aux gens 
« pas comme les autres » : les fêtards, les exclus, les marginaux, les gens de la rue. Au début des années 2000, il s’installe en Irlande, où il entreprend de documenter la vie des gens du voyage - les Tinkers, ou Mincéirs - avec la volonté de produire ce qu’il appelle des « images honnêtes ».
Les photographies de Bevillard frappent par leur authenticité et leur humanité : il parvient à capturer la dignité, les émotions et la réalité quotidienne de ses sujets sans aucun artifice, tout en révélant leur singularité et leur résilience. Il a passé des années à gagner la confiance de cette communauté souvent stigmatisée, réalisant ainsi des portraits d’une rare intimité.
"Je crois qu'un bon portrait doit être en mesure de montrer ce qu'une personne a été, ce qu'elle est, et ce qu'elle sera".

AN4

ICI

dimanche 5 février 2023

A.S. - The common thread (2020)
Le vide-grenier du dimanche. Deux aquarelles de Alisa Shea (b.1974), peintre américaine installée dans l’État de New York. Autodidacte, elle travaille à l’aquarelle et s'intéresse aux objets du quotidien, souvent des objets usés ou anciens, marqués par le temps, qu'elle photographie avant de les peindre. Elle s'attache aux surfaces, aux textures, à des reflets précis : une boîte cabossée, un morceau de verre, un livre posé sur une table. Les couleurs sont exactes, les contours nets, les détails minutieux.
A.S. - Marked (2022)

Je remarque la patience de l’observation, l'extrême minutie de l'exécution : les plis, les rayures, les bords effacés restitués avec soin, les petites variations de lumière... Et tout, dans la peinture de ces choses banales que quelqu'un a vues, touchées, utilisées, tout témoigne d'un geste, d'un moment simple du quotidien, et de la mémoire qui s'y est déposée. "Chaque chose porte en soi son infini", nous dit Le Clézio dans L'Extase matérielle (1967).
PC1

ICI

Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...