In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 17 juillet 2022

M. Martinček - La terre (c.1965)
Le vide-grenier du dimanche. déjà présenté ici en juillet 2012. Époux de l’artiste peintre et décoratrice Ester Šimerová - à qui sera consacrée une prochaine publication - il mena d’abord une carrière de juriste et de haut fonctionnaire avant d’être contraint, en 1948, de quitter la vie publique. Il exercera alors divers petits métiers avant de se consacrer tardivement, à quarante-huit ans, à la photographie professionnelle.

M.M. - Enfant de Liptov (1960s)
Martinček documente avec une grande humanité la nature et la vie des paysans de Liptov, sa région natale, dans une œuvre à la fois sobre et profondément poétique, plusieurs fois publiée et exposée.
Une fois encore, j’ai eu du mal à faire un choix - cette ombre de liberté, disait Alain -, et pour découvrir toutes les belles photographies qui l’ont rendu difficile, c’est ICI.

AV10

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dimanche 10 juillet 2022

Adam Ciemniewski - Moisson (nd)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre polonais Adam Ciemniewski (1866-1915). Il étudie la peinture et le dessin auprès de Wojciech Gerson - qui fera l’objet d’une prochaine publication - avant de s’installer à Munich en 1890. Cinq ans plus tard, il revient en Pologne, où il passera le reste de sa vie.
A.C. - Retour des champs (1895)

Salué pour sa maîtrise de la lumière latérale, Ciemniewski s’est surtout attaché à représenter des scènes religieuses et de la vie rurale, avec un regard empreint de calme et d’intériorité. Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là, simple et tranquille, écrit Verlaine.

EC4

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dimanche 3 juillet 2022

Bernard Plossu - Françoise
Le vide grenier du dimanche. Deux clichés du photographe-voyageur Bernard Plossu (b.1945), tous deux consacrés à sa compagne Françoise Nuñez, brutalement disparue la veille de Noël. Assistante de Jean Dieuzaide à la fin des années 1970, elle était elle-même photographe et grande voyageuse - leur complicité, artistique autant qu’amoureuse, irrigue toute l’œuvre de Plossu.
Né au sud du Vietnam, il découvre la photographie à treize ans lors d’un voyage avec son père dans le Sahara. Son regard, façonné autant par les routes que par le cinéma, s’impose très tôt : adolescent à Paris, il préfère la Cinémathèque aux bancs de l’école.
À vingt ans, il part au Mexique avec une expédition ethnographique dans le Chiapas - ce premier grand voyage donnera naissance, quinze ans plus tard, à Le Voyage mexicain (1979), devenu un livre culte.

B.P. - Françoise (1981)
Plossu n'a pas cessé de photographier le monde : l’Inde, le Mexique, les États-Unis, l'Afrique, et bien sûr la France. Photographe du monde autant que de l’instant, il invente ce qu’il appelle le « surbanalisme » : l’idée que rien n’est plus surréel que le banal. Chez lui, les paysages, les visages et les gestes ordinaires deviennent fragments d’éternité.
En 1970, je me suis rendu compte que les choses les plus banales étaient en fait extraordinairement surréalistes ! D’où la contraction des deux mots. Le «surbanalisme» est un pied de nez au surréalisme souvent pompier ! Selon moi, pas mal de mauvaises œuvres en ont trop fait sous l’étiquette facile de surréel. Des photos nulles de sandwiches, des images faussement délirantes ont été réalisées. Ça m’a permis de dire que rien n’est plus surréel que le banal ! (Culturopoing de novembre 2015).
Il privilégie rapidement le noir et blanc et l’usage exclusif d’une focale de 50 mm : « la vision humaine ». Ses images, souvent floues, comme inachevées, ne cherchent pas à documenter mais à retrouver le sentiment du monde : une poésie discrète, faite d’instants suspendus, d’ombres légères, de silences.
Aujourd’hui exposé dans les musées du monde entier, Bernard Plossu demeure l’un des grands poètes de la photographie contemporaine - un homme qui aura su transformer le quotidien en voyage, et la vie partagée en lumière.
TI11

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