In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 22 mai 2022

S. Downey - Down the stairs (2015)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'artiste canadien Shaun Downey (b.1978).Formé à la Angel Art Academy de Toronto puis au Sheridan College, dont il sort diplômé en 2002, il explore un réalisme nourri à la fois des maîtres anciens et d’influences plus contemporaines, comme la bande dessinée.
Ses portraits, souvent peints dans l’intimité du foyer, montrent des personnages solitaires, figés dans des attitudes où affleure un malaise imperceptible.
La lumière, la couleur et le cadre construisent des scènes familières d’où émane pourtant le sentiment étrange d’une inquiétante normalité.

S. Downey - Wave 3
Cette ambiguïté narrative – on ne sait pas bien si l’on se trouve dans l’« avant » ou dans l’« après » – confère à ses tableaux une dimension presque cinématographique. Certaines œuvres, comme The Visitor, Window Watcher ou The Investigator II, semblent sortir de photogrammes d’un film de David Lynch.
Shaun Downey dit vouloir « ralentir la marche du temps » en peignant ces moments de solitude. Ses personnages, seuls, semblent écouter quelque chose – peut-être le monde, ou peut-être simplement quelque chose d’eux-mêmes.

VM3

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dimanche 15 mai 2022

Max Ferguson - Shoe repair shop (2008)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre américain Max Ferguson (1959), dont les œuvres mettent principalement en lumière des scènes de la vie urbaine, le plus souvent dans sa ville natale New York : des représentations hyperréalistes de lieux familiers du quotidien – comme ici une laverie ou une échoppe de cordonnier –, où la banalité, peinte avec une touche de nostalgie, devient matière à émotion.

M.F. - Laundromat (2006)
Ferguson commence sa carrière artistique à l’adolescence par la réalisation de films d’animation dessinés à la main, avant d’obtenir un diplôme de cinéma à l’Université de New York en 1980. Mais c’est une année passée à la Gerrit Rietveld Academie d’Amsterdam, nourrie de son admiration pour Vermeer et Rembrandt, qui oriente définitivement son parcours. Il abandonne alors le cinéma pour la peinture - et, ironie heureuse, la Ville d’Amsterdam acquiert l’une de ses premières toiles.
Le style de Max Ferguson garde l’empreinte de cette filiation néerlandaise : un soin extrême apporté à la lumière, à la composition et à la texture des choses ordinaires. À travers ces scènes du quotidien new-yorkais, c’est moins le tumulte de la ville qu’il peint que sa mémoire – la poésie discrète de ce qui, d’ordinaire, passe inaperçu.

LG2

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dimanche 8 mai 2022

T.H.B. - The waterboy (1946)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre et muraliste américain Thomas Hart Benton (1889-1975), emblématique du mouvement régionaliste, aux côtés de Grant Wood et John Steuart Curry. Né à Neosho, dans le Missouri, Benton s’est attaché tout au long de sa carrière à représenter avec force et empathie la vie de l’Amérique rurale, les luttes et les expériences des travailleurs ordinaires, notamment durant la Grande Dépression.
Après avoir étudié à l'Art Institute of Chicago puis à l'Académie Julian à Paris, il s’éloigne des courants modernistes pour trouver une manière de peindre qui lui soit propre, enracinée dans la culture populaire américaine. Ses scènes de la vie ordinaire prennent parfois, à mes yeux, une ampleur presque épique, comme dans les grands récits américains où le quotidien est agrandi jusqu'à devenir une sorte de mythe.

T.H.B. - Departure of the Joads (1939)
Dans les années 1930, ses fresques murales, comme celles réalisées pour le Capitole de l'État du Missouri, sont devenues célèbres par la manière dont elles racontent l'histoire et la culture américaines. Benton cherchait à transmettre une vision authentique, parfois critique, des États-Unis, plutôt que de suivre les esthétiques européennes alors en vogue.
Professeur à l'Art Students League de New York, il forme notamment Jackson Pollock, qu’il influencera durablement avant que celui-ci ne s’éloigne radicalement de sa manière de peindre. Son œuvre, intimement liée au Midwest et à son Missouri natal, demeure un témoignage essentiel de l’Amérique du XXᵉ siècle.
« J’ai la conviction qu’en dépit de toutes les limites de mon esprit, des luttes et des échecs traversés, je suis parvenu à exprimer quelque chose qui soit à l’image de l’Amérique et du peuple américain de mon temps. »

BS3
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samedi 7 mai 2022

Anonyme
Une image et des mots. Fermé pour cause de fermeture....; la paix est-elle inaccessible ?
[.....]... au dessus de ces nombreuses races d'animaux est placé l'homme, dont la main destructrice n'épargne rien de ce qui vit, écrit Joseph de Maistre dans Les nuits de Saint Petersbourg
Il tue pour se nourrir, il tue pour se vêtir, il tue pour se parer, il tue pour se défendre, il tue pour attaquer, il tue pour tuer...

La paix est donc contre-nature. Elle est du domaine de la raison et de la morale, le triomphe des principes pour Ralph Waldo Emerson... 
Et donc voici ce qu'en dit Kant, dans Vers la paix perpétuelle (1795) :
Or, la raison moralement pratique énonce en nous son veto irrésistible : il ne doit y avoir aucune guerre ; ni celle entre toi et moi dans l'état de nature, ni celle entre nous en tant qu'États, qui, bien qu'ils se trouvent intérieurement en état légal, sont cependant extérieurement dans un état dépourvu de lois - car ce n'est pas ainsi que chacun doit rechercher son droit. Aussi la question n'est plus de savoir si la paix perpétuelle est quelque chose de réel ou si ce n'est qu'une chimère et si nous ne nous trompons pas dans notre jugement théorique, quand nous admettons le premier cas, mais nous devons agir comme si la chose qui peut-être ne sera pas devait être, et en vue de sa fondation établir la constitution qui nous semble le plus capable d'y mener et de mettre fin à la conduite de la guerre dépourvue de salut, vers laquelle tous les États sans exception ont jusqu'à maintenant dirigé leurs préparatifs intérieurs, comme vers leur fin suprême. Et si notre fin en ce qui concerne sa réalisation demeure toujours un voeu pieux, nous ne nous trompons certainement pas en admettant la maxime d'y travailler sans relâche, puisqu'elle est un devoir.

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