In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 13 juin 2021

André de Dienes - Untitled

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe hongrois André de Dienes (1913-1985), figure longtemps marginalisée de la photographie américaine du milieu du XXᵉ siècle. Très tôt marqué par l’errance et la liberté, il quitte son foyer à quinze ans et traverse l’Europe presque entièrement à pied. Arrivé à Paris en 1933, il travaille d’abord pour L’Humanité, avant de partir à New York où il se consacre à la photographie de mode, notamment pour Esquire, puis pour Vogue et Life. Mais dès qu’il le peut, il parcourt le pays, photographiant paysages et communautés amérindiennes – notamment chez les Apaches, les Hopis et les Navajos – dans une approche attentive et respectueuse, éloignée de tout exotisme. Peu à peu, il se détourne du cadre contraignant de la photographie commerciale et s’installe en Californie.

A.de D. - Marilyn, Tobay Beach
(1946)
C’est là qu’il développe une œuvre plus personnelle, centrée sur le nu, le paysage et le mouvement (voir les belles images de Mallia Phillips dansant dans le désert).
Pour de Dienes, le nu n’est pas un prétexte mais une forme d’hommage. « Chaque photographie de nu que j’ai prise avait pour seul but d’exprimer mon sentiment pour le beau. »
Refusant toute exploitation ou provocation gratuite, il revendique une éthique du regard fondée sur le respect, l’émotion et la sincérité. Lorsqu’il rencontre une jeune Norma Jeane en 1945, elle n’est encore qu’une aspirante actrice, mais de Dienes est immédiatement captivé par sa beauté et son charme naturel. Ce portrait de Marilyn fait partie d’une remarquable série réalisée en 1946 à Tobay Beach, à Long Island (État de New York), dans laquelle il m’a été bien difficile de faire un choix.

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dimanche 6 juin 2021

V.V. - Jeune fille face à son miroir
(1971)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du finlandais Veikko Vionoja (1909-2001). J'aime beaucoup les compositions strictes de Vionoja, ses intérieurs d'une propreté impeccable et d'une lumineuse austérité, et sa capacité à transmettre un sentiment d'intimité et de contemplation dans des scènes apparemment simples. Ses oeuvres sont profondément imprégnées de la tradition artistique finlandaise, marquées par des représentations poétiques des paysages nordiques, avec des motifs de villages ruraux souvent sous un ciel mélancolique et aux teintes subtiles.
V.V. - Intérieur à Korpela (1989)

Vionoja saisit particulièrement bien les changements de lumière et de couleur, créant des compositions qui évoquent un sentiment de calme et d'intemporalité.
Bien que ses paysages soient souvent dépourvus de figures humaines, ils semblent habités par une histoire silencieuse, rappelant les liens profonds entre les habitants de la Finlande et leur environnement naturel. Ses œuvres se trouvent aujourd’hui dans plusieurs collections finlandaises et internationales, où elles continuent d’incarner l’essence de la culture et de la nature finlandaises.
Korpela, c'était le nom de la maison du 18ème qui servait de résidence d'été à la famille Vionoja, dans le village de Haapala.
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samedi 5 juin 2021

King George VI, Wembley (1930s)
Une image et des mots. L'image c'est cette photo anonyme, prise dans les années 30, qui nous donne à voir le roi George VI au comble de l'excitation dans un parc d'attractions.
Les mots sont un extrait d'un texte de Nicolas Go, intitulé Le rire philosophique et publié en 2002 dans le n°17 de la revue Le Philosophoire.

Il faut postuler la joie comme on pose un axiome mathématique, par un décret de la raison. Contre le dérisoire des réjouissances passagères, elle se doit d'être une réjouissance inconditionnelle de et à propos de l'existence. C'est ce qu'assure Clément Rosset pour qui "toute joie parfaite consiste en la joie de vivre, et en elle seule". Selon lui, le "vivre" confère à la joie toute sa perfection, sans quoi elle ne serait que virtuelle et en attente de sa propre complétude.
[....] La joie n'est pas fondée mais fondatrice. L'auteur de La force majeure la définit comme un secours qui, à l'instar de la grâce pascalienne, vient sauver du nihilisme, comme grande et unique règle, du "savoir-vivre", celui d'une vie menée en conscience et connaissance de cause. Alors même que tout concourt à nous décourager de la vie, la force paradoxale et impénétrable de la joie vient substituer aux accommodements névrotiques à la réalité - et tout spécialement celui de l'espérance -, le goût de vivre sans condition.

Sur la recherche de l'étourdissement et du vertige chez l'homme et chez l'animal, il faut lire aussi les lignes qu'y consacre Roger Caillois dans son ouvrage passionnant Les jeux et les hommes, publié en 1977 chez Gallimard.

dimanche 30 mai 2021

Yale Joel - Paris (1948)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain Yale Joel (1919-2006), natif du Bronx, à New York, qui débute sa carrière de photographe professionnel à l'âge de 19 ans.
Pendant la Seconde Guerre mondiale il couvre les combats en Italie, puis, dès 1947, il rejoint l'équipe du prestigieux Life Magazine où il sera plusieurs décennies durant reconnu pour son travail constamment novateur : des photographies créatives et techniquement innovantes, avec l'emploi d'effets spéciaux bien avant l'ère du numérique.

Y.J. - Sharing a soda, Vermont (1946)
Ses compositions faisaient appel à des miroirs, des illusions d'optique, et des perspectives inhabituelles, ce qui lui a permis de capturer des scènes visuellement saisissantes et d’aborder avec originalité les sujets les plus variés.
À ce titre, par son regard artistique et inventif, par son approche unique de la photographie, celui que l'on a surnommé "le photographe de l'impossible" aura contribué à repousser les limites convenues du reportage, et son travail constitue une contribution significative et durable à l'histoire de la photographie.

Shellie Garber - Still waters (2025) Une image et des mots. Un tableau de l'artiste américaine Shellie Garber.