In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

samedi 5 septembre 2020

Une image et des mots.
 
Vous pensez que Dieu oubliera votre homicide si vous vous baignez dans un fleuve, si vous immolez une brebis noire, et si on prononce sur vous des paroles. Un second homicide vous sera donc pardonné au même prix, et ainsi un troisième, et cent meurtres ne vous coûteront que cent brebis noires et cent ablutions ! Faites mieux, misérables humains : point de meurtres et point de brebis noires.
Voltaire, extrait de l'article "Superstition" du Dictionnairee philosophique.

ON1
ICI

dimanche 30 août 2020

Richard Estes - Cafe Express (1975)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de Richard Estes (b.1932), figure majeure du photoréalisme américain. Formé à la School of the Art Institute of Chicago, il développe dès les années 1960 une peinture d’une précision extrême, à partir de photographies qu’il prend lui-même dans les rues de New York, Chicago ou Paris.

R.E. - Car reflection (1969)
Ses sujets sont souvent des scènes urbaines ordinaires.
Il joue avec les reflets et les distorsions produits par les vitres et les vitrines, les carrosseries et les pare-brise, où rues, passants et façades se superposent jusqu'à composer des images d'une grande complexité. L'œil y hésite parfois entre ce qui appartient au paysage et ce qui n'en est que le reflet.
Estes joue ainsi avec les limites entre photographie et peinture, entre ce que l’œil perçoit et ce que l’image construit. « J’ai toujours été intéressé par la manière dont la lumière et l’ombre interagissent avec les surfaces. C’est cela qui m’intéresse : capturer le jeu de la lumière sur les surfaces et lui donner vie par la peinture. »
 © Veilleur de Nuit – 2020
PR1

ICI

samedi 29 août 2020

Hisashi Hisano - Untitled (1939)
Une image et des mots. Un cliché de la photographe japonaise Hisashi Hisano (1903-1946), et quelques vers de l'argentin Roberto Juarroz (1925-1995).

La realidad es un tiempo doblado
que es preciso desdoblar como una tela
de singular delicadeza
para encontrar adentro
otra mano que aguarda.

***
(traduction Roger Munier)

La réalité est un temps plié
qu'il faut déplier comme une toile
d'une singulière délicatesse
pour trouver au dedans
une autre main qui attend.
SV1

ICI

dimanche 23 août 2020

G. Klimt - Île dans l'Attersee (1901)

La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'artiste autrichien Gustav Klimt (1862-1918), déjà présenté en octobre 2012.
Il est l'un des peintres symbolistes les plus influents de l'Art Nouveau et l'une des grandes figures de la Sécession de Vienne (voir aussi ICI), un mouvement qui entend rompre avec l'académisme viennois, défendre l'art moderne et promouvoir l'idée d'un « art total » (Gesamtkunstwerk), qui abolirait la hiérarchie entre les arts.
G.K - Jardin aux tournesols (1907)

Tout au long de sa carrière, Klimt multiplie les portraits féminins, les allégories et les thèmes parfois dérangeants – érotisme, mort, désir – avec ce style unique qui concilie puissance décorative et expression des sentiments. Pour ma part, je ne suis pas particulièrement fan de ses deux tableaux les plus célèbres – Le Baiser et le Portrait d’Adèle Bloch-Bauer I – d'une éclatante richesse décorative faite d’or, d’argent et de motifs géométriques ; je leur préfère les deux œuvres présentées ici. Cette chronique est d’ailleurs motivée moins par mon goût pour sa peinture que par l’importance de Klimt dans l’art européen : il a notamment ouvert la voie à des artistes comme Egon Schiele ou Oskar Kokoschka, qui virent en lui un maître autant qu’un précurseur.
Je m'empresse donc de valider cette publication avant de la supprimer.
 © Veilleur de Nuit – 2020

IP1 ICI