In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 19 mars 2017

M. Borgeaud - La chambre blanche (1924)
Le vide-grenier du dimanche. Deux toiles de Marius Borgeaud (1861-1924), peintre post-impressionniste suisse originaire de Lausanne, dont la carrière, commencée tardivement, s’est partagée entre Paris et la Bretagne.
Ce n'est qu'à quarante ans, après avoir dilapidé pendant une décennie dans la vie parisienne la fortune léguée par son père – une période qui s'achève par une cure de désintoxication au bord du lac de Constance – que Borgeaud décide de se consacrer entièrement à la peinture.
M.B. - Les amis

Élève de l'Académie Humbert, il trouve bientôt sa voie dans la représentation d'intérieurs modestes et de scènes de la vie quotidienne, loin de tout pittoresque.
À son propos, Georges Peillex écrivait : « Il a cherché auprès d'une humanité populaire, humble et rustique [...] les milieux et les êtres les plus étrangers à ce qu'il était lui-même... [...] Que l'on ait pu confondre l'homme et son œuvre dit mieux que tous les éloges à quelle exactitude d'expression l'artiste était parvenu. Il était difficile de faire plus vrai. »
LM2

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samedi 18 mars 2017

Joey Skaggs - Le Portofess (1992)
Une image et des mots. L'image, c'est ce cliché du prankster américain Joey Skaggs (b.1945) se rendant en 1992 à la convention nationale démocrate.
Il s'y rend avec son confessionnal mobile, le Portofess, pour recueillir les confessions des politiciens.
Les mots sont d'Arrabal, extraits de sa pièce Le cimetière des voitures.

Dila. - Mais à quoi ça va-t-il nous servir d'être bons ?
Emanou. - Eh bien quand on est bon (il récite comme s'il avait appris une leçon par coeur), on ressent une grande joie intérieure, née de la paix de l'esprit dont on jouit lorsqu'on se voit semblable à l'image idéale de l'homme.
Dila, enthousiaste. - Tu le dis de mieux en mieux.
Emanou, fier. - Oui, je n'ai pas à me plaindre. je l'ai appris par coeur.
Dila. - Tu es rudement intelligent, toi : tu sais tout.
Emanou. - Pas tout, mais presque tout. Du moins les choses importantes, et toujours par coeur.
Dila. - Moi je crois que tu as en toi quelque chose de pas ordinaire... (Un temps.) Dis-moi un peu pour voir, tout ce que tu sais.
Emanou. - Eh bien je sais... à quoi ça sert d'être bon... Je sais jouer de la trompette... Je sais les mois de l'année sans en oublier un...
Dila. - Non ?
Emanou. - Si... je sais encore combien vaut chaque billet de banque... je sais les jours de la semaine par coeur aussi...
Dila. - Tu es merveilleux ! Et tu sais aussi penser et tout démontrer comme les gens importants ?
Emanou. - Oui, pour ça j'ai une méthode spéciale. Dis-moi de te démontrer ce qu'il y a de plus difficile.
Dila. - Démontre-moi que les girafes montent en ascenseur.
Emanou. - Les girafes montent en ascenseur parce qu'elles montent en ascenseur.
Dila, enthousiaste. - Comme c'est clair !
Emanou. - Je démontre tout aussi aisément.
Dila. - Tu es vraiment fort. (Un temps.) Et si je te demande de démontrer le contraire : que les girafes ne montent pas en ascenseur.
Emanou. - Ça serait encore plus facile : je n'aurais qu'à faire la même démonstration, mais à l'envers.
Dila. - Oh ! très bien ! Tu sais tout. Je te le dis : tu dois avoir quelque chose en toi, ou bien tu dois être le fils... (elle montre le ciel et dit gauchement)... de quelqu'un... de quelqu'un, disons, de très haut placé.

JM1
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dimanche 12 mars 2017

W. B. - Log and horsetails (1957)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe Wynn Bullock (1902-1975).
Originaire de Pasadena, en Californie, il débute sa carrière artistique à New York comme chanteur dans la Music Box Revue d'Irving Berlin. Un séjour en Europe l'amène à découvrir la peinture moderne, puis, de retour aux États-Unis, la rencontre avec les photographies d'Edward Weston l'oriente définitivement vers la straight photography, défendue par Alfred Stieglitz et Paul Strand.

W.B. - Chess game (1955)
Passionné de philosophie, de sciences et de spiritualité, Bullock ne considère jamais la photographie comme un simple enregistrement du monde visible.
Elle est pour lui un moyen de faire pressentir ce qui, dans le réel, dépasse les seules apparences. « Mysteries lie all around us, even in the most familiar things, waiting only to be perceived. » Ou encore : « When I feel a rock is as much of a miracle as a man, then I feel in touch with the universe. »
IB1

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dimanche 5 mars 2017

A.M. - Son Altesse la femme
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres d'Adrien Moreau (1843-1906), peintre et illustrateur français spécialisé dans les scènes de genre et les évocations historiques du XVIIIᵉ siècle. Élève de Léon Cogniet, d'Isidore Pils et d'Henri Lehmann à l'École des Beaux-Arts, il connaît un grand succès sous la Belle Époque grâce à ses compositions raffinées, où l'élégance des costumes, le soin apporté aux décors et le goût de l'anecdote séduisent un large public. Illustrateur recherché, il met également son talent au service d'auteurs comme Hugo, Balzac, Daudet, Musset, Voltaire ou Anatole France.

A. Moreau - Le ferry
À l'approche de la Journée internationale des droits des femmes, j'ai choisi de montrer une aquarelle réalisée par Moreau pour Son Altesse la femme, ouvrage publié en 1885 par Octave Uzanne, bibliophile passionné qui célébrait avec enthousiasme la place des femmes dans la société et les arts.
« Partout où l'homme a dégradé la femme, il s'est dégradé lui-même », écrivait Charles Fourier, fondateur de l'École sociétaire et concepteur du phalanstère. Sans être un manifeste, ce livre témoigne d'un moment où certains écrivains et artistes cherchaient à renouveler le regard porté sur la femme, bien avant que la question de ses droits ne s'impose dans le débat public.

Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...