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| RH2 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 29 novembre 2015
dimanche 22 novembre 2015
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| Ako Salemi - Freedom (2015) |
Son style, loin du sensationnalisme, s'attache aux détails ténus, aux gestes ordinaires, avec une attention particulière à la lumière naturelle et aux compositions épurées.
Salemi travaille régulièrement pour la presse internationale, mais ce qui marque dans son approche, c’est cette manière discrète et sensible d’entrer dans l’intimité d’un lieu ou d’un moment, sans jamais forcer le trait : un mélange de retenue et d'empathie qui fait que ses images semblent toujours nous arriver à hauteur d’homme.
Les deux photos - comme toute la série dont elles sont tirées -, ont été prises au smartphone, à Mazar-i-Charif, quatrième ville d'Afghanistan. C'est le pays de la burqa ; et lorsqu'on sait que le pigeon y est symbole de liberté, le contraste que propose le premier cliché est d'autant plus saisissant. Aujourd'hui basé aux États-Unis, Ako Salemi continue de travailler sur des projets documentaires en photographie et en film, explorant les tensions sociales, culturelles et environnementales de notre époque.
samedi 21 novembre 2015
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| DAH - Wild horses, Spain (1977) |
Une image et des mots. Un cliché du photographe américain David Alan Harvey (b.1944), et un poème de Sully Prudhomme.
Agite, bon cheval, ta crinière fuyante ;
Que l'air autour de nous se remplisse de voix !
Que j'entende craquer sous ta corne bruyante
Le gravier des ruisseaux et les débris des bois '.
Aux vapeurs de tes flancs mêle ta chaude haleine,
Aux éclairs de tes pieds ton écume et ton sang !
Cours, comme on voit un aigle en effleurant la plaine
Fouetter l'herbe d'un vol sonore et frémissant !
« Allons, les jeunes gens, à la nage ! à la nage ! »
Crie à ses cavaliers le vieux chef de tribu ;
Et les fils du désert respirent le pillage,
Et les chevaux sont fous du grand air qu'ils ont bu !
Nage ainsi dans l'espace, ô mon cheval rapide,
Abreuve-moi d'air pur, baigne-moi dans le vent ;
L'étrier bat ton ventre, et j'ai lâché la bride,
Mon corps te touche à peine, il vole en te suivant.
Brise tout, le buisson, la barrière ou la branche ;
Torrents, fossés, talus, franchis tout d'un seul bond ;
Cours, je rêve, et sur toi, les yeux clos, je me penche ...
Emporte, emporte-moi dans l'inconnu profond !
dimanche 8 novembre 2015
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| Liu Bolin - Suo Jia Cun |
C'est avec ses performances photographiques qu'il forge peu à peu son style : dans ses séries Hiding in the City ou The Invisible Man, Liu Bolin se camoufle entièrement dans les paysages urbains ou industriels, peint sur lui-même le décor jusqu’à se fondre presque parfaitement dans l’arrière-plan. À la fois critique sociale, réflexion sur l’effacement de l’individu face au pouvoir, et métaphore de l’adaptation forcée dans un monde normé, son travail navigue entre performance, photographie et installation.
Ses oeuvres, qui sous leurs allures ludiques parlent aussi de marginalisation, de disparition culturelle, de la tension entre traditions et modernité dans la Chine contemporaine - et plus largement, du devenir de l’humain dans des sociétés où tout est contrôle et spectacle -, vont désormais devenir éloge de la dissimulation. Elle peut être, on le sait depuis Machiavel, une technique d'opposition politique. Les sages sans puissance, disait Tomaso Campanella, sont contraints de vivre comme les fous.
Installé aujourd'hui entre Pékin et New York, Liu Bolin continue d'explorer à travers ses projets récents les formes invisibles de résistance ; il s'efface pour mieux parler du monde.
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