| VM2 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 22 décembre 2013
samedi 21 décembre 2013
| Marius van Dokkum |
Une image et des mots. "Il faut imaginer Sisyphe heureux", écrit Albert Camus. Pour aller avec cette image de l'illustrateur néerlandais Marius van Dokkum (b.1957) – qu'il faudra que je présente ici –, voici quelques lignes de Milan Kundera, extraites de "L'insoutenable légèreté de l'être" (1984).
Celui qui veut continuellement s'élever doit s'attendre un jour à avoir le vertige. Mais c'est quoi le vertige ?
La peur de tomber ? Mais pourquoi avons-nous le vertige sur un belvédère pourvu d'un solide garde-fou ?
Le vertige, c'est autre chose que la peur de tomber. C'est la voix du vide au-dessous de nous qui nous attire et nous envoûte, le désir de chute dont nous nous défendons ensuite avec effroi.
dimanche 15 décembre 2013
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| Adolf Fassbender - Just drifting (1953) |
Représentant du mouvement pictorialiste, qui entend élever la photographie au rang des beaux-arts, il publie en 1937 Pictorial Artistry : The Dramatization of the Beautiful in Photography.
Ses images, soigneusement composées, sont souvent réalisées à partir de plusieurs négatifs et retravaillées pour atteindre une esthétique idéale. Il s'agit, par l'emploi d'effets tels que le clair-obscur, le flou, les cadrages, ou encore des techniques de tirage particulières, de donner une vision "impressionniste" du réel, marquée par la sensibilité du photographe.
dimanche 8 décembre 2013
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| V. de Saedeleer - Paysage de neige (nd) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux lithographies du belge Valerius de Saeldeleer (1867-1941), figure importante du renouveau paysagiste en Flandre au tournant du XXe siècle. Aux côtés de George Minne et des frères Van de Woestijne, il est l’un des représentants les plus marquants de ce que l’on a appelé l'École de Laethem, un mouvement à la fois ancré dans la tradition et tourné vers une forme de mysticisme rural.
Proche des milieux symbolistes et profondément influencé par les primitifs flamands, Saedeleer développe un style très personnel, fait de lignes épurées, de compositions sereines et d’une attention presque spirituelle à la nature. Il peint inlassablement les mêmes paysages austères et paisibles, déclinés en variations pleines de silence et de recueillement. Ses scènes rurales - collines douces, arbres isolés, lumières feutrées -, dégagent une impression de paix intérieure, où l’homme, lorsqu’il apparaît, semble en parfaite harmonie avec son environnement. Plus que de simples représentations de la campagne, ses œuvres offrent une vision contemplative du monde, comme un refuge face aux bouleversements de la modernité. On peut y déceler l'influence qu'a pu avoir sur son art, après une première période plutôt marquée par les Impressionnistes, sa fascination pour des oeuvres comme Les chasseurs dans la neige de Brueghel l'Ancien.
samedi 7 décembre 2013
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| Brassaï - L'horloger de la rue Dauphine (1930) |
Pour illustrer cette photo de Brassaï, L'horloger de la rue Dauphine (1930), voici un poème de Borgès, dont je proposerai ensuite une traduction :
Somos el río (Los Conjurados, 1985)
Somos el tiempo. Somos la famosa
parábola de Heráclito el Oscuro.
Somos el agua, no el diamante duro,
la que se pierde, no la que reposa.
Somos el río y somos aquel Griego
que se mira en el río. Su reflejo
cambia en el agua del cambiante espejo,
en el cristal que cambia como el fuego.
Somos el vano río prefijado,
rumbo a su mar. La sombra lo ha cercado.
Todo nos dijo adiós, todo se aleja.
La memoria no acuña su moneda.
Y sin embargo hay algo que se queda
y sin embargo hay algo que se queja.
***
Nous sommes le fleuve (Les Conjurés, 1985)
Nous sommes le temps. Nous sommes la fameuse
parabole d'Héraclite l'Obscur.
Nous sommes l'eau, pas le diamant inaltérable,
celle qui se perd, pas celle qui dort.
Nous sommes le fleuve et nous sommes ce Grec
qui se mire dans le fleuve. Son reflet
change dans l'eau du miroir changeant,
dans le cristal qui change comme le feu.
Nous sommes le vain fleuve inévitable
orienté vers sa mer. L'ombre l'a enveloppé.
Tout nous dit adieu, tout s'éloigne.
La mémoire ne bat pas monnaie.
Et pourtant il y a quelque chose qui reste
et pourtant il y a quelque chose qui se plaint.
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