In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 11 décembre 2011

Todd Hido - #9216-b (2010)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain Todd Hido (b.1968).
Natif de l’Ohio, Todd Hido est diplômé en beaux-arts de plusieurs universités américaines, dont la Tufts University, la Rhode Island School of Design et le California College of Arts and Crafts.
Parmi ses professeurs figure le photographe Larry Sultan (voir déc.2009), qui deviendra son mentor.

T. Hido - #10552-c (2011)
Paysages brumeux et portraits éthérés, le monde de Todd Hido est un monde de solitude et d'intimité, de mystère et de mélancolie. Hitchcock, Hopper, Lynch, sont parmi les influences qu'il revendique et qui transparaissent dans son travail : ainsi ses séries nocturnes de maisons suburbaines aux fenêtres éclairées, à mi-chemin entre documentaire et fiction, qui suggèrent des histoires silencieuses qu'il laisse au spectateur le soin d’imaginer.
I drive. I drive a lot. People ask me how I find my pictures. I tell them I drive around.
I drive and drive and mostly I don't find anything that is interesting to me. But then, something calls out. Something that looks sort of off or maybe an empty space. Sometimes it's a sad scene. I like that kind of stuff. So I take the photos and some are good. And so I keep driving and looking and taking pictures.
Pour découvrir son travail, c'est ICI.

SM2

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dimanche 4 décembre 2011

A. L. J. - Brume matinale sur l'Eure en novembre
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre paysagiste Alexandre Louis Jacob (1876-1972), figure discrète mais attachante de la peinture paysagiste française de la première moitié du XXe siècle.
Formé à l'Académie des Beaux-Arts, où il a suivi l'enseignement d'Eugène Claude, il s’inscrit dans la tradition post-impressionniste et naturaliste. Son style est immédiatement reconnaissable : compositions équilibrées, horizons ouverts, palette douce aux tonalités sourdes, souvent dominée par les verts, les gris et les bleus.
Il excelle à rendre la lumière diffuse des matins brumeux ou des fins d’après-midi d’automne ; son oeuvre, à l'atmosphère méditative, respire la quiétude et la sérénité.

A.L.J. - Éclaircie après la pluie
Je me souviens d'une phrase du peintre canadien A.J. Casson, présenté ici en mars 2010, et qui disait que peindre un paysage c'était capturer l'âme même de son existence.
L'oeuvre d'Alexandre Louis Jacob, restée en dehors des avant-gardes, témoigne d’un profond attachement à la nature, à la lumière, à un certain ordre paisible du monde. Cette vision de la nature très intimiste et à la fois empreinte de mystère me fait aussi penser, en littérature cette fois, à l'univers d'André Dhôtel. Il y a dans l'air un repos plein de fraîcheur...
SZ2
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samedi 3 décembre 2011

Theodore Roosevelt diary
Une image et des mots. Le journal de Théodore Roosevelt à la page du jeudi 14 février 1884.
Ce jour-là, celui qui dix-sept ans plus tard allait devenir  le 26ème président des États-Unis perdait sa mère et son épouse.

À ces mots, Fernanda sentit une brise légère et lumineuse lui arracher les draps des mains et les déplier dans toute leur largeur. Amaranta éprouva comme un frissonnement mystérieux dans les dentelles de ses jupons et voulut s'accrocher au drap pour ne pas tomber, à l'instant où Remedios la Belle commençait à s'élever dans les airs. Ursula, déjà presque aveugle, fut la seule à garder suffisamment de présence d'esprit pour reconnaître la nature de ce vent que rien ne pouvait arrêter, et laissa les draps partir au gré de cette lumière, voyant Remedios la Belle lui faire des signes d'adieu au milieu de l'éblouissant battement des ailes des draps qui montaient avec elle, quittaient avec elle le monde des scarabées et des dahlias, traversaient avec elle les régions de l'air où il était déjà plus de quatre heures de l'après-midi, pour se perdre avec elle dans les hautes sphères où les plus hauts oiseaux de la mémoire ne pourraient eux-mêmes la rejoindre.
Gabriel García Márquez, Cent ans de solitude (1967)
PS1

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dimanche 27 novembre 2011

Lee Cohen - Haïti (2010)
Le vide-grenier du dimanche.
Il y a des murs impensables, comme au delà des sept mers cette chaîne de montagnes fabuleuses qui pour les hindous sépare les mondes visible et invisible, ou comme le mur infinitésimal de Planck qui ceint l'univers et par delà lequel le temps devient imaginaire.
Il y a des murs invisibles aussi : des murs d'airain qui se dressent entre les hommes; ceux de l'incompréhension, du silence, et de l'oubli.
Et puis il y a aussi des murs réels, fragiles ou massifs : les murs aveugles, les murs "qui ont des oreilles", les murs domestiques où nichent le loir et le moineau, qui nous protègent de l'intempérie et soustraient notre intimité au regard d'autrui...
M. Cook - Stone walls

La première photo, de Lee Cohen, montre des livres ensevelis sous les décombres d’un immeuble après le séisme qui a ravagé Haïti en 2010. Des pans de murs effondrés, mais aussi ce qui survit encore du savoir, de la mémoire, de la vie ordinaire.
La seconde appartient à une série que Mariana Cook a consacrée pendant plusieurs années aux murs de pierre sèche. Ces murs-là ne sont ni spectaculaires ni menaçants ; ils dessinent des limites modestes, patientes. Son beau livre Stone Walls – Personal Boundaries, paru chez Damiani, en révèle la beauté discrète et silencieuse.
Mais il existe aussi des murs politiques : ceux qui divisent les peuples et matérialisent les peurs, les conflits ou les idéologies.
Dans "Des murs entre les hommes" (La Documentation Française, 2008)), Alexandra Novosseloff et Franck Neisse rappellent combien notre histoire demeure jalonnée de ces frontières hostiles : le mur de Berlin, celui d'Hadrien, les Peace Lines de Belfast, la frontière électrifiée entre l’Inde et le Pakistan, les barbelés de la zone démilitarisée coréenne, la ligne verte à Chypre, le mur entre les États-Unis et le Mexique, ou encore la Grande Muraille de Chine.
Parfois les murs protègent, parfois ils séparent. Mais ils disent toujours quelque chose des hommes qui les construisent.
Et pour faire tomber des murs, c'est ICI.

Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...