In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 5 décembre 2009

Baude Cordier - Partition (14e.s.)
Une image et des mots. L'image, c'est la partition d'une des premières oeuvres de l' Ars subtilior, le rondeau pour trois voix "Belle, bonne, sage", écrit sur une portée en forme de coeur par le compositeur français Baude Cordier au 14ème siècle.
Les mots que j'ai choisis pour l'accompagner sont d'Aldous Huxley et tirés de son roman "Île" (1962).

"Tout est sombre parce que vous cherchez trop passionnément, dit Susila. Sombre parce que vous voulez que ce soit clair. Songez à ce que vous me disiez lorsque j'étais enfant. Délicatement, petite, délicatement! Vous devez apprendre à tout faire avec délicatesse. Penser avec délicatesse, agir avec délicatesse, sentir avec délicatesse. Oui, sentir avec délicatesse, même si vous sentez profondément. Laissez venir les choses avec délicatesse et traitez les avec délicatesse. [.....] Débarrassez-vous donc de vos bagages et élancez-vous. Vous êtes au milieu de sables mouvants, qui enserrent vos pieds, qui essaient de vous attirer dans la peur, dans la pitié égoïste et dans le désespoir. C'est pourquoi il faut avancer avec délicatesse."

BC1
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dimanche 29 novembre 2009

Ilkka Lammi - My castle (1999)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre finlandais Ilkka Lammi (1976-2000), formé à la Porin Taidekoulu puis à l’Académie des beaux-arts d’Helsinki, où il acquiert une technique très maîtrisée héritée de la tradition académique. Après des débuts consacrés au paysage, il s’oriente surtout vers le portrait, plaçant souvent ses figures dans des espaces indéfinis, presque abstraits.
I. Lammi - Pariisitar (2000)

Mort à seulement vingt-quatre ans, il admirait particulièrement deux peintres nordiques : son compatriote Akseli Gallen-Kallela (voir mai 2009) et le Suédois Anders Zorn (voir juillet 2008).
Cette matière imprécise où l'une se blottit, et ce monde voilé sur lequel l'autre se penche, est-ce - comme le disait Magritte - l'apparence visible de la poésie lorsqu'elle est peinte ?
EW1

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dimanche 22 novembre 2009

M. Campeau - Sans titre n° 0154
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe québécois Michel Campeau (b.1948), membre fondateur à Montréal, en 1971, du Groupe d’action photographique (GAP), aux côtés notamment de Serge Laurin et Roger Charbonneau.
Le collectif défend alors une photographie attentive au quotidien, aux milieux populaires et aux gestes ordinaires, loin de toute idéalisation.
M.C. - Sans titre n° 7987

À partir des années 2000, Campeau entreprend un vaste travail consacré à la disparition du laboratoire argentique traditionnel. Chambres noires abandonnées, agrandisseurs, bacs, outils devenus inutiles : il photographie tout un univers technique en train de s’effacer.
Ces deux images, issues de la série Chambres noires, tiennent à la fois du document et de l’inventaire mélancolique. Elles montrent moins des lieux désertés que les traces matérielles d’une manière de voir et de fabriquer les images aujourd’hui presque disparue.
PT1

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samedi 21 novembre 2009

Käthe Kollwitz - Les survivants (1923)
Une image et des mots. L'image, c'est ce dessin par Käthe Kollwitz (1867-1945) d'une mère protégeant ses enfants.
E.Hillesum

Plus l’horreur est abyssale, plus les mots semblent dérisoires face à l’ampleur de ce qu’ils tentent d'exprimer, la douleur humaine et la lutte pour la survie en temps de guerre. Il faudrait une profusion infinie de paroles pour espérer en rendre compte, même si aucune ne saurait véritablement l’épuiser. Alors, face à l’indicible, c'est peut-être la sobriété qui s’impose comme la forme d’expression la plus juste.
La phrase d’Etty Hillesum, à la fois simple et bouleversante, ne cherche pas à tout dire, mais à toucher l’essentiel : un élan de compassion, fragile et immense, face à l’irréparable : "on voudrait être un baume versé sur tant de plaies". Il s'agit de la dernière ligne de Une vie bouleversée, le journal d'Etty Hillesum, gazée à Auschwitz le 30 novembre 1943.
Un chapitre lui est consacré dans le livre de Michel Terestchenko, Un si fragile vernis d'humanité.

Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...