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| E.C. - Riding the subway (1967) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe sud-africain Ernest Cole (1940-1990).
Né dans un township près de Pretoria, Cole découvre très tôt la photographie et s’y consacre rapidement, en grande partie en autodidacte. Il travaille d’abord pour la presse noire sud-africaine, notamment Drum, dans un contexte où les images sont encore peu perçues comme une menace par le pouvoir. Au début des années 1960, il commence à documenter de manière systématique les effets de l’Apartheid sur la vie quotidienne.
Pour pouvoir circuler et photographier plus librement, il parvient à se faire reclasser comme « coloured », ce qui lui donne accès à des lieux interdits à la plupart des Noirs.
Il travaille souvent discrètement, sans flash, parfois à la volée. Les images qui en résultent sont directes, sans mise en scène apparente, prises au plus près des situations.
Son livre House of Bondage, publié en 1967 après son départ clandestin d’Afrique du Sud, rassemble ces photographies. L’ouvrage est immédiatement interdit dans son pays, mais largement diffusé à l’étranger.
Ce n’est pas un événement isolé qui compte, mais une succession de scènes ordinaires : transports, files d’attente, logements, contrôles. C’est leur accumulation qui donne du sens à l’ensemble. Et ce qui frappe, c’est moins la violence – pourtant évidente – que la précision avec laquelle elle s’inscrit dans des gestes quotidiens. Rien n’est appuyé, mais rien n’est atténué non plus.
Contraint à l’exil, Cole poursuit son travail aux États-Unis, où il découvre une autre réalité, qui ne correspond pas à ce qu’il avait pu espérer. Son parcours s’en trouve fragilisé, et son œuvre reste longtemps dispersée, avant qu’un ensemble important de négatifs ne soit retrouvé en Suède en 2017.
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