In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 25 août 2024

F.K. - Nous étions des paysans (1931)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe français d'origine hongroise François Kollar (1904-1979). Arrivé en France dans les années 1920, il travaille d'abord comme tourneur et ajusteur chez Renault, et ce n'est qu'à partir de 1927 qu'il entre, presque par hasard, dans le monde de la photographie. Influencé par le mouvement moderniste, Kollar va se faire connaître pour ses images saisissantes de l'industrie et du monde du travail, qu’il capte avec un regard à la fois documentaire et profondément esthétique.

F.K. - Mineurs, Sin-le-Noble (1931)
Il appartient à cette génération de photographes qui ont contribué à affirmer la photographie comme un art à part entière. Membre du groupe Le Rectangle avec des figures comme René-Jacques (voir avril 2024) et Jean Dieuzaide (qui fera l'objet d'une future publication), , il se distingue autant par ses travaux publicitaires que par ses scènes de la vie quotidienne et ses reportages sur les ouvriers, empreints d’un humanisme sincère. Le travail de François Kollar témoigne d’un équilibre rare entre exigence formelle et engagement social — un art qui, tout en rendant hommage à la dignité du travail, célèbre la beauté des gestes et des machines.
BL1

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samedi 24 août 2024

B. Grondonck - Kermesse d'Oudenarde (1617)
Une image et des mots.
Voici une oeuvre du peintre et copiste flamand Bartholomeus Grondonck (1590s-1630s), réalisée d'après un tableau de 1602 par David Vinckboons (1576-1632).

C'est vrai qu'ils sont plaisants tous ces petits villages
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages

Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est d'être habités
Et c'est d'être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
La race des chauvins, des porteurs de cocardes
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part...
Georges Brassens - La ballade des gens...
TI6
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dimanche 18 août 2024

E.B-J. - The Annonciation
(1879)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre anglais Edward Burne-Jones (1833-1898), surnommé le dernier des préraphaélites.
Figure majeure du mouvement, il incarne cette quête d’un art idéal, empreint de beauté, de mystère et de poésie. Né à Birmingham, il étudie à Oxford, où il rencontre William Morris et Dante Gabriel Rossetti, dont l’influence sera décisive. Ensemble, ils rêvent d’un art libéré de l’académisme victorien, tourné vers les maîtres du Moyen Âge et de la Renaissance, où la ligne, la couleur et le mythe se répondent.
E. B-J - The mirror of Venus (1875)

Burne-Jones cherche moins à représenter le réel qu’à en révéler la part invisible. Grand maître du vitrail et de la tapisserie, il contribue aussi à renouveler les arts décoratifs aux côtés de Morris, dans une vision de l’art total.
Son œuvre, entre idéal médiéval et symbolisme naissant, trace un pont entre le romantisme finissant et la modernité du XXe siècle — un monde où la beauté reste une forme de résistance.

GH7

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dimanche 11 août 2024

Wouter Vanhees - Hanoi
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du belge Wouter Vanhees (b.1957), qui vit à Hanoi depuis 2015.  C'est là qu'il trouve la matière de son travail, dans les mutations et les contrastes liés à la croissance effrénée de ces grandes villes d'Asie, avec toutes les implications sociales que peut avoir une urbanisation accélérée.
W. Vanhees - Hanoi reflection

La forme d'une ville change plus vite, hélas, que le coeur des mortels, écrivait Baudelaire.
Et Wouter Vanhees, lui, s'interroge en la sillonnant la nuit sur son scooter : Hanoi perd sa peau, mais qu'en est-il de son esprit ?