In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 22 février 2026

Adelsteen Normann - Ships in the sunset
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre paysager norvégien Adelsteen Normann (1848-1918) grand maître des fjords et des lumières du Nord. Formé de 1869 à 1872 à l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf, Normann s’inscrit dans la tradition du paysage romantique tout en développant une sensibilité propre à la grandeur des paysages scandinaves. Il est notamment reconnu pour ses vues spectaculaires des fjords norvégiens, leurs eaux profondes et leurs montagnes austères.
Adelsteen Normann - Sunset
« Ce que je cherche à peindre, c’est le silence. »
Installé à Berlin à partir de 1883, il y joue un rôle important sur la scène artistique, allant jusqu’à inviter son compatriote Edvard Munch à y exposer ; c’est d’ailleurs là que sera peint Le Cri.
La peinture de Normann, amoureux des fjords, est une célébration ardente de la beauté naturelle et témoigne d’une profonde communion avec les paysages de son pays natal.
Il meurt en 1918, la même année que Schiele, mais, à l’opposé de ce dernier, son œuvre demeure tournée vers l’harmonie, la contemplation, et l'idée d'une nature immuable. « Dans les rêves d’enfance, les paysages ont ce silence et cette ampleur », écrivait T. E. Lawrence dans Les Sept Piliers de la sagesse.
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samedi 21 février 2026

L.D. - Mannequins, Nevada (1955)
Une image et des mots. Le cliché, pris sur le site de tests nucléaires de Yucca, dans le Nevada, est de l'américain Loomis Dean (1917-2005). Les mots pour aller avec sont de la philosophe Laure Devillairs, extraits de "La splendeur du monde" (2024) :

" Faut-il une disposition particulière pour aimer ce monde ? Doit-on être idéaliste pour voir en tout de la beauté ? Si l’on entend par ce mot le courage de croire qu’il demeure quelque chose à vivre de grand et d’inentamé, alors, oui, être capable de voir le beau témoigne d’idéalisme.
Ce n’est toutefois pas être aveugle à la laideur, qu’elle soit morale ou esthétique.
C’est nourrir la certitude que désespérer est trop facile. L’idéalisme n’autorise ni la naïveté ni le cynisme. Cette vie n’est ni l’enfer, où tout serait perdu, ni le paradis, où rien n’aurait besoin d’être défendu. C’est un fragile entre-deux, où il nous revient d’entrevoir parfois la beauté.
Ce n’est pas un luxe réservé à quelques privilégiés, artistes ou explorateurs.
C’est un salut à portée de nos yeux. Car lorsque ce monde nous offre sa beauté, ce n’est pas une simple consolation : c’est une guérison. Nous sommes relevés d’une chute, revenus d’un exil."
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dimanche 15 février 2026

Kiyoshi Saitō - Party (1963)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres, des estampes, de Kiyoshi Saitō (1907–1997), figure majeure du mouvement sōsaku hanga, un courant japonais du XXe siècle qui prônait une approche intégrale où l'artiste conçoit, grave et imprime lui-même ses œuvres. Autodidacte, Saitō développe un style sobre, épuré. Ses premières gravures semblent presque sculptées dans le bois : un réalisme en relief, discret, où l’on sent encore le froid des ruelles d’Aizu, sa région natale. C’est avec la série Hiver à Aizu, commencée en 1938, qu’il connaît ses premiers succès : maisons enneigées, silhouettes emmitouflées, lumière mate, sans effets ni fioritures.  

K.S. - Sato Horyu-Ji Nara (1962)

Puis, son style s’épure encore, se géométrise, et entre peu à peu dans une fusion très personnelle entre tradition japonaise et modernité occidentale.
Il disait que ses maîtres s’appelaient Gauguin, Matisse, Picasso, et ça se voit : les formes se simplifient, les volumes se perdent dans l’aplat, et les architectures comme les feuillages deviennent des motifs plus que des objets. Saitō intègre aussi les veinures du bois comme partie prenante de la composition : on appelle mokume-zuri ces impressions où la matière même du support entre dans l’image.
« Je travaille à créer une peinture sans pinceau, en utilisant uniquement la surface plane de la plaque », disait-il.

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Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...