In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 10 août 2025

R. Maltête - Au Pêcheur acharné
La veillée du dimanche. Deux nouveaux clichés du photographe français René Maltête (1930–2000), déjà présenté ici en novembre 2021. Deux images irrévérencieuses qui illustrent encore ce que j'aime dans son travail et montrent à quel point Maltête savait capter l’incongru dans le quotidien.
R.M. - Les 7 péchés capitaux

« Rien n’est plus nécessaire que l’humour, car il nous évite de souffrir des choses, face à notre impuissance individuelle à les modifier. »
Ces mots résument bien le regard de Maltête.
Son humour n’est pas une simple plaisanterie : c’est une manière de prendre de la distance avec le monde, de ne pas accepter passivement ce qui nous entoure. Ses images, légères et souvent drôles, nous font d’abord sourire, mais elles nous invitent aussi à regarder autrement le quotidien, à y découvrir l’inattendu, l’absurde et parfois une forme de poésie.
SL1

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dimanche 3 août 2025

L.K. - Life in the suburbs (2019)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre américain Leonard Kocianski (b.1952). Né à Cleveland, dans l’Ohio, il étudie au Cleveland Institute of Art puis à l’Université de Californie à Davis, où il est notamment marqué par l’enseignement de Wayne Thiebaud et par la pensée de R. Buckminster Fuller.
Ses peintures montrent souvent des lieux familiers : maisons de banlieue, intérieurs, scènes nocturnes, personnages dans des espaces ordinaires. Pourtant, quelque chose résiste immédiatement à une lecture tranquille. Une impression de malaise discret s’installe, sans qu’on sache toujours précisément d’où elle vient.
L.K. - Night lights

Ce qui me frappe, c’est cette tension que l'on ressent, qui transforme le familier en un espace de réflexion et d’étrangeté ; comme une dissonance qui s’installe sans qu’on sache vraiment à quoi l’attribuer. Elle tient sans doute aux oppositions lumineuses – ces intérieurs trop éclairés face aux zones d'ombre – mais pas seulement. Il y a aussi la manière dont les personnages semblent séparés, même lorsqu’ils partagent le même espace. Chacun paraît absorbé dans son propre silence, comme si la proximité rendait plus visible encore la distance qui les sépare.
Chez Kocianski, la banalité du quotidien devient ainsi le théâtre d’un trouble discret : la lumière ne rassure pas, elle révèle ce qui demeure invisible dans les relations humaines.
LB1

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samedi 2 août 2025

Béla Tarr - Damnation (1988)
Une image et des mots. L'image c'est cette capture d'écran d'une scène de Damnation, du cinéaste hongrois Béla Tarr.
Pour aller avec, j'ai pensé à un extrait de la dernière page de Matinales (1956), de Jacques Chardonne.

"La mélancolique possession de la matière ne m'a point gêné; je n'en ai pas voulu, justement. J'en ai retenu l'inexplicable; l'amour, quelquefois, et avec méfiance; la beauté, toujours; les "plaisirs" quand ils sont l'ombre du bonheur; "l'art pour l'art", au sens profond, qui n'est pas sur le plan strictement terrestre, du moins qui est un peu dégagé de la substance humaine la plus éphémère, et qui devient grossier dans la mesure où il s'y insère davantage; en somme, les signes étranges d'un monde qui n'est pas proprement humain.
De ce monde invisible, je me suis approché à reculons, refusant toutes les interprétations comme sacrilèges. Je me sens plus humble encore, plus ouvert à tout le possible, plus confiant dans le doute, à mesure que vient l'heure de l'oubli; et si le Dieu qui m'a créé doit me recevoir, je lui rendrai sa créature telle qu'il l'a faite, l'esprit aveugle et que je n'ai pu changer."
JC2

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