In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

samedi 3 mai 2025

Lectionnaire d'Henri III
Une image et des mots. En ce surlendemain de Fête du travail...
Ce que veut dire la parabole des ouvriers de la 11ème heure (Matthieu, 20), magnifiquement illustrée ici dans le lectionnaire d'Henri III (1017-1056), c'est que pour le Christ la récompense n'est pas proportionnelle à l'effort fourni, ("les derniers seront premiers, les premiers seront derniers").

Mais cette image peut aussi se lire comme une simple illustration narrative (et laïque) du travail et de sa rémunération. La scène du haut est une scène de travail, avec des ouvriers qui taillent la vigne et qui la sarclent; la scène du bas est celle du travail accompli et de la rémunération.
LR1

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dimanche 27 avril 2025

J. Sternfeld - McLean, Virginia (1978)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe Joel Sternfeld (b.1944), figure majeure de la photographie couleur contemporaine, déjà évoqué en juillet 2023 dans la chronique consacrée à Niall McDiarmid.
Formé à Dartmouth College, Sternfeld s’impose dans les années 1970 avec un regard singulier sur les paysages américains – à la fois distancié, ironique et profondément humain. 

J.S. - Potato harvest
Aroostook County
(1982)
Son œuvre la plus célèbre, American Prospects (1987), compose un vaste portrait du territoire et de ses habitants : des scènes banales, souvent traversées par une touche d’étrangeté, où la beauté du réel se teinte d’un léger désenchantement.
Ce qui me touche chez lui, c'est cette manière de mêler la rigueur du cadrage à une narration discrète : ses images racontent sans expliquer. Il y a souvent de l'humour, parfois de la mélancolie, mais toujours une attention profonde à la condition humaine - dans un décor où la nature, la lumière et les traces de l'activité humaine composent une sorte de chronique silencieuse de l'Amérique contemporaine.
WO2

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samedi 26 avril 2025

Ute de Naumbourg
Une image et des mots. À la question « Pourquoi l’homme est-il fasciné par la beauté ? », Aristote aurait répondu :
« C’est la question d’un aveugle ! ».
Voici un détail d’un chef-d’œuvre du gothique allemand, que l'on peut admirer dans la cathédrale de Naumbourg : la statue de Uta von Ballenstedt, margravine de Misnie, un État médiéval du Saint-Empire romain germanique. Elle aurait inspiré, chez Disney, le dessin de la marâtre de Blanche-Neige.
Pour l’accompagner, j’ai choisi un sonnet de Baudelaire, extrait des Fleurs du Mal (1857)

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Eternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris;
J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études;

Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

dimanche 20 avril 2025

W. Plewinski - Suzy, London (1968)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du photographe polonais Wojciech Plewinski (b.1928), figure discrète mais essentielle de la photographie polonaise d’après-guerre.
Formé à Cracovie, il s’est d’abord intéressé à l’architecture avant de se tourner vers la photographie dans les années 1950. Pendant plus de quarante ans, il collabore avec Przekrój, l'un des principaux magazines culturels de Pologne, pour lequel il réalise des milliers de portraits, souvent d’artistes, d’écrivains ou d’anonymes saisis dans la vie quotidienne.
W.P. - Witowice dolne (1976)

Mais Plewiński est plus qu’un portraitiste : il photographie aussi la scène théâtrale de Cracovie, les rues, les campagnes, les visages d’un pays en transformation, et de petites histoires humaines qui dépassent par leur signification la vie du seul être photographié. À ce titre, par son sens de la lumière, sa curiosité bienveillante et cette capacité à voir « plus » que le sujet, il rejoint la tradition humaniste d'un Boubat ou d'un Doisneau. Témoignage poétique de l'âme humaine, la photographie humaniste est un art de la rencontre, disait Martine Franck.

O. Redon - Cinq papillons (1912) Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres du peintre et graveur français Odilon Redon (1840–1916), figure s...