In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

dimanche 2 octobre 2022

A.K. - The renowned orders of the night (1997)

La veillée du dimanche. Deux œuvres d'Anselm Kiefer, déjà présenté en décembre 2009.
« Anselm Kiefer n'esquive rien », écrit Laurent Wolf dans Le Temps du 15 janvier 2006. « Il fait face à l'incroyable effondrement de l'espérance culturelle allemande qui, de la philosophie des Lumières, de la poésie romantique, de la musique et de la peinture – de Bach et Beethoven à Kant, Goethe, Novalis et Friedrich – conduit au triomphe d'Hitler et pose le problème de la raison et de l'héritage. »
A.K. - Lot's wife (1989)

Avec ses peintures, sculptures et installations monumentales, Kiefer explore en effet l'histoire, la mémoire et la culture allemandes.
Ses paysages d'arbres calcinés, recouverts de cendre – « ce reste sans reste », disait Derrida – évoquent la ruine et ce qui subsiste après la destruction.
L'emploi de matériaux comme le plomb, la cendre, la paille, le verre, la terre ou les végétaux donne à ses œuvres une présence très particulière, à mi-chemin entre peinture et sculpture. Souvent associé au néo-expressionnisme, Kiefer a pourtant développé une œuvre très personnelle, nourrie de mythologie, de philosophie, de théologie et de poésie.
Chez lui, peindre n'est jamais seulement représenter. C'est travailler avec les traces de ce qui a disparu, avec les blessures de l'histoire, mais aussi avec ce qui peut encore naître après la destruction.
 © Veilleur de Nuit – 2022

DG4
ICI

samedi 1 octobre 2022

Ali Asadi - Iran (2013)
Une image et des mots. Voici un cliché de l'iranien Ali Asadi, où l'on devine sous son voile le visage douloureux d'une femme, à l'occasion sans doute d' Achoura. C'est chez les chiites le jour qui commémore la mort de l'iman Hussein, petit-fils du prophète Mahomet.
Pour aller avec, quelques lignes de la grande Colette extraites des Vrilles de la vigne (1908) :

Je veux faire ce que je veux. Je veux jouer la pantomime, même la comédie. Je veux danser nue, si le maillot me gêne et humilie ma plastique. Je veux me retirer dans une île, s'il me plaît, ou fréquenter des dames qui vivent de leurs charmes, pourvu qu'elles soient gaies, fantasques, voire mélancoliques et sages, comme sont beaucoup de femmes de joie. Je veux écrire des livres tristes et chastes, où il n'y aura que des paysages, des fleurs, du chagrin, de la fierté, et la candeur des animaux charmants qui s'effraient de l'homme... Je veux sourire à tous les visages aimables, et m'écarter des gens laids... Je veux chérir qui m'aime, et lui donner tout ce qui est à moi dans le monde : mon corps rebelle au partage, mon coeur si doux et ma liberté !
MK6

ICI

dimanche 25 septembre 2022

C.G. Carus - Femme au balcon (1824)

La veillée du dimanche. Deux œuvres de Carl Gustav Carus (1789-1869), déjà publié ici en juillet 2015. Figure importante du romantisme allemand, Carus fut à la fois peintre, médecin, naturaliste et psychologue. Il n’a jamais dissocié ses recherches scientifiques de sa quête artistique : chez lui, l’observation du vivant et la contemplation du monde participent d’une même volonté de comprendre les liens entre le corps, la nature et l’âme.
Après avoir étudié la médecine, la philosophie et les sciences naturelles à Leipzig, il y enseigne l’anatomie comparée avant de s’installer à Dresde, où il devient professeur d’obstétrique et directeur de l’hôpital de maternité. En 1827, il est nommé médecin personnel du roi de Saxe. Parallèlement, il poursuit ses recherches sur l’anatomie et la psychologie et développe une réflexion sur l’inconscient qui influencera plus tard Carl Jung.
« La clé de la connaissance de la nature de l’âme est à chercher dans le règne de l’inconscient », écrit-il en 1846 dans Psyché, histoire du développement de l’âme humaine.

C.G.C. - Chênes en bord de mer (1835)
Proche de Caspar David Friedrich et de Johann Christian Dahl, Carus partage avec eux une conception profondément spirituelle de la nature. Ses paysages, souvent baignés d’une lumière douce ou crépusculaire, ne cherchent pas seulement à reproduire ce que l’on voit : 
ils invitent à une forme de contemplation.
« Quels sentiments t'envahissent lorsque, gravissant le sommet des montagnes, tu contemples la longue suite des collines et le cours des fleuves ? » écrivait-il.
« Tu te recueilles dans le silence, tu te perds toi-même dans l’infinité de l’espace, tu sens la pureté envahir ton être, tu oublies ton moi. »
Tout comme dans la science, Carus voyait dans l’art un chemin vers les vérités cachées.
Chez lui, la peinture de paysage devient ainsi une manière de regarder le monde et, à travers lui, de regarder aussi en soi.
 © Veilleur de Nuit – 2022

WM7
ICI

E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...