In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 1 mai 2022

P. van Lint - Le travail récompensé
La veillée du dimanche. Pour ce 1er mai, une belle allégorie de Pieter van Lint (1609-1690), où le Travail est récompensé par l'Abondance et la Paix, sous le regard bienveillant de Minerve et du Temps. Originaire d’Anvers, Van Lint appartient à la génération baroque flamande marquée par l’influence de Rubens.
Élève d’Artus Wolffort, il devient maître de la guilde de Saint-Luc en 1632, avant de séjourner plusieurs années en Italie – à Rome puis à Naples – où il découvre le classicisme des Carrache et affine son sens de la composition.

P. van Lint - Voyageurs endormis
De cette expérience, il retiendra l’équilibre et la clarté italiennes qu’il associera à la richesse de la tradition flamande. Ses œuvres religieuses, mais aussi ses scènes allégoriques et ses portraits, se distinguent par une lumière douce, des couleurs nuancées et une grande attention aux expressions humaines. De retour à Anvers, il répond à de nombreuses commandes ecclésiastiques, réalise des esquisses pour fresques et retables, et produit également des illustrations pour des ouvrages dévotionnels, dans un style où se mêlent intensité religieuse et élégance classique.
Moins célèbre que Rubens ou Van Dyck, Pieter van Lint n’en demeure pas moins une figure importante du baroque anversois. Son œuvre témoigne d’un équilibre rare entre l’éloquence flamande et l’harmonie italienne.

GF3

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dimanche 24 avril 2022

J. Mehoffer - Soleil de mai (1911)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre polonais Józef Mehoffer (1869–1946), formé à l’Académie des beaux-arts de Cracovie, où il enseignera à partir de 1902. Figure majeure de l’Art nouveau et du symbolisme en Pologne, il fut l’un des acteurs essentiels du mouvement moderniste Jeune Pologne, aux côtés de son ami Stanisław Wyspiański, avec lequel il incarne l’esprit de la Sécession polonaise.
J.M. - Place Pigalle (1894)

Sensible aux arts décoratifs comme à l’héritage religieux de son pays, Mehoffer a développé un univers raffiné où se mêlent couleurs délicates, motifs ornementaux et imaginaire symboliste.
Son œuvre demeure l’une des expressions les plus originales de la modernité polonaise du début du XXᵉ siècle.

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samedi 23 avril 2022

Christ died for our Donuts
Une image et des mots.
Le Christ est mort pour nos Donuts. Pour accompagner cette image, dont j'ignore la provenance et dont j'apprécie la malice, voici quelques lignes d'un ouvrage passionnant de l'historienne Maguelonne Toussaint-Samat : Histoire naturelle et morale de la nourriture (2013).

Née du seul désir de s'enrichir, la colonisation, toujours évidemment accompagnée de violences, ne s'embarrassait pas du désir de "civiliser". Alors, afin de remplacer les populations amérindiennes rapidement décimées, on videra l'Afrique noire de sa "substance humaine" et, au nom de la civilisation et par la grâce de ces nouvelles habitudes alimentaires venues d'ailleurs, de ces superflus devenus indispensables, du sucre, du chocolat, du café, du thé et de bien d'autres gourmandises, commencera un véritable roman d'aventures en autant d'épisodes qu'il y avait de rayons chez l'épicier, un roman haut en goût, en couleur, mais aussi en jouissances et en effrois. Un roman dont le prologue avait, du reste, été écrit depuis des siècles...

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dimanche 17 avril 2022

J. Avati - Tobacco Road (1951)

La veillée du dimanche. Deux œuvres de James Avati (1912-2005), illustrateur et peintre américain surtout connu pour ses couvertures de romans de poche populaires qui ont marqué l'esthétique du milieu du XXe siècle. 
Surnommé le « roi des livres de poche » (King of the Paperbacks), Avati a profondément influencé l’imaginaire visuel de la littérature populaire d’après-guerre.
Collaborant principalement avec la New American Library pour la collection Signet, il a illustré les ouvrages d’auteurs tels que William Faulkner, Erskine Caldwell, J.D. Salinger ou Tennessee Williams.
J. A. - Street scene (1953)

Ses couvertures, construites à partir de photographies soigneusement mises en scène, frappent par leur justesse et leur intensité émotionnelle. On y lit la fatigue, la peur, le désir ou la tendresse – toute la palette des sentiments humains.
En donnant à ces instants de vie une force presque cinématographique, James Avati a donné à la couverture de livre de poche une ambition artistique rarement reconnue à l’époque. Ses images restent aujourd’hui associées à toute une mémoire visuelle de l’Amérique des années 1950 et 1960.

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