| KC1 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
samedi 17 avril 2021
dimanche 11 avril 2021
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| R.G. - série L'oeil de l'amour (1952) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe suisse René Groebli, déjà présenté sur ce blog le 8 août 2010. Formé à l'École des Arts et Métiers de Zurich, il commence sa carrière dans la photographie documentaire, notamment avec ses reportages consacrés à l'industrie ferroviaire.
Sa série Rail Magic (1949) est emblématique de cette période, avec ses jeux de lumière et de mouvement qui rendent hommage à l'esthétique industrielle.
Mais Groebli va bientôt s'intéresser à une photographie plus personnelle, où l'expérimentation formelle se met au service de thèmes plus intimes : la mémoire, le temps qui passe, les liens amoureux. Son travail le plus connu, L'Œil de l'Amour (1954), déjà évoqué dans ma publication d'août 2010, est consacré à son épouse Rita. Cette série capture avec tendresse des moments de la vie de couple en faisant de chaque geste un fragment poétique du quotidien amoureux.
dimanche 4 avril 2021
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| William Hawkins - Untitled |
Le Smithsonian American Art Museum (SAAM) nous apprend que né et élevé dans une ferme du Kentucky, il apprit à dessiner en recopiant des illustrations de brochures de ventes aux enchères de chevaux ou des images de calendriers. À vingt et un ans, il s’installe à Columbus, dans l’Ohio, où il exerce différents métiers avant de se consacrer plus tardivement à la peinture.
Entièrement autodidacte, Hawkins puise son inspiration dans son expérience de la vie rurale, du travail manuel et de la culture populaire américaine. Il peint souvent sur des matériaux de récupération, notamment du contreplaqué, dont la surface brute participe pleinement à l'expression de ses œuvres.
Le style de Hawkins se distingue aussi par ses couleurs éclatantes et ses formes simplifiées, parfois proches de l'abstraction, au trait volontairement enfantin et cernées de lignes épaisses et noires. Il représente fréquemment des animaux, des monuments ou des icônes religieuses dans des proportions exagérées, avec une manière très personnelle de jouer avec la perspective et la composition. Enfin, il ajoute souvent du texte à ses œuvres, inscrivant notamment sa signature et sa date de naissance sur toute la largeur de la toile, ce qui renforce encore leur caractère narratif.
samedi 3 avril 2021
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| (A/U) |
Je l'associerai à quelques mots du chantre du Gai savoir, Nietzsche, extraits du Voyageur et son ombre (1879) :
Il y a un mépris hypocrite de toutes les choses qu’en fait les hommes regardent comme les plus importantes, de toutes les choses prochaines.
On dit, par exemple : « On ne mange que pour vivre »,– mensonge exécrable, comme celui qui parle de la procréation des enfants comme du dessein propre de toute volupté.
Au rebours, la grande estime des « choses importantes » n’est presque jamais entièrement vraie : quoique les prêtres et les métaphysiciens nous aient accoutumés en ces matières à un langage hypocritement exagéré, ils n’ont pas réussi à changer le sentiment qui n’attribue pas à ces choses importantes autant d’importance qu’à ces choses prochaines méprisées.
[…..] Socrate déjà se mettait de toutes ses forces en garde contre cette orgueilleuse négligence de l’humain au profit de l’homme, et aimait, par une citation d’Homère, à rappeler les limites et l’objet véritable de tout soin et de toute réflexion :
« C’est, disait-il, et c’est seulement ce qui chez moi m’arrive en bien et en mal ».
Épicure, l’homme qui calma les âmes de l’antiquité finissante, eut cette vue admirable, si rare à rencontrer aujourd’hui encore, que, pour le repos de la conscience, la solution des problèmes théoriques derniers extrêmes n’est pas du tout nécessaire.
Il y a un mépris hypocrite de toutes les choses qu’en fait les hommes regardent comme les plus importantes, de toutes les choses prochaines.
On dit, par exemple : « On ne mange que pour vivre »,– mensonge exécrable, comme celui qui parle de la procréation des enfants comme du dessein propre de toute volupté.
Au rebours, la grande estime des « choses importantes » n’est presque jamais entièrement vraie : quoique les prêtres et les métaphysiciens nous aient accoutumés en ces matières à un langage hypocritement exagéré, ils n’ont pas réussi à changer le sentiment qui n’attribue pas à ces choses importantes autant d’importance qu’à ces choses prochaines méprisées.
[…..] Socrate déjà se mettait de toutes ses forces en garde contre cette orgueilleuse négligence de l’humain au profit de l’homme, et aimait, par une citation d’Homère, à rappeler les limites et l’objet véritable de tout soin et de toute réflexion :
« C’est, disait-il, et c’est seulement ce qui chez moi m’arrive en bien et en mal ».
Épicure, l’homme qui calma les âmes de l’antiquité finissante, eut cette vue admirable, si rare à rencontrer aujourd’hui encore, que, pour le repos de la conscience, la solution des problèmes théoriques derniers extrêmes n’est pas du tout nécessaire.
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