In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 3 janvier 2021

Richard Prince - Untitled Cowboy
La veillée du dimanche. Cette année, comme depuis plus de dix ans, je m’efforcerai de publier chaque dimanche deux œuvres d’un artiste que – la plupart du temps – j’aime assez pour m’intéresser à son travail. Aujourd’hui fait exception. Le propos de cette publication est de réveiller, sans y répondre, la sempiternelle question : qu'est-ce que l'art ? Qu'y-a-t-il de commun entre les chefs-d'œuvre de la Renaissance italienne et les sculptures de Jeff Koons ? 
A. Gursky - Rhein II (1999)

Ces deux clichés figurent, avec d'autres – ceux de Cindy Sherman notamment –, parmi les photographies les plus chères jamais vendues.
La première, Untitled (Cowboy) de Richard Prince, a été acquise en 2008 pour 3,4 millions de dollars chez Sotheby’s à New York. C’est une photographie d’une photographie : Richard Prince a simplement photographié une publicité Marlboro publiée dans un numéro du magazine Time, donnant à cette démarche le nom de "rephotography". L'auteur de l'image originale, rémunéré quelques centaines de dollars à l'époque, a tenté un procès, mais en vain.
Le second cliché est d'Andreas Gursky. Après avoir déjà dépassé plusieurs fois les 3 millions de dollars avec 99 Cents (voir publication d'octobre 2011), il bat en 2011 le record de la photographie la plus chère vendue aux enchères avec Rhein II, adjugée 4,3 millions de dollars chez Christie’s à New York. La photographie, prise en 1999, a été largement retravaillée numériquement : Gursky a notamment supprimé plusieurs éléments du paysage pour obtenir cette image presque abstraite du Rhin.
Deux œuvres qui, si elles ne nous apportent aucune réponse sur la nature de l'art, en disent long sur celle de son marché – et peut-être, plus largement, sur celle de notre monde.
Quant au Phantom de Peter Lik, ICI, il se serait vendu pour 6,5 millions de dollars.
 © Veilleur de Nuit – 2021

MO2

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samedi 2 janvier 2021

Anon. - BHL à Vilnius (2020)
Une image et des mots. Écoutons l' Ecclésiaste (v.250 av. J.-C.) : 
"Vanité des vanités, dit Qohélet ; vanité des vanités, tout est vanité. [...] Le vent part au midi, tourne au nord, il tourne, tourne et va, et sur son parcours retourne le vent. [...] Moi, Qohélet, j'ai été roi d'Israël à Jérusalem. [...] J'ai regardé toutes les oeuvres qui se font sous le soleil :
Eh bien, tout est vanité et poursuite de vent !"

Un grand homme ...
J'ignore qui est l'auteur de ce cliché intéressant, pris le 19 août 2020 à Vilnius, et où l'on surprend BHL qui se hisse sur la pointe des pieds pour dominer de la tête et des épaules ses amis Kurdes. Les mots pour l'accompagner sont de La Bruyère, extraits des Caractères (1688).
Théognis est recherché dans son ajustement, et il sort paré comme une femme ; il n'est pas hors de sa maison, qu'il a déjà ajusté ses yeux et son visage, afin que ce soit une chose faite quand il sera dans le public, qu'il y paraisse tout concerté, que ceux qui passent le trouvent déjà gracieux et leur souriant, et que nul ne lui échappe. Marche-t-il dans les salles, il se tourne à droite, où il y a grand monde, et à gauche, où il n'y a personne ; il salue ceux qui y sont et ceux qui n'y sont pas. Il embrasse un homme qu'il trouve sous sa main, il lui presse la tête contre sa poitrine ; il demande ensuite qui est celui qu'il a embrassé. [.....]

BD12
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