In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 22 juin 2019

H.R. - Garden of Eden (1901)
Une image et des mots. Il y a des tableaux qu'on aime pour leur sujet, ou bien pour leur composition, ou encore pour l'univers dans lequel ils nous invitent... De celui-ci, "Garden of Eden" (1901) de l'anglais Hugh Goldwin Riviere (1869-1956), j'aime tout : le sujet, la composition, les nuances, les attitudes des personnages, les beaux sentiments qu'ils expriment, et l'histoire – celle qu'il raconte, mais aussi celle de sa réalisation.
Le jeune couple que Rivière représente sous la pluie dans les jardins de Kensington est réellement amoureux : Beatrice Langdon-Davies, sa belle-sœur, est alors fiancée à Percy Silley, un jeune architecte. Ils posent ensemble pour le tableau, étroitement chaperonnés, et se marient peu après son achèvement. Pour eux, la grisaille, le froid et la pluie du jardin semblent ne plus exister : ils sont seuls au monde, et leur petit coin de Kensington devient leur jardin d’Éden.
Je pense à ces trois vers de William Wordsworth...

Serene will be our days and bright,
and happy will our nature be,
when love is an unerring light...
CJ3

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dimanche 16 juin 2019

E. Gageiro - Nazaré (1962)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe et photojournaliste portugais Eduardo Gageiro (b.1935).
Dès l'âge de vingt-deux ans, il collabore aux principaux journaux et magazines portugais. Il se fait connaître internationalement par ses photographies prises lors des événements tragiques des Jeux olympiques de Munich de 1972, puis, deux ans plus tard, pour ses reportages sur la Révolution des Oeillets, qui met fin à près d'un demi-siècle de dictature salazariste au Portugal.
E.G. - Barreiro (1972)

Il est l'auteur de la photo devenue emblématique du capitaine Salgueiro Maia qui, au moment où il comprend que le régime est en train de s'effondrer, se mord la lèvre pour contenir son émotion.
Il devient par la suite le photographe officiel du président António Ramalho Eanes.
Dans la tradition de la grande photographie humaniste, Eduardo Gageiro  porte le même regard attentif sur les grands moments de l’Histoire que sur les émotions plus discrètes de ceux qui les vivent.
 © Veilleur de Nuit – 2019

VM1
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dimanche 9 juin 2019

J.G.M. - Petits mendiants (1880)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre allemand Johann Georg Meyer (1813-1886), déjà présenté ici en février 2010 et dont j’avais envie de reparler. Formé à l'Académie de Düsseldorf, il commence par peindre des sujets bibliques avant de s’orienter vers un univers plus intime : l’enfance, les intérieurs paysans de la Hesse, la vie quotidienne des familles modestes.
Enfants absorbés dans leurs jeux ou leurs leçons, jeunes mères attentives, artisans et paysans au travail : Meyer von Bremen met en scène un quotidien familier, avec une grande attention aux détails et un vrai sens de la narration.
J.G. Meyer von Bremen 
Jeune mère et son enfant (1880)


Ce qui me séduit dans ses tableaux, ce n’est pas tant leur virtuosité technique que leur pouvoir d’évocation et leur valeur documentaire, une question que j’évoquais déjà dans une publication du 26 juillet 2015.
J’aime la manière dont ils fixent les gestes, les intérieurs et les habitudes d’un monde qui n’existe plus. On y découvre une société encore très attachée à ses rythmes ruraux, mais où apparaissent déjà d’autres façons de vivre et de penser. Ses toiles se regardent ainsi autant avec émotion qu’avec curiosité, comme les témoignages très précis d’une époque révolue.
 © Veilleur de Nuit – 2019

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