In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 2 juin 2018

Franziskus Pfleghart - After the storm (2017)

Une image et des mots. L'image est du photographe allemand Franziskus Pfleghart (b.1959).
Les mots pour l'accompagner sont extraits d'un poème de l'américaine Maya Angelou sur la résilience :


You may write me down in history
With your bitter, twisted lies,
You may trod me in the very dirt
But still, like dust, I'll rise.
[.....]
Did you want to see me broken?
Bowed head and lowered eyes?
Shoulders falling down like teardrops,
Weakened by my soulful cries?
[.....]
Leaving behing nights of terror and fear
I rise
Into a daybreak that's wondrously clear
I rise
Bringing the gifts that my ancestors gave,
I am the dream and the hope of the slave.
I rise
I rise
I rise.

***
(traduction libre)
Pourtant je m'élève

Vous pouvez bien me rabaisser
Avec vos mensonges vicieux et amers,
Vous pouvez me traîner dans la boue,
Et pourtant, comme la poussière, je m'élève.
[.....]
Vouliez-vous me voir abattu?
Tête basse et les yeux baissés?
Les épaules tombantes comme des larmes,
Affaibli par mes pleurs déchirants?
[.....]
Tournant le dos à des nuits de terreur et d'effroi
Je m'élève
Dans une aube merveilleusement claire
Je m'élève
Portant les présents de mes ancêtres,
Je suis le rêve et l'espoir de l'esclave.
Je m'élève
Je m'élève
Je m'élève.

JB6

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dimanche 27 mai 2018

A.S. - Der Nachtwächter (1890)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'allemand August Splitgerber (1844-1918). Élève de Hermann Anschütz à l’Académie des beaux-arts de Munich à partir de 1861, il appartient à cette génération de peintres réalistes allemands de la fin du XIXᵉ siècle attachés à une observation attentive du quotidien. Ami proche de Wilhelm Leibl, Splitgerber expose dès 1879 au Glaspalast de Munich et participe régulièrement aux grandes expositions allemandes, jusqu’à obtenir une médaille à Londres en 1890. Ses paysages, qu’ils soient estivaux ou baignés par la douceur de l’automne, témoignent d’une grande minutie et d’un goût pour les détails familiers : jardins, animaux, chemins villageois, scènes de la vie ordinaire.

A.S. - Alt München (1891)
Si son nom est aujourd’hui moins connu que celui de certains grands maîtres de son époque, Splitgerber demeure un peintre attachant, attentif aux lieux et aux instants modestes. Mais pour cette publication, j’ai choisi deux scènes urbaines, parce qu’elles illustrent ce que j’apprécie particulièrement dans l’art : sa capacité à nous transmettre, au-delà du plaisir esthétique, la mémoire d’un temps et d’un lieu. À côté du Veilleur de nuit, cette vue du vieux Munich avec son marché aux victuailles devant le café Groeber – démoli seulement deux ans plus tard – témoigne avec scrupule et sensibilité de la vie quotidienne à son époque, et nous offre un regard sur le passé que seule la peinture pouvait fixer alors avec autant de finesse.

IW1

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dimanche 20 mai 2018

M.S. - Millenium Wheel (1999)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe anglais Matt Stuart (b.1974), membre de Magnum Photos et du collectif de photographes de rue In-Public. Formé à l’Université de Brighton, il s’est fait connaître par ses images de la vie urbaine londonienne, où il saisit les rencontres inattendues, les coïncidences visuelles et les petits moments d’absurdité du quotidien. Influencé par Henri Cartier-Bresson et Martin Parr, privilégiant ces instants fugaces où le hasard semble organiser la scène, il travaille souvent en noir et blanc mais ne dédaigne pas la couleur lorsqu’elle contribue à la composition et à l’impact de l’image. Ses photographies, à la fois drôles et percutantes, jouent avec les surprises de la rue, ces rencontres imprévues entre les gestes, les silhouettes et les signes de la ville. Ainsi, Matt Stuart montre que la rue peut se transformer en un théâtre inattendu où chaque instant peut révéler une scène inattendue, drôle ou légèrement absurde.

M.S. - London, Oxford Street (2014)
De ce cliché, ci-dessus, pris à ses débuts, il raconte qu’il s’agit de la première photographie qu’il a jugée digne d’être conservée, ICI...
Ce jour-là, il avait photographié pendant quelques minutes un homme observant la construction de la Millennium Wheel et pris tout un rouleau de pellicule. Une seule image fonctionnait vraiment : celle-ci, où, par chance, la selle du vélo n’était pas coupée.
Le second cliché, où des index levés accompagnent un slogan inscrit sur le flanc d'un autobus, est encore un belle illustration de l'opportunisme et de l'humour délicat de Matt Stuart.
EA1

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samedi 19 mai 2018

Picasso - Cabeza de toro (1943)
Une image et des mots. Cette oeuvre de Picasso, et ce qu'il en dit, illustrent pour moi l'essence même de l'inspiration.

"Un jour j'ai trouvé dans un tas de ferraille une vieille selle de vélo à côté d'un guidon rouillé. Immédiatement, les deux objets se sont associés dans mon imagination. L'idée de la tête de taureau m'est venue à l'esprit sans réfléchir. Je n'ai eu qu'à les souder.
[....] Peut-être aurais-je dû jeter la tête de taureau, la jeter dans un ruisseau, n'importe où, mais la jeter. Alors un ouvrier serait passé et l'aurait ramassée. Peut-être se serait-il rendu compte qu'avec cette tête de taureau il pouvait faire une selle et un guidon de vélo.
Et il l'aurait fait. Ça aurait été extraordinaire."

C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...