In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 7 janvier 2018

H. Sohlberg - Street in Roros (1902)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre et aquarelliste norvégien Harald Sohlberg (1860-1935). Formé à l'École des arts et métiers de Christiania (aujourd'hui Oslo), puis à l'Académie royale des beaux-arts de Stockholm, il occupe une place importante dans l'art norvégien du début du XXème siècle.

H.S. - Winter night in Rondane
(1914)
Son oeuvre, qui s'inscrit dans le courant néoromantique, est marquée par ses représentations presque métaphoriques de la nature, d'une poésie souvent empreinte de symbolisme.
Son tableau Nuit d'hiver à Rondane  en est un exemple : décliné en plusieurs versions avec des techniques différentes - la plus célèbre est celle-ci, peinte en 1914 et conservée à la Nasjonalgalleriet d'Oslo - il montre comment Sohlberg sait mêler précision naturaliste et atmosphère onirique. Chaque nuance crée une sensation de silence et de mystère ; elle révèle l’âme des paysages norvégiens avec cette profondeur poétique qui toujours traverse son œuvre.
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samedi 6 janvier 2018

(A/U)
Une image et des mots. Amazonie, indiens yanomamis. Le texte est extrait du petit ouvrage de Patrick Boucheron, "Un été avec Machiavel", aux Éditions des Équateurs.

Souhaitez-vous parvenir au but que vous désirez ? Faites alors comme le bon archer. Il place sa mire plus haut que la cible, non pour la dépasser, mais pour l’atteindre. Autrement dit, visez haut pour viser juste. La métaphore est tirée de la rhétorique classique ; Machiavel en use pour justifier le fait qu’il place dans ses œuvres politiques, et notamment dans Le Prince, les « très grands exemples » d’hommes illustres comme des guides pour l’action. En termes de langage politique, d’éducation, ou simplement dans la manière de conduire sa propre vie, on devrait toujours se souvenir de cette leçon : se donner des exemples élevés n’est pas présumer de ses capacités, c’est au contraire, écrit Machiavel, "savoir jusqu’où va la force de son arc".
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lundi 1 janvier 2018

Meilleurs voeux ! Dix ans de publications… En survolant ce blog, je constate que l’art qui m’attire est celui auquel je réagis le plus intimement, d’une façon qu'il me prendrait du temps de définir.
Coups de cœur, coups de tête, il n’y a eu ni fil conducteur rigoureux, ni classement méthodique par écoles, genres ou hiérarchies artistiques.
Pas de grandes théories savantes ou d’analyse académique.
Ce blog n’est donc pas une encyclopédie et ne prétend pas à l’érudition. Il suit simplement le fil de mes goûts, évidemment subjectifs et parfois contradictoires.
On pourrait y voir des lacunes : pourquoi tel grand maître manque-t-il à l’appel ? Pourquoi une chronique sur un peintre du dimanche succède-t-elle à une publication consacrée à un génie incontestable ? Pourquoi certaines publications sont-elles brèves et d’autres plus développées ? Simplement parce que ce blog n’a pour ambition que de partager mon regard au moment où je choisis un sujet, en fonction de ma sensibilité, de mon humeur, et parfois, tout simplement, du temps dont je dispose pour en parler... Il ne s’adresse ni aux historiens ni aux universitaires, mais à des lecteurs comme moi : curieux, amateurs, passionnés, ou simples visiteurs en quête d’une rencontre plutôt que d’une leçon. C’est vrai aussi, de Purcell à Nick Cave, pour la musique qui accompagne ces publications.
Ce que j’aime le plus dans une œuvre d’art, ce n’est pas forcément sa qualité technique ou son originalité. C’est aussi - et peut-être surtout - l’histoire qu’elle me raconte, ou mieux encore, celle qu’elle me permet de me raconter. Une œuvre peut être remarquablement exécutée ou magistralement pensée, mais si elle ne m’évoque rien, si elle ne nourrit pas mon imaginaire ou ne m’invite pas à voyager, alors elle m’échappe.
Donc, pas d’exhaustivité ni d’analyse savante… Pour moi, et pour paraphraser Robert Filliou, l’art c’est simplement ce qui rend la vie plus belle que l’art.

D’ailleurs, en parlant de Filliou, je remarque le peu de place que j'ai accordé à l’art contemporain ou conceptuel. Ce n’est pas par rejet ni par snobisme, et non plus – en tous cas j'espère – par ignorance, mais parce que l’art contemporain, avec ses références complexes et ses détours parfois très cérébraux, me déroute beaucoup plus qu'il ne m'émeut. J’ai lu, visité, exploré, et il y a des œuvres modernes qui me touchent vraiment. Pour être honnête, c’est un univers où je ne me sens pas toujours à l’aise. Parfois, je doute de sa sincérité, et je l’aborde toujours avec réserve
Quand je publie Hanson (août 2014), c’est parce que sa sculpture me plaît, qu’elle me touche, ou me stimule intellectuellement. Quand je publie Gursky (oct.2011), je le fais un peu tongue-in-cheek. Alors je pourrais m’y plonger davantage, me documenter davantage, mais mon rapport à l’art reste avant tout instinctif. Et si je parle plus de préraphaélisme que de l’abstraction lyrique de Twombly ou de street photography plus que de photographie conceptuelle, c’est sans doute parce que j’y trouve un terrain plus familier, un ancrage solide dans un monde que je comprends mieux.
Alors ce blog peut sembler désordonné, parfois désinvolte, mais il obéit à une seule règle : laisser parler l’émotion. Merci de suivre ce chemin avec moi, aussi sinueux soit-il.
À l’art, à ses mystères, et à tous ceux qui l’aiment à leur façon, qu’il soit pour eux une source de plaisir ou une forme de consolation. Seul l'art - nous dit Aharon Appelfeld - a le pouvoir de tirer la souffrance de l’abîme.
Meilleurs voeux !
BD7

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