In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 1 mars 2015

B.Dziworski - Poursuite (1970)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe et réalisateur polonais Bogdan Dziworski (b.1941), figure singulière du documentaire polonais, à la croisée du cinéma, de la photographie et de l'expérimentation visuelle. Diplômé de la prestigieuse École nationale de cinéma de Łódź en 1965, il s'est imposé comme l'un des représentants les plus originaux du « documentaire créatif » polonais, auteur de nombreux documentaires au studio de cinéma éducatif de Lodz, mais aussi de photographies tout empreintes de poésie et d'humour.
B.Dziworski - Lodz (1966)

Sa manière de saisir la vie d'un pays meurtri par l'Histoire me rappelle cette phrase du philosophe français Clément Rosset, lue dans son livre La Force majeure (1983) : "Toute joie parfaite réside en la joie de vivre, et en elle seule".

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samedi 28 février 2015

Gennady Blohin
Une image et des mots. La photo est du russe Gennady Blohin. Les mots sont de la poétesse tchèque Viola Fischerová (1935-2010)

"Commencer à vivre soi-même importe plus que de naître.
Il est possible de voir dans l'absence de foi
une attention égale à toute chose.
D'ailleurs j'ai mis une petite annonce :
vends maison où je ne veux plus vivre
."

À noter que ce dernier vers a été choisi par Bohumil Hrabal pour titre d'un beau recueil de récits publié en 1965.

MP1
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dimanche 22 février 2015

W.S. - Sunday morning, Oldham (1946)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe et chef opérateur anglais d'origine autrichienne Wolfgang Suschitzky (b.1912).
Né à Vienne, il émigre en Angleterre dans les années 1930 pour fuir le nazisme, comme de nombreux artistes d’Europe centrale et allemande. Il s’installe à Londres en 1935, à l’âge de 23 ans, et commence une carrière de photographe pour la presse, notamment pour Weekly Illustrated. Son travail s’inscrit dans un univers éditorial engagé, qui marque durablement son regard.
W.S. - Charing Cross Rd, London
(1936)

Cette sensibilité sociale nourrit une photographie humaniste, attentive et sans mise en scène.
« Je n’ai jamais “arrangé” mes photos, j’ai toujours été un observateur. »
Ses images, souvent construites sur des angles inattendus et des perspectives originales, rappellent parfois Brassaï ou Cartier-Bresson. « Je voulais montrer le monde tel qu’il est, mais sans cynisme, sans brutalité », disait-il.
Très beau livre récemment publié chez Synema : Wolf Suschitzky – Seven Decades of Photography (2014).

dimanche 15 février 2015

Graham Little - Black necklace (2014)
Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres postmodernes, traversées d’un romantisme discret, réalisées à la gouache et aux crayons de couleur par l’Écossais Graham Little (né en 1972), peintre de la beauté, de l’intimité et de la solitude, dans des compositions d’une minutie presque obsessionnelle.
Diplômé en beaux-arts du Duncan of Jordanstone College de Dundee et du Goldsmith College de Londres, il vit et travaille aujourd'hui à Londres, et a la réputation de passer des mois sur la réalisation de chacune de ses oeuvres.
G. Little - Sleeping (2014)

Inspirées par les magazines de mode des années 1970 et 1980 – Vogue, Harper’s Bazaar ou Burda Moden –, ses scènes mettent souvent en présence des figures féminines à l’air las ou lointain, absorbées dans des tâches quotidiennes ou perdues dans la rêverie. De ces images naissent des récits visuels où passé et présent se superposent subtilement, dans une atmosphère à la fois énigmatique et délicatement poétique.

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