In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

dimanche 3 novembre 2013

Victor Brauner - Nepotopen (1945)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre français d'origine roumaine Victor Brauner (1903-1966), figure singulière du surréalisme parisien. Arrivé de Roumanie, il appartient à cette importante communauté intellectuelle roumaine installée à Paris, aux côtés de Brâncuși, Tzara, Ionesco, Eliade ou Cioran.

V. Brauner - Portraits (1954)
Formé à l’École des beaux-arts de Bucarest, dont il est exclu pour des œuvres jugées trop provocantes, Brauner expose dès le milieu des années 1920 et publie en 1924 un manifeste de la « picto-poésie », tentative originale de rapprocher écriture et formes peintes.
Installé à Paris en 1930, il rencontre André Breton et rejoint le mouvement surréaliste quelques années plus tard. Son œuvre développe alors un univers très personnel, peuplé de figures hybrides, de symboles ésotériques et de références à l’alchimie, au tarot ou à la kabbale.
La peinture, ayant surgi des régions les plus profondes de mon instinct, fait également appel à l'instinct... , une sorte de communication sans préjugés. Le sujet du tableau est totémique ; la peinture est donc magique.
CB1

ICI

samedi 2 novembre 2013

Arianna Arteaga Quintero - Amazonas
Une image et des mots. L'image est une photo prise en Amazonie par la vénézuélienne Arianna Arteaga, au coucher du soleil. Ce massif à droite, c'est le Cerro Autana, "le tronc de l'arbre des fruits de la terre", la montagne sacrée des indiens Piaroas. L'atteindre n'est pas très difficile : une journée en gros de navigation sur l'Orénoque en pirogue motorisée ou en voladora depuis le port de Samariapo, lui-même à une heure de route environ au sud de Puerto Ayacucho.
Puis on s'engage sur le rio Sipapo, et enfin sur le rio Autana, en remontant une succession quasi ininterrompue de rapides.
À partir de la communauté piaroa de Mapuei il y a une jolie balade de quelques heures à faire dans la jungle, par des voies assez escarpées, jusqu'à atteindre le sommet du Cerro Guahari puis, de là, le Raudal de Seguera, un torrent qui - à un certain endroit - dévale une roche lisse sur une bonne centaine de mètres jusqu'à une piscine naturelle en pleine jungle.
Ses eaux fraîches sont une bénédiction après quelques heures de grimpette, et c'est un coin excellent pour la capture des mygales qui y abondent.

Les mots qui suivent sont extraits de Minima Moralia, réflexions sur la vie mutilée (1951), de Theodor Adorno.
"Rien faire comme une bête, se laisser aller au fil de l'eau et regarder tranquillement le ciel ; rien de plus, sans autre détermination ni désir d'accomplissement. [.....] De toutes les notions abstraites, aucune ne se rapproche autant de l'utopie réalisée que celle de paix éternelle."
MO2

ICI

dimanche 20 octobre 2013

John Constable - The hay wain (1821)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre anglais John Constable (1776-1837), profondément attaché aux paysages du Suffolk, qu’il considérait comme sa « chère vieille Angleterre ». Fils de meunier, il ne s’est jamais vraiment éloigné de cette campagne de son enfance.
"J'aime chaque haie, chaque tronc d'arbre, chaque ruelle de mon village, et tant que ma main pourra tenir un pinceau, je ne me lasserai pas de les peindre."

J.C. - Hove Beach (1824)
Formé à la Royal Academy de Londres, il s’écarte des conventions académiques de son époque. Pas de ruines antiques ni de pastorales idéalisées : ses tableaux montrent la lumière changeante, les nuages en mouvement, les champs traversés par le vent. Constable peint ce qu’il voit et ce qu’il connaît. Il considérait le paysage comme « la branche la plus noble de l’art ».
Delacroix est enthousiaste. Il écrit au critique Théophile Sylvestre :
« Constable est une des gloires anglaises. C’est un véritable réformateur, sorti de l’ornière des paysagistes anciens. »
Le premier tableau est l'une des restitutions les plus célèbres d'un paysage anglais. Au loin, des bêtes paissent, dans l'éclaircie et l'ombre mobile des nuages, dont on perçoit dans l'eau le reflet fugitif. Ici, ils semblent poussés de la gauche du tableau par un vent d'altitude qu'on imagine puissant et doux ; les vêtements sont légers.
Le second..., quelle lumière ! Sous l'amoncellement de nuages la mer est agitée; elle semble, comme l'écrit Camus dans La Peste « témoigner de ce qu'il y a d'inquiétant et de jamais reposé dans le monde.» Quelques années plus tard, Caspar David Friedrich peindra son Moine au bord de la mer. Mais ça, c'est une autre histoire...

Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...