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In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 6 novembre 2011
samedi 5 novembre 2011
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| E.W. Roberts - Sailing along the Nile (1904) |
Cette toile, Sailing along the Nile (1904), exposée un temps au Art Institute de Chicago, me rappelle ces lignes de l'égyptien Albert Cossery, extraites de la nouvelle Le facteur se venge, publiée en France dans un recueil intitulé Les hommes oubliés de Dieu (Losfeld, 1946).
"Sur le mur de la boutique blanchie à la chaux, une peinture populaire représentait une berge du Nil avec un voilier debout sur le fleuve, immobile comme s'il ne voulait plus se mouvoir, mais rester toujours ainsi, ayant peur du large et du vaste inconnu. Et il semblait que tout, quartier, êtres et choses, s'était figé comme ce voilier peint sur le mur, ne voulant plus comprendre qu'on puisse bouger; espérer d'autres buts que ceux déjà atteints; aller toujours plus loin sur la route... Et que c'était une folie."
dimanche 30 octobre 2011
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| P. Mondrian - Row of trees along the Gein (1905) |
Né aux Pays-Bas, formé à l'Académie royale des beaux-arts d'Amsterdam, il débute pourtant sa carrière dans un registre bien différent : paysages bucoliques, moulins à vent, arbres et rivières, qu’il peint dans une palette sourde, héritée de l’école de La Haye et nourrie de symbolisme.
Pour ma part, c’est surtout avec ces œuvres encore enracinées dans le monde visible que j'éprouve une émotion particulière. Ses arbres stylisés, ses paysages simplifiés peu à peu jusqu’à l’épure ont une poésie que je ne retrouve pas dans ses célèbres compositions géométriques.
Je me suis arrêté au Mondrian figuratif, et c’est ce versant-là de son œuvre que je souhaite présenter aujourd’hui. Avant qu’il ne se détache de toute figuration dans sa quête de « l’essence des choses ».
Car à partir des années 1910, sous l’influence du cubisme et de ses propres recherches sur l’équilibre des formes, Mondrian s’éloigne progressivement de la figuration. Avec le mouvement De Stijl, il développe une peinture réduite aux lignes horizontales et verticales ainsi qu’aux couleurs primaires, dans l’idée d’atteindre une beauté plus universelle.
« Si l’universel est l’essentiel, alors il est la base de toute vie et de tout art ».
« Si l’universel est l’essentiel, alors il est la base de toute vie et de tout art ».
Ce qu’il appellera le néoplasticisme n’est donc pas une simple manière de peindre, c’est aussi une tentative de mettre un peu d'ordre et de clarté dans le chaos du monde.
Il y a des artistes dont on se sent si proches qu'ils deviennent pour nous comme des frères... Quand je serai grand j'écrirai un livre sur Mondrian.
dimanche 23 octobre 2011
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| A. Gursky - Mayday V (2006) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de l'allemand Andreas Gursky (b.1955), formé à l’Académie des beaux-arts de Düsseldorf auprès des photographes Bernd et Hilla Becher, et qui y enseigne aujourd’hui à son tour.
Gursky, dont les photographies comptent parmi les plus chères au monde, est connu pour ses très grands formats d’une netteté spectaculaire, souvent pris en surplomb et composés avec une rigueur presque géométrique. Supermarchés, salles de marchés, immeubles, foules, entrepôts ou façades : ses images montrent un monde saturé d’objets, de signes et de mouvements.
En lisant sur son travail, il me semble qu’il ne photographie pas le réel pour le restituer fidèlement, mais pour le réorganiser. Grâce aux possibilités de la photographie numérique, qu’il utilise dès les années 1990, il assemble parfois plusieurs prises de vue pour en accentuer les répétitions et les effets d’accumulation, construisant ainsi une image plus dense, presque irréelle.
Ses photographies montrent alors moins un lieu précis qu’une manière de regarder le monde contemporain : production de masse, consommation, circulation incessante des hommes, des marchandises et des images.
« I am never interested in the individual, but in the human species and its environment. »
Assez ironiquement, cette photographie d’un magasin « tout à 99 cents » figure parmi les clichés les plus chers de l’histoire. Un premier tirage a été vendu plus de trois millions de dollars en 2007.
Ce regard très froid, très distant parfois, peut sembler presque clinique. Vues ainsi, ces foules, ces rayonnages ou ces bureaux deviennent comme des motifs abstraits. Il y a pourtant, dans cette froideur apparente, quelque chose d’étrangement fascinant. Comme si l’accumulation, la répétition et la profusion désordonnée des choses finissaient, vus de loin, par composer une forme inattendue de beauté.
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