In girum imus nocte et consumimur igni

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samedi 28 juin 2008

Paul Strand - Rebecca's hand (1923)
Une image et des mots. Pour accompagner ce beau cliché du photographe américain Paul Strand, sur lequel il faudra que je revienne, j'ai choisi de faire appel à deux textes qui soient d'un couple.

Les êtres humains sont des êtres-pour-autrui. Leur être ne consiste pas seulement à exister pour eux-mêmes, mais aussi pour les autres. Nous sommes toujours en relation avec les autres, que ce soit de manière positive ou négative. Notre existence est déterminée par notre rapport aux autres, par notre désir de plaire, de faire plaisir, d'être aimé et reconnu. Et c'est précisément cette relation qui nous permet de nous réaliser en tant qu'individus, de nous découvrir nous mêmes et de donner un sens à notre vie. Sartre, Les Mots (1964).

Le sujet féminin, dans sa situation actuelle, est pris dans une contradiction insupportable : comment être tout à la fois objet et sujet, comment concilier les exigences de la chair et celles de la liberté, comment vivre son corps sans être prisonnière de son corps ? C'est cette question qui sous-tend tous les débats sur l'égalité des sexes, car l'égalité ne consiste pas seulement à accorder les mêmes droits et les mêmes privilèges, mais à reconnaître la dignité de l'autre en tant que sujet à part entière. C'est dans cette reconnaissance mutuelle que réside la possibilité de s'élever au-delà de la contradiction et de trouver une véritable union entre deux êtres humains, deux sujets libres et égaux. Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe (1949).

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dimanche 22 juin 2008

U. Oppi - Femme à la fenêtre

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'italien Ubaldo Oppi (1889-1942). Né à Bologne et élevé à Vicence, il est d’abord envoyé en Allemagne pour apprendre le métier de bottier, avant de s’installer à Vienne où il étudie auprès de Gustav Klimt entre 1907 et 1909. Après un passage en Italie, il sert pendant la Première Guerre mondiale dans les Alpini, combat sur le front alpin et est fait prisonnier, interné à Mauthausen.
U.O. - Paysage du Cadore

Après la guerre, il expose à Paris en 1921 puis revient en Italie, où il participe à la fondation du groupe Novecento, qui cherche à renouer avec une forme de peinture classique inspirée du Quattrocento. Il s’en éloigne pourtant dès 1926.
Son œuvre évolue vers une peinture de plus en plus claire et dépouillée, nourrie par la Renaissance, puis, à partir de la fin des années 1920, par une dimension religieuse affirmée, qui l’amène à réaliser retables et fresques dans des chapelles italiennes.
Ce que j'aime dans ses tableaux, à la fois classiques et très construits, c'est cette atmosphère apaisée, dans ce qui ressemble à une recherche constante de simplicité et d’équilibre. La beauté, disait-il, est l'essence de l'art.

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dimanche 15 juin 2008

C.R. - La petite malade (1995)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de la photographe et photojournaliste espagnole Cristina García Rodero (b.1949). Elle découvre la photographie en 1974, après des études de peinture à l’École des Beaux-Arts de l’Université de Madrid, où elle enseignera ensuite jusqu’en 2007.
Détachée des audaces de la movida alors en plein essor, elle choisit de documenter les fêtes, les rites, la ferveur religieuse, mais aussi la poésie et parfois la rudesse d’une Espagne rurale en train de disparaître. Avec España oculta, son premier grand travail, elle donne à voir un monde en marge de la modernité, avec une approche presque ethnographique.
C.R. - Escober (1988)

J'ai essayé de photographier l'âme mystérieuse, authentique et magique de l'Espagne dans toute sa passion, son humour, sa tendresse, sa rage, sa souffrance, et toute sa vérité ; et les moments les plus pleins et les plus intenses dans les vies de ces personnages, aussi simples qu'irrésistibles, avec toute leur force intérieure.
En 2005, Cristina G. Rodero est la première espagnole à rejoindre la prestigieuse agence Magnum. Son travail interroge notre rapport au sacré, au temps long des traditions et aux gestes qui fondent les communautés ; elle est à la fois un voyage dans l’intime collectif et une invitation à percevoir autrement la richesse de la culture.

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