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| I. Suda - Ginza, Chuo-ku, Tokyo (1984) |
Le travail de Suda, nourri par son expérience du théâtre Nô et son attachement aux traditions japonaises, oscille entre le réel et l’irréel, entre la photographie documentaire et une forme de surréalisme discret.
Proche du groupe Kompora – abréviation de "Contemporary photographers" –, il revendique une approche simple et directe pour témoigner du quotidien le plus ordinaire. Pourtant, son noir et blanc très contrasté, ses cadrages précis et son regard singulier transforment souvent ces scènes familières en images étranges, à la frontière du réel et de l’imaginaire.
Il disait chercher des « moments ordinaires au bord de l’anormal ».
Ainsi, cette image prise dans une rue de Tokyo, issue de sa série Human Memory, où une scène banale s’ouvre soudain à une lecture plus étrange, presque irréelle ; comme si l’objectif avait capté non seulement l’apparence du monde, mais aussi ce qui, en lui, se dérobe.

