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| F. Hodler - Chanson du lointain (1905) |
La veillée du dimanche. Deux œuvres du suisse Ferdinand Hodler (1853-1918). Né à Berne et orphelin très jeune, il apprend la peinture auprès d’un peintre en enseignes, puis à Genève, où il s’installe définitivement. Sa carrière est une lente ascension : de ses débuts
naturalistes, influencés par Courbet et Millet, il évolue peu à peu vers une peinture plus épurée et
symboliste. Ses paysages lacustres et alpins, construits par de larges aplats et des lignes qui se répondent, traduisent ce qu’il appelle la « loi du parallélisme », cette recherche d’harmonie entre les formes de la nature et celles de la figure humaine. À partir de 1900, ses paysages se simplifient encore, jusqu’à devenir parfois presque abstraits ; cette géométrisation se devine déjà dans sa représentation du lac de Genève.
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| F.H. - Le lac de Genève (1908) |
J'ai découvert Hodler avec la peinture réaliste de sa jeunesse, notamment avec Les moutons au sentier des saules (1878), une vue des bords du Rhône qui m'avait beaucoup plu. Je n’ai pas vraiment accroché aux œuvres symbolistes qui ont suivi, mais j’aime beaucoup Chanson du lointain que j'ai donc choisi de faire figurer ici.
Puis son glissement vers l’abstraction, avec cette Vue du lac de Genève (1908), où quelque chose me touche particulièrement : cette façon de chercher la beauté du lieu non pas en multipliant les formes et les nuances, mais au contraire en les tirant vers l’épure, en soulignant la géométrie du paysage. J’y retrouve mon goût pour l’art japonais, dont j’ai déjà parlé dans une précédente chronique : quand la recherche d’épure devient une quête d’ordre et de beauté qui dépasse le simple spectacle de la nature.
« Être simple n’est pas toujours aussi facile qu’il y paraît », disait-il.
© Veilleur de Nuit – 2018