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| A. Petersen - Café Lehmitz |
Né à Solna, il est formé à Stockholm auprès de Christer Strömholm (voir sept. 2013), dont l’influence sera décisive. Mais l’expérience fondatrice a lieu plus tôt, à Hambourg, où, très jeune, il découvre les quartiers de Sankt Pauli. Il y retourne à la fin des années 1960 et fréquente assidûment le Café Lehmitz, dont il photographie les habitués – marins, prostituées, marginaux – dans une proximité rare. Le livre Café Lehmitz, publié en 1978 et où figurent ces deux clichés, est aujourd’hui considéré comme un classique.
Petersen travaille toujours de l’intérieur.
Il partage le temps, l’espace, souvent la nuit, avec ceux qu’il photographie. Ses images, en noir et blanc, serrées, prises au flash, ne cherchent ni à expliquer ni à démontrer. Elles montrent juste. Lui-même s’en tient à peu de mots – « it is what it is ». Cette retenue n’est pas une pose : elle laisse aux images leur force propre.
Il a depuis poursuivi ce travail dans d’autres lieux clos – prisons, hôpitaux psychiatriques, maisons de retraite – toujours avec la même attention aux êtres, à leur solitude, à leur manière d’exister. Chez Anders Petersen, rien de spectaculaire : seulement des visages, des corps, des gestes, saisis au plus près comme si ceux qu’il photographie acceptaient de se montrer tels qu’ils sont, sans défense.

