In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 27 février 2022

M.D. - Culture de la confrontation (2014)

La veillée du dimanche. Deux clichés du photojournaliste ukrainien Maxim Dondyuk (b.1983). Depuis 2010, il se consacre à des projets documentaires au long cours, après avoir travaillé pour la presse ukrainienne.
Il a notamment photographié l’épidémie de tuberculose en Ukraine, les événements de Maïdan en 2013-2014, et, depuis 2014, la guerre qui ravage son pays.

M.D. - Sans titre
Son projet Culture of the Confrontation, consacré à la révolution de Maïdan, est sans doute celui qui l’a fait connaître au-delà de l’Ukraine.
Dondyuk y photographie aussi bien les manifestants que les forces de l’ordre, cherchant moins à prendre parti qu’à montrer l’affrontement de deux visions du monde. Les images sont parfois d’une grande violence, mais aussi étonnamment belles : fumée noire, neige, feu, silhouettes, lumière. Lui-même explique avoir parfois perdu, en photographiant les événements, la frontière entre réalité et fiction.
La série a été finaliste du Prix Pictet en 2015 et exposée dans de grandes institutions, notamment au Musée d’Art moderne de Paris, à Somerset House à Londres et au MAXXI de Rome. Ses photographies ont également été publiées dans TIME, Der Spiegel, Libération et d’autres médias internationaux.
Aujourd’hui, Dondyuk poursuit son travail en Ukraine. Il photographie la guerre, mais aussi ce qu’elle laisse derrière elle : les ruines, les paysages bouleversés, les traces de vies disparues. Son travail récent sur Tchernobyl procède de la même volonté de conserver la mémoire de ce qui risque de disparaître.
 © Veilleur de Nuit – 2022

ML1
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samedi 26 février 2022

S.Vasylkivsky - Coucher de soleil sur le lac
Une image et des mots. La Russie vient d'attaquer l'Ukraine. Voici une oeuvre de Serhii Vasylkivsky (1854-1917), un peintre ukrainien de la région de Karkhiv. C'est une image de paix ; au loin, le ciel rougeoit, il ne fait pas encore sombre. Les mots sont un extrait d'un des trois Écrits pacifistes (1937) de Jean Giono, celui qui dans Solitude de la pitié disait qu'il désirait écrire un roman dans lequel on entendrait chanter le monde, au lieu de tous ces livres où l'on donne une trop grande place aux êtres mesquins et où l'on néglige de nous faire percevoir le halètement des beaux habitants de l'univers.

Ce qui me dégoûte dans la guerre, c'est son imbécillité. J'aime la vie. Je n'aime même que la vie. C'est beaucoup, mais je comprends qu'on la sacrifie à une cause juste et belle. J'ai soigné des maladies contagieuses et mortelles sans jamais ménager mon don total. À la guerre j'ai peur, j'ai toujours peur. Parce que c'est bête, parce que c'est inutile. Inutile pour moi. Inutile pour le camarade qui est avec moi sur la ligne de tirailleurs. Inutile pour le camarade en face. Inutile pour le camarade qui est à côté du camarade en face dans la ligne de tirailleurs qui s'avance vers moi.

OE3
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dimanche 20 février 2022

Joichi Hoshi - Tree blue (1972)

La veillée du dimanche. Deux gravures sur bois du Japonais Joichi Hoshi (1913-1979). Né au nord de l’île de Honshu, il s’installe avec sa famille à Taïwan, alors sous domination japonaise, où il obtient en 1932 un diplôme d’école normale et devient instituteur. Rapatrié au Japon en 1946, il découvre la gravure en travaillant dans un atelier d'impression. Dès 1949, il reçoit un prix de l'Association japonaise de la gravure, dont il devient membre en 1952.
Il étudie ensuite la peinture à l'université des arts de Musashino, dont il sort diplômé en 1956, tout en poursuivant ses recherches personnelles sur la gravure sur bois. À partir de 1959, il expose à la Biennale internationale de gravure de Tokyo avec des œuvres abstraites proches du mouvement Sosaku Hanga, tout en enseignant la calligraphie.
Joichi Hoshi - Dawn

À partir de 1964, son travail prend un tournant : il abandonne peu à peu l'abstraction pour s'intéresser aux étoiles et aux constellations. Sa série Constellation comptera quarante-deux estampes. À la fin des années 1960, Hoshi trouve enfin son motif : l'arbre. Il en fera son sujet presque exclusif jusqu'à sa mort, les représentant avec une précision minutieuse, souvent sur des fonds d'or ou d'argent et dans des couleurs éclatantes. Il en réalisera 163, soit près de la moitié de toute son œuvre gravée.
 © Veilleur de Nuit – 2022

FS7
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dimanche 13 février 2022

Pirkle Jones - Untitled (1961)

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe documentaire américain Pirkle Jones (1914-2009). 
Il découvre la photographie à 17 ans avec un Kodak Brownie, puis, après avoir servi dans le Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale, rejoint en 1946 la première promotion du département de photographie de la California School of Fine Arts. Il y étudie auprès d'Ansel Adams (voir avril 2010), dont il sera l'assistant pendant six ans, mais aussi de Dorothea Lange (mars 2013), Edward Weston (jan. 2012 et fév. 2014) et Minor White (août 2013 et sept. 2019).
P.J. - Cowboy, Arizona (1957)

Son travail se situe en quelque sorte à la rencontre de ces deux grandes traditions de la photographie américaine : la rigueur formelle d'Ansel Adams et l'attention portée aux êtres et aux réalités sociales par Dorothea Lange. En 1956, Dorothea Lange lui propose de photographier avec elle la dernière année de la Berryessa Valley, en Californie. La vallée et la petite ville de Monticello doivent disparaître sous les eaux du futur lac Berryessa, créé par la construction du barrage de Monticello. Pendant plusieurs mois, les deux photographes enregistrent ce qui va bientôt disparaître : les maisons, les vergers, les récoltes, les habitants et leur vie quotidienne. Jones parlera plus tard de cette collaboration comme de
« l’une des expériences photographiques les plus significatives de sa vie ».
Death of a Valley est finalement publié en 1960 dans Aperture. Mais Jones continuera toute sa vie à photographier une Californie en pleine transformation, des travailleurs agricoles aux mouvements sociaux, notamment les Black Panthers qu’il photographie avec sa femme Ruth-Marion Baruch en 1968. Il dira un jour qu’il est important de photographier avant que le changement ne fasse disparaître ce qui existait auparavant.
Ansel Adams disait de ses photographies qu’elles n’étaient « pas flamboyantes » et ne reposaient pas sur des effets superficiels. C’est quelque chose qui me plaît beaucoup : ce regard sur les gens et les paysages sans chercher à les faire parler plus qu’ils ne le font eux-mêmes.
 © Veilleur de Nuit – 2022

E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...