In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 1 février 2025

Abel Grimmer - Proverbes flamands
Une image et des mots. Une oeuvre du peintre flamand Abel Grimmer (1570-1619), une huile sur panneau de bois représentant 49 proverbes flamands qui illustrent la vulgarité et la folie des hommes.
Les mots pour l'accompagner sont de la philosophe Laurence Devillairs, extraits de son ouvrage Être quelqu'un de bien, Philosophie du bien et du mal (2019).

Dans l'hostilité comme dans l'indifférence, ce que nous éludons et bafouons, c'est le face-à-face moral avec nous-mêmes, et avec ce que nous savons très clairement devoir faire. Nous nous accordons une dispense, nous nous achetons une bonne conscience ("On ne va pas changer les choses", "ce n'est pas à moi de le faire", "trop bon..."). Tel est l'athéisme moral, qui relègue l'injonction à bien agir dans les coulisses et les dimanches, loin des scènes majeures de l'existence. Telle est la méchanceté ordinaire qui habite un monde où la morale est secondaire, où le monde n'est pas un monde, habité et partagé, mais simple décor à ses activités.
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dimanche 26 janvier 2025

Carali
La veillée du dimanche. Ce sera dans trois jours l'ouverture de la 52ème édition du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême, et comme chaque année à cette occasion, voici deux artistes majeurs de mon petit panthéon.

Gotlib
Carali, qui a fait les beaux jours de l'irremplaçable Charlie Hebdo, et Marcel Gotlib – grand admirateur de Tex Avery et de Robert Crumb –, qui a fait avec Gai-Luron et la Rubrique-à-brac ceux de Pilote avant de cofonder avec Mandryka l'excellent Écho des Savanes.
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dimanche 19 janvier 2025

Viktor Balaguer
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe français Viktor Balaguer, qui réside et travaille à Saint Petersbourg. Je l'ai découvert sur les réseaux sociaux. Je l'ai découvert sur les réseaux sociaux. Ancien architecte, il a progressivement orienté son regard vers la photographie de rue et le documentaire. L'architecture, la lumière nordique et les atmosphères hivernales sont aujourd'hui au cœur de son univers.
Viktor Balaguer

Ce qui me plaît particulièrement dans son travail, c’est la dimension cinématographique – voire romanesque –, que je trouve à ses images ; impression que chacune de ses photographies appartient à un récit plus vaste. Une rue au petit matin, le contraste entre un bâtiment historique et un bloc soviétique, la silhouette d’un passant ou le reflet d’une fenêtre sous la neige deviennent autant de scènes où chaque détail semble chargé de vie et de récit. Peu de personnages, des ombres qui s'allongent, une lumière froide et précise : Balaguer laisse une grande place au hors-champ. Ses images ne racontent pas une histoire ; elles donnent simplement envie de la poursuivre.

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samedi 18 janvier 2025

R. Lalique - La femme ailée (1900)
Une image et des mots. J'ignore s'il y a un lien, mais cette merveille Art nouveau du maître joaillier René Lalique porte le même nom qu'une nouvelle de Izumi Kyôka ; celle-ci raconte l'histoire d'un enfant qui vit avec sa mère près d'un pont.
Elle lui enseigne que les réactions humaines n'ont pas plus de valeur que celles des animaux...

"Ah, madame! Comme j'aimerais devenir un animal ! Il faut croire qu'ils sont tous des bêtes et que ce singe est l'un des leurs! Ils lui ont donné à manger, tandis qu'à moi, humain, ils n'ont pas prêté la moindre attention !" avait-il dit en jetant un regard courroucé autour de lui. Nul doute que ce vieil homme, lui, comprenait...
Non ! Il ne s'agissait pas pour lui de comprendre, il savait, sans avoir à le dire, que les hommes sont des animaux, m'expliquait ma mère.

C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...