In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 19 mai 2024

J. Eskildsen - Seija's room (2000)
La veillée du dimanche. Deux clichés du danois Joaquim Eskildsen (b.1971), déjà présenté ici en décembre 2020. « Photographing is to me a very personal matter. To me, it is essential to believe in a better world, in mankind, and in there being a sense to it all. I try to collect photographs of a world that I can believe in, that gives me hope and moments of magic. »

J.E. - ApùliaBluetide
Je ne connaissais pas cette phrase lors de ma première publication, et elle me semble si juste qu’elle m’a donné envie de revenir vers son travail. Ces quelques mots éclairent les images que j’avais alors présentées et résument peut-être mieux que tout commentaire la démarche d’Eskildsen : une photographie qui ne cherche ni l’effet ni le spectaculaire, mais recueille les fragments d’un monde auquel il choisit encore de croire. Qu’il photographie un intérieur – comme dans Seija’s room – ou la mer d’Apúlia dans Bluetide, il semble toujours chercher ces instants discrets où la réalité révèle une présence, une lumière, parfois une forme de grâce.
AR1

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dimanche 12 mai 2024

D.G. - An honest day wages

La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'illustrateur américain Danny Galieote. Formé à l'Art Center College of Design de Pasadena, ce natif de Burbank débute comme animateur et artiste conceptuel chez Disney, où il participe notamment au Roi Lion et à Pocahontas.
Cette expérience marque profondément son approche de l'image. Nourri par la peinture figurative américaine, il compose des scènes inspirées de l’Amérique des années 1930 à 1950, où l’on retrouve quelque chose de Norman Rockwell, d’Edward Hopper et du cinéma classique hollywoodien.
D.G. - The picnic

Galieote puise dans une mémoire collective de l’Amérique, faite de petits rituels et d’images familières. Dans An Honest Day Wages, le jeune vendeur de journaux n’est pas seulement un paperboy : son chapeau de Davy Crockett et le gant de base-ball accroché au porte-bagage de son Schwinn évoquent tout un imaginaire de l’enfance américaine, entre aventure et insouciance.
Le titre lui-même ajoute une dimension presque morale : celle de la valeur du travail accompli honnêtement, de l’effort et de l’apprentissage de l’autonomie.
L’image ne montre donc pas seulement un enfant qui distribue des journaux, mais l’un des motifs fondateurs de l’imaginaire américain du self-made man : celui où, par le travail et l’effort, se forge un caractère.
Quant au pique-nique, autre symbole fort de la culture américaine, il devient chez lui le cadre d’un moment de grande complicité et même d’intimité. Un instant volé à une histoire d’amour, existante ou à naître.

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dimanche 5 mai 2024

W. Ronis - Belleville, Paris (1947)
La veillée du dimanche. En ce joli mois de mai, deux clichés du photographe français Willy Ronis (1910-2009), déjà présenté en septembre 2009.
Grande figure de la photographie humaniste française, Willy Ronis découvre la photographie dès l’âge de 18 ans, d’abord comme amateur, avant de devenir reporter-photographe indépendant en 1936. C’est cette année-là, le 14 juillet, lors du défilé populaire organisé rue Saint-Antoine, qu’il réalise l’un de ses premiers grands clichés : celui d’une petite fille coiffée du bonnet phrygien, symbole d’une République populaire et fraternelle.

W.R. - Victoire du Front Populaire
(1936)
À partir de ce moment, Willy Ronis ne cessera de documenter les grands mouvements sociaux et les petites luttes du quotidien. Mais son regard dépasse toujours le simple témoignage : il cherche avant tout la présence humaine, la dignité de ses « frères humains », dans des vies parfois difficiles, mais traversées par l’espoir, la force et la ferveur.
Il sera choisi par Edward Steichen (voir mars 2010) pour figurer dans sa grande exposition itinérante The Family of Man, montée en 1955 pour célébrer l'universalité de l'aventure humaine.
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C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...