In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 10 septembre 2023

Daido Moriyama - Untitled (2015)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe japonais Daido Moriyama (b.1938), déjà présenté en novembre 2016.
Ils appartiennent à sa série Dogs and Mesh Tights (Chiens et bas résille), emblématique de son univers visuel brut, nerveux et instinctif.
« When I go out into the city, I have no plans. Really I am like a dog: I decide where to go by the smell of things... »
D.M. - Chien errant, Misawa (1971)

Tout est dit : Moriyama photographie comme on respire - ou peut-être comme on flaire -, porté par l’odeur, le rythme, la pulsation de la ville.
Son regard, toujours en mouvement, s’attache aux marges, aux fragments, aux signes éphémères du réel. Son livre de souvenirs, il l'a intitulé Mémoires d’un chien - un manifeste en forme d’errance, à l’image de toute son œuvre.
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dimanche 3 septembre 2023

A.M. - Femme à la cravate noire (1917)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre italien Amedeo Modigliani, déjà présenté en novembre 2016. Dans cette première publication, j’avais choisi deux paysages, un genre très marginal dans l’œuvre du peintre, qui consacra pourtant l’essentiel de sa courte vie aux portraits et aux nus. Il est donc juste que cette nouvelle présentation illustre ces deux thèmes majeurs.

A.M. - Nu couché (1917)
Peu à peu sont apparues ces formes idéales qui nous font reconnaître immédiatement un Modigliani, écrit Roger van Gindertael dans son ouvrage Modigliani et Montparnasse, publié en 1967.
Aujourd’hui reconnu comme l’un des grands artistes du XXe siècle, Modigliani est mort à 36 ans, malade et pauvre, sans avoir connu le succès. Son Nu couché s’est vendu en 2015 chez Christie’s à un milliardaire chinois pour 170 millions de dollars.

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samedi 2 septembre 2023

Anonyme - Soldats allemands, WWI

Une image et des mots. Et c'est n'estimer rien qu'estimer tout le monde... Cette phrase du Misanthrope, placée par Molière dans la bouche d'Alceste, il me semble l'avoir trouvée en d'autres termes chez Sartre, qui dit quelque part - en substance -, qu'aimer tout le monde c'est n'aimer personne... Rousseau lui aussi disait à peu près la même chose, en affirmant dans l' Émile qu'on aime les Tartares pour se dispenser d'aimer notre voisin.

J'aurais pu, pour illustrer cette photographie de sentinelles allemandes pendant la Grande Guerre, choisir un extrait du très intéressant La société des voisins, paru en 2005 sous la direction de l'ethnologue Alain Morel et du sociologue Bernard Haumont... 
Mais de voisins, il en est aussi question dans le roman d'Ondjaki, Les Transparents, publié en 2015 :

Qu'est-ce que, après tout, un endroit rempli d'êtres humains si peu concernés les uns par les autres ? Qu'est-ce qu'un endroit plein de voitures conduites par des gens seuls cherchant à bousculer le temps et à maltraiter les autres pour arriver plus vite chez eux et n'y retrouver que leur propre solitude ? Qu'est-ce qu'un endroit plein d'effervescence et de festivités et d'enterrements regorgeant de nourriture, si on ne peut plus frapper à la porte de quelqu'un pour demander un verre d'eau ou la permission de se reposer un instant sous l'ombre fraîche d'un figuier ? Cette ville est un désert, pensa-t-il.

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Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...