In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 2 avril 2023

Michael Handt - Untitled (2016)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre paysagiste Michael Handt que j'ai découvert récemment. Héritier d’une longue tradition du paysage, de Benjamin Leader à Ivan Shishkin, d’Albert Bierstadt (voir juil. 2008) à John Atkinson Grimshaw (voir déc. 2012), dont il revendique l’influence, Michael Handt cherche avant tout à restituer la grandeur paisible des paysages naturels.

M.H. - Breaking through (2018)
Autodidacte, il peint à l’huile avec une virtuosité impressionnante, attentive aux plus subtiles variations de lumière et aux atmosphères changeantes de la nature. 
Dans l’éclat doré d’un couchant ou les brumes d’une forêt, ses toiles dégagent une sérénité qui confine parfois au recueillement.
Par son attention minutieuse aux paysages qu’il peint, Handt prolonge l’héritage des grands paysagistes du XIXᵉ siècle. Sa toile Breaking Through serait d’ailleurs un hommage au célèbre Puget Sound on the Pacific Coast d’Albert Bierstadt.

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samedi 1 avril 2023

Anonyme - J'ai épousé un con
Une image et des mots. Pour accompagner cette photo dont j'ignore l'auteur, quelques mots du grand Alexandre Vialatte, l'indispensable traducteur de Kafka et de Nietzsche et l'irremplaçable chroniqueur du quotidien auvergnat La Montagne.

Il n'y a rien de plus beau que le mariage. C'est lui qui assure la reproduction de l'espèce humaine. Et quoi de plus beau que l'espèce humaine ? L'espèce humaine est magnifique, la reproduire est majestueux.
L'espèce humaine : tous ces penseurs, ces athlètes, ces génies, ces marchands de beurre et de fromage, ces comptables méditatifs, ces grands-mères en chapeau à plumes ! Entre la terre et les étoiles, c'est comme un bouquet de fleurs qui clame la gloire de Dieu.
Chante, poète, l'espèce humaine : c'est elle qui pense ; commerçant, salue-la bien bas : c'est elle qui achète les sels Kruchon et les billets de la Loterie Nationale.
Il faut donc se marier pour perpétuer sur la Terre le Tour de France et la blancheur Persil.
Alexandre Vialatte, La Montagne du 9 novembre 1954.

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dimanche 26 mars 2023

D. Tutwiler - Steam on the waterfront (2008)

La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'Américain David Tutwiler (b.1952), issu d’une famille d’artistes et formé aux beaux-arts à l’Art Institute of Chicago. Il y développe une technique particulièrement précise qu’il mettra souvent au service de sa fascination pour le monde ferroviaire.

D.T. - The portrait of dory in grey



Avec une attention extrême portée aux détails – mécanique des locomotives, textures du métal, jeux de lumière sur les surfaces –, Tutwiler ne cherche pas seulement à reproduire des machines. Il leur donne une présence qui les rend presque vivantes. Ses trains évoquent toute une époque de l’histoire américaine, lorsque le voyage en train occupait encore une place importante dans la vie quotidienne comme dans l’imaginaire.
Mais même si les trains sont restés son sujet de prédilection, David Tut-(tut)-wiler n’a pas peint que cela. J’ai par exemple découvert cet autre tableau, dont le sujet et le titre plein d’humour m’ont beaucoup plu.
 © Veilleur de Nuit – 2023
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samedi 25 mars 2023

J. Dumont - The dice players (1891)
Une image et des mots. Le cliché est du photographe américain John Dumont (1856-1944), déjà présenté en janvier 2009.
Il n'y a point de hasard, disait Voltaire.
Mais pour accompagner cette image, c'est un extrait de "Le hasard et la nécessité" (1970), du biologiste Jacques Monod, que j'ai choisi.

C'est peut-être une utopie. Mais ce n'est pas un rêve incohérent. C'est une idée qui s'impose par la seule force de sa cohérence logique. C'est la conclusion à quoi mène nécessairement la recherche de l'authenticité. L'ancienne alliance est rompue ; l'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'Univers d'où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir n'est écrit nulle part. À lui de choisir entre le royaume et les ténèbres.

E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...