| EC4 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 10 juillet 2022
dimanche 3 juillet 2022
![]() |
| Bernard Plossu - Françoise |
La veillée du dimanche. Deux clichés de Bernard Plossu (b.1945), consacrés à sa compagne Françoise Nuñez, brutalement disparue la veille de Noël. Assistante de Jean Dieuzaide (voir avril 2022) à la fin des années 1970, elle était elle-même photographe et grande voyageuse - leur complicité, artistique autant qu’amoureuse, irrigue toute l’œuvre de Plossu.
Né au sud du Vietnam, il découvre la photographie à treize ans lors d'un voyage avec son père dans le Sahara.
Son regard se forme autant sur les routes que dans les salles obscures : adolescent à Paris, il préfère la Cinémathèque aux bancs de l'école.
À vingt ans, il part au Mexique avec une expédition ethnographique dans le Chiapas - ce premier grand voyage donnera naissance, quinze ans plus tard, à Le Voyage mexicain (1979), devenu un livre culte.
À vingt ans, il part au Mexique avec une expédition ethnographique dans le Chiapas - ce premier grand voyage donnera naissance, quinze ans plus tard, à Le Voyage mexicain (1979), devenu un livre culte.
Plossu n'a pas cessé de photographier le monde : l’Inde, le Mexique, les États-Unis, l'Afrique, et bien sûr la France. Il invente ce qu’il appelle le "surbanalisme".
« En 1970, je me suis rendu compte que les choses les plus banales étaient en fait extraordinairement surréalistes ! D’où la contraction des deux mots. Le "surbanalisme" est un pied de nez au surréalisme souvent pompier ! Selon moi, pas mal de mauvaises œuvres en ont trop fait sous l’étiquette facile de surréel. Des photos nulles de sandwiches, des images faussement délirantes ont été réalisées. Ça m’a permis de dire que rien n’est plus surréel que le banal !» (Culturopoing de novembre 2015).
Il privilégie rapidement le noir et blanc et l’usage exclusif d’une focale de 50 mm : « la vision humaine ». Ses images, souvent floues, comme inachevées, cherchent moins à documenter qu'à retrouver le sentiment du monde : la poésie discrète d'un homme qui aura su avec sa compagne transformer le quotidien en voyage.
samedi 2 juillet 2022
![]() |
| Yue Minjun - Untitled |
Une image et des mots. Un tableau du chinois Yue Minjun, déjà présenté ici le 18 février 2017.
Pour l'accompagner, voici quelques lignes de l'essayiste et activiste indienne Arundhati Roy, auteur également de romans comme Le Ministère du bonheur suprême et Le Dieu des petits riens.
Notre stratégie devrait être non seulement de combattre l'empire, mais aussi de l'assiéger. De le priver d'oxygène. De lui faire honte. De le moquer. Avec notre art, notre musique, notre littérature, notre entêtement, notre joie, notre intelligence, notre totale détermination - et notre capacité à raconter nos propres histoires. Des histoires qui sont différentes de celles que l'on veut nous faire croire.
dimanche 26 juin 2022
![]() |
| D. Weiner - Boy with flag (1948) |
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Dan Wiener (1919-1959), époux de Sandra Weiner présentée ici en août 2011.
Après avoir étudié la peinture à la Art Students League et au Pratt Institute, Dan Wiener découvre la photographie en arpentant New York, avant de rejoindre la Photo League en 1943. Au sein de cette association new-yorkaise engagée, il se forme au contact de la grande tradition documentaire américaine, de Lewis Hine à la Farm Security Administration, aux côtés de photographes comme Dorothea Lange, Aaron Siskind, W. Eugene Smith ou Paul Strand.
Pour Wiener, l’appareil photographique n’est pas un simple outil : il possède « la capacité d’extraire des éléments significatifs des complexités de la vie quotidienne », de rendre intelligible ce qui pourrait rester noyé dans la masse des détails. La photographie, disait-il encore, combine spontanéité et immédiateté : elle affirme que « ceci est en train de se produire, ceci est réel », tout en laissant l’image acquérir un sens nouveau avec le temps.
Ses photographies témoignent de cette ambition : révéler, derrière la banalité apparente des rues et des visages, ces fragments de vie humaine qui donnent au quotidien sa profondeur.
Inscription à :
Articles (Atom)
BE2 ICI
-
Jaime Zapata - El encuentro (2007) Une image et des mots. " El Encuentro " est une huile sur toile du peintre équatorien Jaim...
-
A. Cecioni - Les brodeuses (1866) La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'italien Adriano Cecioni (1836-1886), originaire de la région...




.jpg)
