In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 3 juillet 2022

Bernard Plossu - Françoise
Le vide grenier du dimanche. Deux clichés du photographe-voyageur Bernard Plossu (b.1945), tous deux consacrés à sa compagne Françoise Nuñez, brutalement disparue la veille de Noël. Assistante de Jean Dieuzaide à la fin des années 1970, elle était elle-même photographe et grande voyageuse - leur complicité, artistique autant qu’amoureuse, irrigue toute l’œuvre de Plossu.
Né au sud du Vietnam, il découvre la photographie à treize ans lors d’un voyage avec son père dans le Sahara. Son regard, façonné autant par les routes que par le cinéma, s’impose très tôt : adolescent à Paris, il préfère la Cinémathèque aux bancs de l’école.
À vingt ans, il part au Mexique avec une expédition ethnographique dans le Chiapas - ce premier grand voyage donnera naissance, quinze ans plus tard, à Le Voyage mexicain (1979), devenu un livre culte.

B.P. - Françoise (1981)
Plossu n'a pas cessé de photographier le monde : l’Inde, le Mexique, les États-Unis, l'Afrique, et bien sûr la France. Photographe du monde autant que de l’instant, il invente ce qu’il appelle le « surbanalisme » : l’idée que rien n’est plus surréel que le banal. Chez lui, les paysages, les visages et les gestes ordinaires deviennent fragments d’éternité.
En 1970, je me suis rendu compte que les choses les plus banales étaient en fait extraordinairement surréalistes ! D’où la contraction des deux mots. Le «surbanalisme» est un pied de nez au surréalisme souvent pompier ! Selon moi, pas mal de mauvaises œuvres en ont trop fait sous l’étiquette facile de surréel. Des photos nulles de sandwiches, des images faussement délirantes ont été réalisées. Ça m’a permis de dire que rien n’est plus surréel que le banal ! (Culturopoing de novembre 2015).
Il privilégie rapidement le noir et blanc et l’usage exclusif d’une focale de 50 mm : « la vision humaine ». Ses images, souvent floues, comme inachevées, ne cherchent pas à documenter mais à retrouver le sentiment du monde : une poésie discrète, faite d’instants suspendus, d’ombres légères, de silences.
Aujourd’hui exposé dans les musées du monde entier, Bernard Plossu demeure l’un des grands poètes de la photographie contemporaine - un homme qui aura su transformer le quotidien en voyage, et la vie partagée en lumière.
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samedi 2 juillet 2022

Yue Minjun - Untitled

Une image et des mots. Un tableau du chinois Yue Minjun, déjà présenté ici le 18 février 2017.
Pour l'accompagner, voici quelques lignes de l'essayiste et activiste indienne Arundhati Roy, auteur également de romans comme Le Ministère du bonheur suprême et Le Dieu des petits riens.

Notre stratégie devrait être non seulement de combattre l'empire, mais aussi de l'assiéger. De le priver d'oxygène. De lui faire honte. De le moquer. Avec notre art, notre musique, notre littérature, notre entêtement, notre joie, notre intelligence, notre totale détermination - et notre capacité à raconter nos propres histoires. Des histoires qui sont différentes de celles que l'on veut nous faire croire.

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Ph.J.G. - Pant-y-Wean, South Wales (1961) Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe gallois Philip Jones Griffiths (1936-2008...