| GF3 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 1 mai 2022
dimanche 24 avril 2022
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| J. Mehoffer - Soleil de mai (1911) |
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre polonais Józef Mehoffer (1869–1946), l'une des figure de la Jeune Pologne, mouvement artistique qui accompagne le renouveau culturel polonais autour de 1900. Formé à l’Académie des beaux-arts de Cracovie, Mehoffer poursuit ses études à Vienne puis à Paris, où il séjourne de 1891 à 1895 et partage notamment son atelier avec son ami Stanisław Wyspiański, avec lequel il incarne l’esprit de la Sécession polonaise. Il y découvre les nouveaux courants de la peinture européenne et fréquente les milieux artistiques parisiens. Place Pigalle, peinte en 1894, témoigne de cette période française.
Il travaille aussi bien la peinture que le vitrail, l’affiche ou le décor, dans une période où le symbolisme et l'Art nouveau marquent fortement les arts polonais.
Avec Soleil de mai, nous voilà dans la maison de campagne de Mehoffer à Jankówka, près de Cracovie. Nous sommes dans une véranda ou un jardin d’hiver, placés à une table où trône un samovar ; Mehoffer et sa femme viennent de prendre le thé ou s’apprêtent à le faire. Elle est dans le jardin, presque de dos, dans une profusion de fleurs et de lumière.
Le samovar, au premier plan, est plus grand qu’elle, mais c’est elle qui attire le regard vers l’extérieur de la maison. Nous sommes à la place du peintre, assis à cette table, qui regarde sa femme dans le jardin.
© Veilleur de Nuit – 2022
samedi 23 avril 2022
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| Christ died for our Donuts |
Le Christ est mort pour nos Donuts. Pour accompagner cette image, dont j'ignore la provenance et dont j'apprécie la malice, voici quelques lignes d'un ouvrage passionnant de l'historienne Maguelonne Toussaint-Samat : Histoire naturelle et morale de la nourriture (2013).
Née du seul désir de s'enrichir, la colonisation, toujours évidemment accompagnée de violences, ne s'embarrassait pas du désir de "civiliser". Alors, afin de remplacer les populations amérindiennes rapidement décimées, on videra l'Afrique noire de sa "substance humaine" et, au nom de la civilisation et par la grâce de ces nouvelles habitudes alimentaires venues d'ailleurs, de ces superflus devenus indispensables, du sucre, du chocolat, du café, du thé et de bien d'autres gourmandises, commencera un véritable roman d'aventures en autant d'épisodes qu'il y avait de rayons chez l'épicier, un roman haut en goût, en couleur, mais aussi en jouissances et en effrois. Un roman dont le prologue avait, du reste, été écrit depuis des siècles...
dimanche 17 avril 2022
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| J. Avati - Tobacco Road (1951) |
La veillée du dimanche. Deux œuvres de James Avati (1912–2005), illustrateur et peintre américain surtout connu pour ses couvertures de romans de poche, qui ont largement marqué le style des éditions populaires américaines des années 1950.
Surnommé le « roi des livres de poche » (King of the Paperbacks), il travaille principalement pour la New American Library et sa collection Signet, et illustre notamment les livres de William Faulkner, Erskine Caldwell, J. D. Salinger, Tennessee Williams ou encore Theodore Dreiser. Il lit les livres avant de travailler sur leur couverture, non seulement pour en connaître l'histoire bien sûr, mais surtout pour en saisir l'atmosphère.
Pour ses personnages, il photographie des modèles qu'il met soigneusement en situation, mais aussi ses proches, ses amis ou des gens rencontrés dans la rue.
Il cherche ainsi des attitudes et des visages qui correspondent à l'univers du livre et aux personnages qu'il souhaite représenter.
À une époque où les premières couvertures de paperback jouent volontiers sur le sensationnel, son réalisme tranche par cette attention aux personnages et aux situations qu'il choisit de mettre en scène.
Dans ces deux illustrations, il n'y a pourtant rien de spectaculaire : pas de gestuelle dramatique, pas d'expressions théâtrales. Tout est dans les attitudes, les regards, les rapports entre les personnages.
J'aime aussi énormément ses dessins pour eux-mêmes : le trait, les couleurs, leur beauté tout simplement. J'ai déjà eu l'occasion, dans ce blog, de dire mon goût prononcé pour le monde de l'illustration et pour le travail de certains illustrateurs ; Avati est au nombre de ceux que j'aime le plus. Autant pour ce qu'il raconte que pour la manière dont il le dessine.
Ses couvertures ont contribué à faire reconnaître le paperback comme un véritable domaine de création, et ses images restent aujourd'hui associées à toute une mémoire visuelle de l'Amérique des années 1950 et 1960.
© Veilleur de Nuit – 2022
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