| TW5 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 10 octobre 2021
dimanche 3 octobre 2021
![]() |
| K. Sluban - Lettonie (2002) |
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe franco-slovène Klavdij Sluban (b.1963). Né à Paris, il passe une partie de son enfance en Slovénie avant de revenir en France, où il étudie la littérature anglo-américaine. Il découvre la photographie en autodidacte et se forme notamment au tirage noir et blanc auprès de Georges Fèvre, le tireur de Cartier-Bresson, Koudelka, Doisneau et Lartigue.
Installé quelque temps avec sa famille dans la campagne slovène, il traduit de la poésie avant de devoir repartir à cause de la guerre en Yougoslavie et de la sécession de la Slovénie.
De retour en France, il décide de se consacrer entièrement à la photographie.
Cherchant à comprendre ce qui se passe dans son pays d’origine, il repart vers les zones de combat - sans y prendre de clichés : « Je voulais comprendre, mais je n’ai pas compris pourquoi un homme saisit un fusil et court tuer son voisin. ». Photographe indépendant, sac au dos, sans agence ni production, Sluban voyage seul – à l’exception d’un périple dans les Balkans avec François Maspéro –, privilégiant l’expérience à la recherche du sensationnel : « Ce qui est important pour moi dans la photo, c’est la trace qu’elle laisse en moi. »
En 1995, son travail auprès de jeunes détenus de Fleury-Mérogis ouvre une longue série d'ateliers photographiques menés dans les prisons du monde entier. Là encore, il ne cherche pas à montrer l'enfermement, mais ce qui subsiste derrière les murs : des regards, des gestes, des vies contraintes.
© Veilleur de Nuit – 2021
samedi 2 octobre 2021
![]() |
| Maarten van Heemskerck - Geometry (16e) |
Une image et des mots.
En contemplant cette oeuvre du maître hollandais Maarten van Heemskerck (1498-1574), qui nous donne à voir deux hommes prenant la mesure du monde, pourrait nous venir l'image plus prosaïque de deux maquignons qui évaluent d'un bestiau ce qu'il pourra leur rapporter.
Les mots pour l'accompagner sont extraits de l'ouvrage de Riccardo Petrella, Le bien commun - Éloge de la solidarité, traduit et publié en France en 1996.
Selon les Nouvelles Tables de la Loi, le monde est composé d'une série de marchés à conquérir. Le monde n'est pas composé de sociétés, de populations ayant une histoire, une culture, des besoins, des projets. Avant la société, c'est le marché qui compte. [....]
Alors que l'on cherche à éduquer nos sociétés à privilégier un développement durable (sustainable development) sur le plan environnemental et social, l'économie, elle, obéissant à la culture de la conquête, affirme qu'il n'y a pas de durabilité possible : ce qui compte, c'est gagner maintenant.
[....] Le nouveau monde mondialisé est surtout considéré comme un ensemble d'espaces de nouveaux gisements de richesses à exploiter. Le "village global" est ressenti et vécu surtout en tant que nouveau terrain d'affrontement entre les meilleurs candidats au pouvoir mondial. [....] Une nouvelle génération de conquérants est née. (En son sein), les financiers (et les industriels qui poursuivent davantage une stratégie financière) constituent une catégorie à part. Dans leur cas, en général, la culture de la conquête se transforme en une logique de prédation...
[....] La prédation ne crée pas de richesse. Elle ne fait que la prendre là où elle est. Elle a pris l'ampleur qu'on lui connaît suite à la vague de libéralisation des mouvements de capitaux qui a déferlé sur le monde dans les années 80 ; à l'abandon des mécanismes de contrôle public sur les capitaux ; à l'existence de 37 paradis fiscaux dans plusieurs régions du monde, et au maintien du secret bancaire.
[....] La culture d'un peuple est devenue également un marché comme les autres, et donc un marché à conquérir ...
dimanche 26 septembre 2021
![]() |
| Trent Parke - Sydney Harbour (2006) |
Ses contrastes très marqués, ses noirs profonds et ses couleurs parfois saturées donnent à ses images une intensité qui les rapproche parfois du cinéma.
« I am forever chasing light. Light turns the ordinary into the magical. »
Dans Minutes to Midnight, vaste traversée de l'Australie entreprise entre 2003 et 2005, Parke photographie son pays avec un regard à la fois documentaire et très personnel. Ses paysages immenses, ses solitudes, ses contradictions : un monde parfois étrange, entre réalité et rêve.
Avec The Black Rose, son travail devient plus intime. Parke y revient sur la mémoire, le deuil et le passage du temps, à travers des images prises notamment autour de son enfance et de sa vie familiale.
Je trouve que la tendance de Trent Parke à saturer les couleurs et à forcer sur les contrastes peut finir par lasser, et l'omniprésence des zones d'ombres être à la longue oppressante, mais ce n'est évidemment qu'un regard parmi d'autres. Certaines images sont vraiment belles, et c'est donc un plaisir de les partager. © Veilleur de Nuit – 2021
Inscription à :
Articles (Atom)
BE2 ICI
-
Jaime Zapata - El encuentro (2007) Une image et des mots. " El Encuentro " est une huile sur toile du peintre équatorien Jaim...
-
A. Cecioni - Les brodeuses (1866) La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'italien Adriano Cecioni (1836-1886), originaire de la région...

.jpg)


