In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 9 mai 2021

W.B. - Barbara through window (1965)

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Wynn Bullock (1902-1975) déjà présenté en mars 2017, et dont on peut découvrir le travail ICI
Après avoir envisagé une carrière musicale, il découvre la photographie dans les années 1920 et s'y consacre pleinement, influencé notamment par Man Ray, puis par Edward Weston qu'il rencontre en 1948. Chez Bullock, la photographie dépasse souvent la simple représentation du monde visible. La lumière, les formes naturelles, le corps humain et la matière deviennent les éléments d'une même recherche.
W.B. - Woman's hands (1965)

« Light to me is perhaps the most profound truth in the universe. My thinking has been deeply affected by the belief everything is some form of radiant energy. »

Proche de la straight photography, qui défend une photographie directe, sans artifice, Bullock n'hésite pourtant pas à expérimenter, notamment avec la solarisation, pour explorer les liens mystérieux entre le réel et la perception que nous en avons. Il cherchera ainsi, selon ses propres termes, à utiliser la photographie pour rendre visible ce qui ne l'est pas à l'œil.
« The urge to create, the urge to photograph, comes in part from the great desire to live with more integrity, to live more in peace with the world, and possibly to help others to do the same. »
Chez Wynn Bullock, photographier semble donc être à la fois une manière de regarder et une manière de vivre : chercher, à travers la lumière et les formes du monde, quelque chose qui nous échappe encore.
 © Veilleur de Nuit – 2021

RF1

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dimanche 2 mai 2021

A.Zorn - Dans la forêt (1893)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du Suédois Anders Zorn (1860-1920), dont la seconde n'est qu'une étude, déjà présenté ici à deux reprises, en juillet 2008 et en mai 2014.
A.Z. - Omnibus (étude, 1892)

Voici donc encore deux tableaux que j'aime beaucoup. On y retrouve cette virtuosité qui rapproche Zorn de John Singer Sargent : le même goût pour la lumière, pour les nuances infinies de la peau, des étoffes et des matières, et cette manière de donner vie à un visage ou à une silhouette par quelques touches seulement.

« Je peins avec le pinceau ce que je sens avec mon cœur et mon esprit », écrivait-il à sa femme Emma le 15 janvier 1901.

 © Veilleur de Nuit – 2021

GK1

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samedi 1 mai 2021

Une image et des mots. Cette Une du Petit Parisien est consacrée à la fusillade de Fourmies, survenue le 1er mai 1891 lors d'une manifestation ouvrière organisée pour revendiquer la journée de 8 heures. La troupe ouvre le feu sur les manifestants; le bilan est de 9 morts et de 35 blessés.
Pour aller avec, je choisis ces quelques vers de Jules Mercier. L'homme de peine - aujourd'hui on dit un manoeuvre - qui se donne la mort à l'âge de 24 ans en se jetant dans la Seine, parle ici du peuple.

Je ne menace pas, mais je veux de ma main
Forcer la vôtre à sonder sa blessure.
Je veux qu'en m'écoutant votre coeur plus humain
Songe aux maux que par vous et pour vous il endure.
Je ne menace pas, je le répète encore,
Mais je l'ai vu si grand que je crains sa colère;
Je l'ai vu, triomphant, promener sa misère,
Dans vos palais moqueurs, brillants de marbre et d'or.
Et, généreux pourtant, pour prix de vos conquêtes
Que voulait-il? Vos biens? .... Non, quelques pauvres lois,
Lui qui, pour secouer sa vermine et ses rois,
De son pied de géant pouvait broyer vos têtes.

EM1

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dimanche 25 avril 2021

A.P. - Couple dans la rue au clair de lune

La veillée du dimanche. Deux œuvres du Belge André Poffé (1911-1990), formé à l'Académie de Bruxelles mais aussi auprès de son père, lui-même aquarelliste.
A.P. - Paysage à Leefdael

Ses peintures pleines de poésie montrent la vie rurale et villageoise brabançonne, qu'il transforme en paysages presque irréels aux couleurs assourdies, souvent baignés par la lumière de la lune.
Le monde d'André Poffé est paisible et apaisant ; il invite à l'introspection comme une mélodie rêveuse d'Erik Satie. « Dans un tableau, je voudrais dire quelque chose de consolant comme une musique », disait Van Gogh.
© Veilleur de Nuit – 2021

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