| VE2 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 23 février 2020
samedi 22 février 2020
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| Estampe de Hiroshige (période Edo) |
- Comme les poissons se plaisent dans l'eau ! s'écria Soshi.
Son ami lui dit:
- Vous n'êtes pas poisson; comment savez-vous que les poissons se plaisent dans l'eau?
- Vous n'êtes pas moi-même! répliqua Soshi. Comment savez-vous que je ne sais pas que les poissons se plaisent dans l'eau?
Le livre du thé, 1906, Okakura Kakuzo.
(anecdote que l'on retrouve aussi, en d'autres mots, sous la plume de Simon Leys dans Le bonheur des petits poissons, publié en 2008 chez Lattès).
dimanche 16 février 2020
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| B. Davidson - Brooklyn Gang, Cathy (1959) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain Bruce Davidson (b.1933), déjà présenté ici en juin 2013. Ces deux photographies sont extraites de Brooklyn Gang, série réalisée en 1959-1960 auprès des Jokers, une bande de jeunes adolescents de Brooklyn que Davidson, alors âgé de 25 ans, accompagne pendant tout un été.
Loin d'un simple reportage sur un « gang », son travail cherche à montrer une réalité humaine plus profonde : celle de jeunes gens issus de quartiers populaires, confrontés à la pauvreté, à la violence, mais aussi traversés par les amitiés, les rêves et les fragilités propres à l'adolescence. « Ce n'est pas tant autour d'un gang, car ce n'est qu'un mot », expliquera-t-il plus tard. « Mon travail se concentre sur une idée universelle : le sentiment d'isolement, de dépression, de la vie elle-même. C'est ça, le sujet de mes photos. »
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| B.D. - Brooklyn Gang (1960) |
« Ils étaient pauvres, ils étaient malheureux, ils étaient violents, ils étaient sexuels, ils étaient pleins de vie. »
Des années plus tard, le témoignage de Bengie, l'un des membres des Jokers, donne une résonance tragique à ces photographies. Il évoque Cathy, « belle comme Brigitte Bardot », cette jeune fille admirée par toute la bande, dont la vie se terminera par un suicide. Ses mots rappellent ce que Davidson avait déjà compris : derrière les images d'un groupe, il y avait avant tout des destins individuels.
dimanche 9 février 2020
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| Franz Kafka - Le penseur (1913) |
Le vide-grenier du dimanche. « L’art, aurait dit Kafka (1883-1924), est comme une prière : une main tendue dans l’obscurité, qui cherche à saisir une part de grâce pour devenir à son tour une main qui donne. »
Voici deux de ses œuvres.. Elles font partie de ses dessins – il les appelait "gribouillages" –, réalisés entre 1901 et 1907 et qui ont été exhumés l'an dernier des coffres d'une banque zurichoise.
Dans une de ses conversations avec Gustav Janouch, traduites et publiées chez Maurice Nadeau en 1998, qui s'étonnait de la réticence de Kafka à montrer ses dessins, ce dernier lui répondit ceci : « Ces dessins ne sont pas aussi innocents qu’ils en ont l’air. Ils sont les vestiges d’une ancienne passion profondément enracinée. C’est pourquoi j’ai essayé de te les cacher… Ce n’est pas sur le papier. La passion est en moi. J’ai toujours voulu savoir dessiner. Je voulais voir, et retenir ce que je voyais. C’était ma passion. »
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