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NC5 |
In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 15 décembre 2019
samedi 14 décembre 2019
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Alessandro Allori - Charybde et Scylla (1575) |
Une image et des mots. Cette représentation du voyage d'Ulysse, quand six de ses compagnons sont dévorés dans le détroit de Messine par le monstre Scylla, est une des fresques du maniériste italien Alessandro Allori qui ornent les murs du Palazzo Salviati, au coeur historique de Florence.
Pour aller avec, voici quelques vers du poète soudanais Abdel Wahab Yousif...
You'll die at sea.
Your head rocked by the roaring waves,
your body swaying in the water
like a perforated boat.
In the prime of youth you'll go,
shy of your 30th birthday.
Departing early is not a bad idea;
but it surely is if you die alone
with no woman calling you to her embrace:
"Let me hold you to my breast,
I have plenty of room.
Let me wash the dirt of misery off your soul".
***
Tu mourras en mer.
La tête ballottée par les vagues rugissantes,
ton corps qui se balance dans l'eau.
comme un bateau crevé.
Tu partiras dans la fleur de ta jeunesse,
à peine la trentaine.
Partir tôt n'est pas une mauvaise idée,
mais c'en est une si tu meurs seul,
sans une femme qui t'ouvre ses bras :
" Laisse-moi te presser contre ma poitrine,
j'ai beaucoup de place.
Laisse-moi laver ton âme de la misère crasse ".
Abdel Wahab Yousif est mort noyé en Méditerranée au mois d'août dernier, avec 44 de ses compagnons de voyage, adultes et enfants. Il avait vingt-neuf ans.
dimanche 8 décembre 2019
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Pierre Belhassen - New York (2012) |
C'est ici que tout a commencé, il y a une énergie unique qui circule dans cette ville. New York est définitivement un lieu de genèse pour moi.
Les influences que revendique Pierre Belhassen sont nombreuses : le cinéma de Kurosawa, la littérature de Chandler et Ellroy, la peinture de Bonnard et Bacon, la musique..., et bien sûr un grand nombre de photographes, de Robert Frank à Trent Parke, en passant par Saul Leiter ou encore Jonas Bendiksen (voir janvier 2008). Pierre Belhassen fait partie de ces photographes qui racontent le monde sans le commenter, préférant la suggestion à l’explication. Un regard libre, très personnel, porté sur les frémissements de la vie qui parfois nous échappent.
samedi 7 décembre 2019
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Villeglé - L'alphabet de la guerrilla (1983) |
Les mots sont de Babouillec :
«Je suis Babouillec très déclarée sans parole. Seule enfermée dans l’alcôve systémique, nourricière souterraine de la lassitude du silence, j’ai cassé les limites muettes et mon cerveau a décodé votre parole symbolique : l’écriture».
«Je suis Babouillec très déclarée sans parole. Seule enfermée dans l’alcôve systémique, nourricière souterraine de la lassitude du silence, j’ai cassé les limites muettes et mon cerveau a décodé votre parole symbolique : l’écriture».
Et ailleurs...:
«Vingt
fois sur le métier je remets l'ouvrage d'être en vie dans une carapace pénétrée
par le mystère de la fabrique de nos petites vies usées par ce combat stérile
de l'appartenance. J'ai rebroussé chemin pour me raconter.
J'appartiens à une
espèce en voie d'apparition, dépourvue du sens social sécuritaire, bannissant
les codes interrompant les accès aux mystères de la vie. Une espèce fantaisiste
où règne un désordre tonitruant. Équipée de codes indéfinissables brouillant
les radars des formats en tout genre, j'appartiens à cette espèce étrange qui
ne rentre nulle part, qui ouvre la passerelle des impossibles en torturant les
repères sociaux. J'observe sans relâche les codes d'appartenance et je défie
les pièges à la pensée.» [.....] «Je suis arrivée dans ce jeu de quilles comme
un boulet de canon, tête la première, pas de corps aligné, des neurones
survoltés, une euphorie sensorielle sans limites. Les oreilles stand-by à la
jacasserie humaine, les mains et les pieds sens dessus dessous, les yeux dans
les yeux de moi-même.».
Hélène Nicolas, dite "Babouillec", est
autiste et ne parle pas; elle a publié Algorithme éponyme chez
Rivages.
dimanche 1 décembre 2019
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Emeric Feher - Les chaises, Paris (1934) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe français Émeric Feher (1904-1966) d'origine hongroise comme Brassaï ou Kertesz. Immigré en France dans les années 20, il est rapidement embauché chez Peugeot puis chez Citroën comme ouvrier-tourneur. Puis, en 1930, il va entrer comme électricien au studio typographique Deberny et Peignot où il rencontre Maurice Tabard puis Maurice Cloche qui l'encouragent et l'initient à la photographie.
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E.F. - Solitude, Paris (1934) |
Mais c'est surtout à partir de 1933, quand il rejoint le studio de René Zuber qu'il va vraiment s'investir dans une démarche personnelle, en s'attachant à documenter le simple quotidien de son pays d'adoption et des hommes qui y vivent et travaillent.
Feher est un photographe de la rue, de l’ombre et des lignes... Reliant le réalisme à l'humanisme, dira de lui l'historien de la photographie Pierre Borhan, Feher sait capter la pureté d'une ligne, la grâce d'une forme, et avec chaleur, avec même une certaine innocence, la saveur de la vie.
Son regard, à la fois graphique et poétique, se distingue par une attention particulière aux structures urbaines, aux reflets, aux jeux de lumière, aux silhouettes en mouvement.
Très influencé par le constructivisme et le Bauhaus, il affectionne les cadrages audacieux, les plongées, contre-plongées, et les compositions géométriques ; une modernité assumée, mais qui ne sacrifie jamais l’émotion.
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