In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 4 mai 2019

Abraham Cresques - Atlas catalan (c.1375)
partie occidentale
Une image et des mots. Voici la partie occidentale de l'Atlas catalan (c.1375) attribué au cartographe médiéval Abraham Cresques. La deuxième image est un détail de ce même atlas,
représentant Marco Polo sur la route des Indes.
Pour accompagner ces merveilleuses illustrations, j'ai choisi un extrait de La nouvelle alliance, un ouvrage publié en 1979 par Ilya Prigogine, Nobel de chimie en 1977, en collaboration avec Isabelle Stengers, chimiste elle-même et philosophe des sciences.

Abraham Cresques - Atlas Catalan
(détail)
« Dès lors, Jacques Monod avait raison, l’ancienne alliance animiste est bien morte, et avec elle toutes les autres qui nous présentaient comme sujets volontaires, conscients, doués de projets, clos dans une identité stable et des usages bien établis, citoyens au sein d’un monde fait pour nous. Il est bien mort, le monde finalisé, statique et harmonieux que la révolution copernicienne détruisit lorsqu’elle lança la Terre dans les espaces infinis.

Mais notre monde n’est pas non plus celui de l’ « alliance moderne ».
Ce n’est pas le monde silencieux et monotone, déserté par les anciens enchantements, le monde horloge sur lequel nous avions reçu juridiction. La nature n’est pas faite pour nous,  et elle n’est pas livrée à notre volonté. Le temps est venu, comme Jacques Monod nous l’annonçait, d’assumer les risques de l’aventure des hommes, mais si nous pouvons le faire, c’est parce que tel est le mode, désormais, de notre participation au devenir culturel et naturel, telle est la leçon qu’énonce la nature lorsque nous l’écoutons. Le savoir scientifique, tiré des songes d’une révélation inspirée, c’est-à-dire surnaturelle, peut se découvrir aujourd’hui en même temps « écoute poétique » de la nature et processus naturel dans la nature, processus ouvert de production et d’invention, dans un monde ouvert, productif et inventif.
Le temps est venu de nouvelles alliances, depuis toujours nouées, longtemps méconnues,
entre l’histoire des hommes, de leurs sociétés, de leurs savoirs et l’aventure exploratrice de la nature
JF1

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dimanche 28 avril 2019

A.R. - Birmingham, Alabama
(1937)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Arthur Rothstein (1915-1985), l'un des premiers photographes recrutés par la Farm Security Administration, créée en 1937 pour venir en aide aux fermiers américains frappés par la Grande Dépression.
Diplômé de Columbia, Rothstein est recruté dès 1935 par Roy Stryker, qui dirige le vaste programme documentaire visant à témoigner des conditions de vie des populations rurales.
A.Rothstein
Farmer and sons in a dust storm
(1936)

Comme les autres photographes de la FSA – Dorothea Lange, Gordon Parks ou Jack Delano, entre autres –, Rothstein ne se contente pas d'enregistrer une réalité sociale : ses images contribuent à faire connaître les difficultés rencontrées par les populations rurales américaines et participent au vaste effort documentaire du New Deal.
Les années 1930 sont également celles des grandes sécheresses qui frappent le Dust Bowl, vaste région s’étendant sur le Texas, le Kansas et l’Oklahoma, où tempêtes de poussière et effondrement agricole bouleversent le quotidien des fermiers. Ce cliché de Rothstein représentant un fermier et ses fils affrontant une de ces tempêtes est l’un de ses plus célèbres.
MM1

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dimanche 21 avril 2019

Angel Botello
Girl with blue bird

La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'artiste artiste espagnol naturalisé portoricain Angel Botello Barros (1913-1986). Né en Espagne, il fait partie de cette génération d'artistes et d'intellectuels contraints de quitter leur pays après la guerre civile espagnole, à laquelle il participe aux côtés de son frère qui y perdra la vie. Après un exil en République dominicaine, puis un séjour à Cuba, il s’installe en Haïti en 1944, où il rencontre sa future épouse. Ils y vivront dix ans avant de rejoindre définitivement Puerto Rico.

A.B. - Mother and child (1950)
C'est dans cette île qu'il découvre les Santos de palo, ces petites sculptures en bois représentant des figures religieuses populaires, issues du mélange entre catholicisme, traditions autochtones et influences africaines.
On retrouve dans les deux œuvres présentées ici quelque chose de cet univers : des formes simples, des personnages stylisés, une manière de rapprocher l’art populaire et une expression plus personnelle.

JJ1

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samedi 20 avril 2019

Untitled (n/d)
Une image et des mots. Je ne sais rien de cette photo, ni son auteur ni le contexte dans lequel elle a été prise. Mais au moment où je la retrouve en parcourant mes archives, j'écoute l'album de Leonard Cohen, Ten New Songs, produit par sa choriste Sharon Robinson.
Et les deux, à cet instant précis, vont bien ensemble ; alors les voici :

Boogie Street (co-écrit avec Sharon Robinson)

O Crown of light, o darkened one,
I never thought we'd met,
You kissed my lips, and then it's done
I'm back on Boogie Street.

A sip of wine, a cigarette
and then it's time to go
I tidied up the kitchenette
I tuned the old banjo
I'm wanted at the traffic jam
They're saving me a seat
I'm what I am, and what I am
is back on Boogie Street.

G. Little - Black necklace (2014) La veillée du dimanche. Deux œuvres postmodernes, traversées d’un romantisme discret, réalisées à la g...