In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

dimanche 3 février 2019

S. Leiter - In my room - Untitled (1950s)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Saul Leiter (1923-2013), déjà présenté en décembre 2013 et avril 2014, à l’occasion de la parution chez Steidl d’un ouvrage consacré à une série de photographies intimes, simplement intitulé In My Room, prises chez lui, dans l’East Village à New York.

S.L. - In my room, Lynn (1969)
Jay, Barbara, Faye, Inez, Jean, Soames...
J’ignore si toutes ces jeunes femmes photographiées par Leiter pendant trois décennies ont été ses compagnes, ses muses ou simplement des amies. Jamais en tout cas elles ne semblent être de simples sujets photographiques : elles apparaissent plutôt comme des présences familières, regardées avec attention et délicatesse.
Et lorsqu’ici il joue avec les miroirs et les embrasures, on n’a pas le sentiment dérangeant de photographies volées : tout semble au contraire reposer sur une forme de familiarité et de confiance entre le photographe et celles qu’il photographie.
 © Veilleur de Nuit – 2019
WF1
ICI

samedi 2 février 2019

A. de Humboldt - L'Orénoque
Une image et des mots. L'image, c'est cette carte dessinée en 1802 d'après ses observations par Alexandre de Humboldt (1769-1859), le premier à rapporter ce phénomène hydrographique si particulier qu'est le Casiquiare, un cours d'eau sinueux et parsemé de rapides qui relie les bassins des deux géants amazoniens, l'Orénoque et l'Amazone; il faut lire son Voyages dans l'Amérique équinoxiale, paru en deux petits volumes dans une collection de poche, chez La Découverte.
Les mots, extraits du Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations, sont du situationniste Raoul Vaneigem :

"Dans le monde unitaire, sous le regard immobile des dieux, l'aventure et le pèlerinage définissent le changement à l'intérieur de l'immuable. Il n'y a rien à découvrir, car le monde est donné de toute éternité, mais la révélation attend le pèlerin, le chevalier, l'errant à la croisée des chemins. En vérité la révélation est en chacun: parcourant le monde, on la cherche en soi, on la cherche au loin et elle jaillit soudain, source miraculeuse que la pureté d'un geste fait sourdre à l'endroit même où le chercheur disgracié n'aurait rien deviné... [.....] Sous le mouvement, trouver l'immuable; sous l'immuable, trouver le mouvement."
TW6
ICI

dimanche 27 janvier 2019

Nicolas Debon - L'essai (2015)
La veillée du dimanche. C'est aujourd'hui le jour de clôture du 46e festival de la bande dessinée d'Angoulême, et l'occasion pour moi de présenter ce bel album de Nicolas Debon.
L'essai raconte l'histoire vraie de Fortuné Henry, fondateur en 1903, dans un coin perdu des Ardennes, de la colonie anarchiste d'Aiglemont, "colonie initiale de l'humanité future".

L. Forton - Les Pieds nickelés
Évoquer l'anarchisme, en parlant de bande dessinée, nous ramène bien sûr aux Pieds nickelés, créés en 1908 par Forton et repris ensuite par Pellos (puis encore par d'autres jusque dans les années 80). 
J'ai rêvé un jour que je m'offrais l'Intégrale, ... puis je me suis réveillé.
AV5

ICI

dimanche 20 janvier 2019

Ch. D. - Buildings,Lancaster (1930)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre américain Charles Demuth (1883-1935), qui font toutes les deux partie de la collection du Whitney Museum of American Art, à New York. Encore une publication pour laquelle j’ai longuement hésité… Et c’est à regret que j’ai finalement renoncé au tableau I Saw the Figure 5 in Gold, dont le titre reprend un vers du poème The Great Figure, écrit par son ami William Carlos Williams, qui commence ainsi : « Among the rain and lights I saw the Figure 5 in gold… »
C.D. - Incense of a new church
(1921)

Charles Demuth est un des principaux représentants du précisionnisme, un mouvement américain aujourd’hui moins connu, apparu dans les années 1920 et 1930 (voir aussi Charles Sheeler, juillet 2012).
Parfois appelé « réalisme cubiste », il se caractérise par une représentation cubiste – mais qui reste figurative – des paysages urbains ou industriels.
À la différence du cubisme, où la fragmentation des formes peut rendre les objets difficiles à reconnaître, les précisionnistes utilisent au contraire la géométrie pour les rendre plus lisibles.
J’avoue qu’à part le travail de Charles Demuth, je ne suis pas un grand amateur du précisionnisme. Il y a cependant deux œuvres qui pourraient me donner l’occasion de revenir sur ce mouvement : Pittsburgh (1927) d’Elsie Driggs et Razor (1924) du « flamboyant » Gerald Murphy. Elles feront peut-être un jour l’objet d’une chronique commune.
 © Veilleur de Nuit – 2019

E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...