In girum imus nocte et consumimur igni

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samedi 17 novembre 2018

Frank Hurley - WW1 western front (1918)
Une image et des mots. Le cliché est de l'aventurier et photographe de guerre australien Frank Hurley (1885-1962), sur qui je reviendrai sans doute.

Lavendange. - Et ils ont déménagé pourquoi, les dieux?
Hermès. - Les Grecs leur ont tapé sur les nerfs; alors ici, à leur place à eux, ils ont installé la Guerre, en vous abandonnant à elle, pour qu'elle vous traite... c'est bien simple; à sa discrétion.
Et eux, ils ont déménagé aussi haut qu'ils ont pu, pour ne plus vous voir batailler, et être hors de portée de vos jérémiades.
Lavendange. - Et pourquoi est-ce qu'ils nous ont fait ce coup-là, dis-moi?
Hermès. - Parce que vous avez préféré la guerre, en tant d'occasions où ils essayaient de vous réconcilier.
Aristophane, La Paix (421 av. J.-C).
RH6

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dimanche 11 novembre 2018

O.Dix - Les joueurs de skat (1920)
La veillée du dimanche. En ce 100ème anniversaire de l'armistice de la Grande Guerre, deux œuvres du peintre expressionniste allemand Otto Dix (1891-1969), figure majeure de la Nouvelle Objectivité, et l'un de ceux que le régime nazi qualifiera d’« artiste dégénéré ».
Formé à Dresde, à la fois à l’École des Arts et Métiers et à l’Académie des Beaux-Arts, Dix s’est d’abord nourri de l’expressionnisme avant d’adopter un réalisme dur, presque chirurgical. Rien n’a autant marqué son œuvre que son expérience du front pendant la Première Guerre mondiale : il en rapporte une vision du monde profondément marquée par la violence, la mutilation et l’absurdité. Son travail témoigne aussi des fractures sociales et morales de la République de Weimar, et montre une société défigurée par la guerre et la décadence.
O.D. - Flandres (c.1935)

Le premier tableau représente des « gueules cassées », ces anciens combattants mutilés aux visages reconstruits à l’aide de prothèses.
Le second, Flandres, s’inspire à la fois du roman Le Feu, de Henri Barbusse, où des soldats se réveillent parmi les noyés des tranchées inondées, et du Retable d’Issenheim de Grünewald.
Deux visions de la souffrance que Dix réunit dans une même image de la guerre : de la chair et un monde en lambeaux.
 © Veilleur de Nuit – 2018
ST1

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dimanche 4 novembre 2018

Mark Broyer - série What's the fog

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe et artiste visuel allemand Mark Broyer (b.1979).
Après plusieurs années consacrées à des projets musicaux qui n'aboutissent pas, il découvre la photographie à la faveur de l'exposition America by Car de Lee Friedlander (voir oct. 2008), une révélation qui l'amène à faire de l'image son principal moyen d'expression.
M.B. - série After hours (2017)

Photographiant principalement Hambourg, Berlin ou de grandes métropoles asiatiques, Broyer compose des images presque désertes, où quelques silhouettes anonymes suffisent à donner l'échelle du paysage urbain. Il combine photographie traditionnelle, interventions numériques et procédés expérimentaux, sans que cela rompe l'unité de ses images. Il en naît une atmosphère singulière, faite de silence, d'attente et de mélancolie, qui évoque parfois l'univers de Wong Kar-wai ou les tableaux de Edward Hopper.
 © Veilleur de Nuit – 2018

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E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...