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| JM1 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 18 novembre 2018
samedi 17 novembre 2018
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| Frank Hurley, WW1 western front (1918) |
Lavendange. - Et ils ont déménagé pourquoi, les dieux?
Hermès. - Les Grecs leur ont tapé sur les nerfs; alors ici, à leur place à eux, ils ont installé la Guerre, en vous abandonnant à elle, pour qu'elle vous traite... c'est bien simple; à sa discrétion. Et eux, ils ont déménagé aussi haut qu'ils ont pu, pour ne plus vous voir batailler, et être hors de portée de vos jérémiades.
Lavendange. - Et pourquoi est-ce qu'ils nous ont fait ce coup-là, dis-moi?
Hermès. - Parce que vous avez préféré la guerre, en tant d'occasions où ils essayaient de vous réconcilier.
Aristophane, La Paix.
dimanche 11 novembre 2018
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| Otto Dix - Les joueurs de skat (1920) |
Formé à Dresde, à la fois à l’École des Arts et Métiers et à l’Académie des Beaux-Arts, Dix s’est d’abord nourri de l’expressionnisme avant d’adopter un réalisme dur, presque chirurgical. Rien n’a autant marqué son œuvre que son expérience du front pendant la Première Guerre mondiale : il en a rapporté une vision du monde blessée, obsédée par la violence, la mutilation et l’absurdité.
Son travail, traversé aussi par les fractures sociales et morales de la République de Weimar, ne cherche pas la beauté mais la vérité nue d’une société défigurée par la guerre et la décadence. Derrière la rigueur du dessin et la virtuosité technique, on sent un regard sans concession sur l’homme, lucide et tragique.
On n’admire pas les toiles d'Otto Dix pour leur « beauté », mais pour l’empreinte indélébile des horreurs qu’elles portent.
Le premier tableau montre des « gueules cassées » : des anciens combattants amputés, aux visages partiellement reconstruits par des prothèses métalliques. Le second, Flandres, s’inspire à la fois du roman Le Feu d’Henri Barbusse - où des soldats se réveillent parmi les noyés des tranchées inondées - et du retable d’Issenheim de Grünewald, peint au XVIᵉ siècle : deux visions de la souffrance que Dix réunit dans une même image de la chair et du monde en lambeaux.
dimanche 4 novembre 2018
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| Mark Broyer - série What's the fog |
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe et artiste visuel allemand Mark Broyer (b.1979).
D'abord investi dans des projets musicaux qui vont s'avérer infructueux, et après l'abandon desquels il découvrira avec enthousiasme l'exposition America by car consacrée à Lee Friedlander (voir oct. 2008) c'est avec la photographie qu'il va trouver un nouveau moyen d'expression. "Fais n'importe quoi, mais tires-en de la joie", disait Henry Miller.
Ses photos, souvent prises à Hambourg, Berlin ou dans des métropoles d’Asie, sont presque vides de personnages ou peuplées de silhouettes anonymes. Mark Broyer combine ensuite la photographie traditionnelle avec des éléments numériques et expérimentaux - des procédés qu'il met aussi volontiers en oeuvre dans ses activités parallèles de photographie commerciale - , et il se dégage de ses images une poésie du vide et une mélancolie cinématographique qui peut évoquer parfois l’esthétique de Wong Kar-wai ou d’Edward Hopper.
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