| CB2 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
samedi 22 septembre 2018
dimanche 16 septembre 2018
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| Gustave Courbet - Mer calme (1869) |
Né à Ornans dans une famille aisée, il choisit de peindre la vie ordinaire – paysans, ouvriers, scènes de la vie quotidienne, paysages de Franche-Comté – à une époque où les Beaux-Arts privilégient encore les sujets historiques, religieux et mythologiques.
Il ne s'agit pas seulement pour lui de représenter autrement le monde : il veut donner aux sujets les plus humbles la même importance qu'aux rois et aux héros.
Avec Un enterrement à Ornans (1850), vaste scène provinciale traitée à l’échelle d’un tableau d’histoire, Courbet affirme cette volonté avec éclat. Son refus des conventions va encore plus loin avec L’Origine du monde (1866), œuvre longtemps cachée qui est devenue emblématique de sa peinture sans détour. Politiquement engagé, acteur de la Commune de Paris en 1871, il est emprisonné après la défaite, accablé de dettes et s’exile en Suisse, où il peint jusqu’à sa mort en 1877.
« Je n’ai jamais appartenu à aucune école, à aucune église, à aucune institution, à aucune académie, surtout à aucun régime, si ce n’est le régime de la liberté ».
En refusant de réserver la grande peinture aux grands sujets, Courbet contribue à redéfinir ce qui peut devenir un sujet de peinture. Cette liberté nouvelle ouvrira notamment la voie à l’impressionnisme.
© Veilleur de Nuit – 2018
dimanche 9 septembre 2018
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| Michal Cala - Untitled |
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe polonais Michal Cala (b.1948). Diplômé de l'Université de Technologie de Varsovie, il travaille comme ingénieur en Silésie de 1974 à 1983 ; c'est là qu'il commence à photographier les paysages industriels de la région. Installé à Tychy, l'une des principales villes nouvelles créées lors de l'industrialisation massive de la Pologne des années 1950, il poursuit jusqu'en 1992 ce travail consacré à la Silésie ouvrière, avec ses aciéries, ses mines, ses barres d'immeubles, ses décharges, et ceux qui y vivent. Ses photographies montrent moins les usines que le monde qu'elles ont façonné.
À Tychy, il cofonde le collectif Kron, dont les jeunes photographes, qui se surnomment eux-mêmes « les jeunes en colère », entreprennent de documenter les cités ouvrières promises à la démolition et les paysages transformés par l'industrie lourde de Haute-Silésie.
Les photographies de Michal Cala demeurent aujourd'hui l'un des témoignages les plus marquants sur un monde disparu : celui de la Pologne ouvrière avant la chute du communisme.
© Veilleur de Nuit – 2018
dimanche 2 septembre 2018
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| Giuseppe Pellizza - Le soleil (1904) |
Né à Volpedo, dans le Piémont, il reçoit une formation académique rigoureuse à l’Académie de Brera, à Milan, puis à Rome, Florence et Bergame, avant de revenir s’installer dans son village natal. Très tôt, il s’intéresse aux recherches sur la lumière et adopte la technique divisionniste, proche du pointillisme français – comme l’illustre le tableau ci-contre, ou encore Le Panier au soleil (1894), que j’aime tout particulièrement.
Peu à peu, son regard se tourne vers les questions sociales, et c’est ainsi qu’il conçoit son œuvre la plus célèbre : la monumentale marche d’ouvriers en grève intitulée Il Quarto Stato (Le Quatrième État, également appelée Les Ambassadeurs de la faim dans l’une de ses études préparatoires. Devenue une icône du mouvement ouvrier, cette toile témoigne de son double engagement, esthétique et politique.
Au moment de conclure cette chronique je pense à un autre tableau de Pellizza dont j'aime beaucoup l'atmosphère et la composition, et qui est antérieur à ceux-ci : Le miroir de la vie.
On y voit une procession de brebis sur un chemin qui traverse une prairie inondée...
Son sous-titre – « …et ce que fait la première, les autres le font » – est une phrase tirée du Purgatoire de Dante, qui évoque les âmes en marche vers le Paradis. Peut-être fera-t-il un jour l’objet d’une autre chronique.
© Veilleur de Nuit – 2018
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