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| GA1 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
samedi 10 mars 2018
dimanche 4 mars 2018
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| H.de Landsberg- L'échelle des vertus |
La veillée du dimanche. À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, deux illustrations de Herrade de Landsberg (1130-1195), abbesse de l’abbaye de Hohenbourg, dans les Vosges. Poétesse et enlumineuse, elle est l’auteure du Hortus Deliciarum (Jardin des Délices), vaste encyclopédie manuscrite – la première grande encyclopédie connue réalisée par une femme en Occident –, d'où ces images sont extraites.
Commencé en 1159, alors qu’elle était encore simple sœur sous l’abbatiat de Relinde - qui l'initia à la culture des lettres et des beaux-arts - Herrade poursuivit son ouvrage après être devenue abbesse vers 1167, pour l’achever peu avant sa mort.
Conçu comme un guide spirituel et intellectuel destiné aux moniales, il rassemblait textes, poèmes, cantiques et plus de 300 images, associant représentations bibliques, allégories morales et diagrammes savants : un véritable compendium du savoir théologique, philosophique et scientifique du XIIᵉ siècle. Si l’original fut détruit dans l’incendie de la bibliothèque de Strasbourg en 1870, une partie importante a été préservée grâce aux copies du XIXᵉ siècle.
Par la liberté de son esprit, son sens de l’organisation du savoir et la force de ses images, Herrade de Landsberg rappelle que certains monastères féminins furent, au Moyen Âge, de véritables foyers de création intellectuelle et artistique.
samedi 3 mars 2018
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| Tish Murtha - Elswick kids (1978) |
We tramped in our black coats,
sweeping time, sweeping time,
sleeping in abandoned chimneys,
emerging to face the rain.
[.....]
We broke our mother's heart and became ourselves.
We proceeded to breathe and therefore to leave,
drunken, astonished, each of us a god.
[.....]
We saw the eyes of Ravel, ringed in blue, and blinking twice.
We sang arias of our own, bummers chanting dead blues
of hallowed ground and mortal shoes,
of forgotten infantries and distances never dreamed,
yet only as far as a human hill, turned for wooden soldiers
stationed in the folds of blankets, only as far as a sibling's hand,
as far as sleep, a father's command.
***
Nous traînions dans nos manteaux noirs,
balayant le temps, balayant le temps,
dormant dans des âtres abandonnés,
les quittant pour affronter la pluie.
[.....]
Nous brisâmes le coeur de nos mères et devînmes nous-mêmes.
Nous nous mîmes à respirer et prîmes le départ,
ivres, étonnés, chacun de nous un dieu.
[.....]
Nous vîmes les yeux de Ravel, cernés de bleu, clignant deux fois.
Entonnâmes des airs de notre cru, paumés psalmodiant de vieux blues
parlant de terre sacrée et de chaussures mortelles,
d'infanteries oubliées et de distances jamais rêvées,
pas plus loin pourtant qu'une colline humaine, retournâmes pour des soldats de bois
stationnés dans les plis de couvertures, pas plus loin qu'une main fraternelle,
pas plus loin que le sommeil, l'ordre d'un père.
Nous traînions dans nos manteaux noirs,
balayant le temps, balayant le temps,
dormant dans des âtres abandonnés,
les quittant pour affronter la pluie.
[.....]
Nous brisâmes le coeur de nos mères et devînmes nous-mêmes.
Nous nous mîmes à respirer et prîmes le départ,
ivres, étonnés, chacun de nous un dieu.
[.....]
Nous vîmes les yeux de Ravel, cernés de bleu, clignant deux fois.
Entonnâmes des airs de notre cru, paumés psalmodiant de vieux blues
parlant de terre sacrée et de chaussures mortelles,
d'infanteries oubliées et de distances jamais rêvées,
pas plus loin pourtant qu'une colline humaine, retournâmes pour des soldats de bois
stationnés dans les plis de couvertures, pas plus loin qu'une main fraternelle,
pas plus loin que le sommeil, l'ordre d'un père.
dimanche 25 février 2018
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| Goya Capricho 7, Asi no la distingue (1799) |
Les deux gravures présentées ici appartiennent à la série des Caprichos, publiée en 1799, dans laquelle Goya livre une satire féroce de son époque, dénonçant l’ignorance, l’hypocrisie, les abus et les injustices sociales. La plus célèbre de ces 80 « fantaisies » est sans doute la n°43, où il avertit que « le sommeil de la raison engendre des monstres ». Mais j’ai choisi aujourd’hui les n°7 et n°14.
"Ainsi il ne la voit pas", dit la première, où un homme lorgne avec son monocle dans le décolleté d'une jeune femme qui minaude...
C'est une prostituée, il est vêtu "à la française"; entre eux l'on peut voir un visage. Le Caprice n°14, lui, dénonce une autre forme de violence sociale. Il nous donne à voir un couple de bourgeois qui offre sa fille à un homme bien plus âgé qu'elle, difforme et disgracieux, mais riche. les parents sont heureux, la jeune fille est malheureuse, la duègne sanglote.
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